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L'ITALIE, LA TÊTE DANS LES ÉTOILES 02/01/2008 21:05

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Sans briller mais avec une efficacité impitoyable, l'Italie a mis fin à la belle aventure de l'équipe de France en remportant sa quatrième Coupe du monde à l'issue des tirs aux but (1-1, 5 tab à 3). Après 1934, 1938, et 1982, la Squadra Azzurra trône à nouveau sur le toît du monde. Pourtant auteur d'un grand tournoi, Zinédine Zidane a quitté ses coéquipiers et le football sur un carton rouge.

Son regard est droit, ses yeux déterminés. D'un vert où se reflète l'espoir de toute la France de décrocher son deuxième titre de champion du monde en huit ans. Lorsque Zinédine Zidane et ses coéquipiers pénètrent dans le couloir menant à la pelouse de l'Olympia Stadion de Berlin, tous savent qu'une page de l'histoire du football français s'écrit là, sous leurs yeux. Mais aussi qu'un chapitre va se refermer, forcément. Les titres de 1998 et 2000 rôdent encore dans les têtes, mais semblent tellement loin au moment où ces Bleus, tout de blanc vêtus pour l'occasion, abordent cette rencontre face à l'Italie qui ressemble fort à l'apothéose d'un impropable parcours. Après cinq premières minutes assez tendues entre deux formations aux systèmes de jeu assez proches et aux défenses extrêmement solides, la grande question était de savoir comment il fallait s'y prendre pour dénicher un petit espace dans cette 18e finale de l'épreuve.

Et bien il n'a fallu que cinq petites minutes aux Français pour en trouver un plein axe, au coeur de cette défense italienne qui n'a pas encaissé de but d'un adversaire depuis le début du tournoi. Lancé par une déviation d'Henry, Malouda s'emmène le ballon de la poitrine et s'écroule après avoir passé Materazzi à l'épaule. Le pied de l'Italien a bien frôlé la jambe arrière du Lyonnais : suffisant pour le faire trébucher et convaincre Mr Elizondo de siffler penalty. Serein, sans se poser de question, Zinédine Zidane pose son ballon sur le point blanc. A ce moment précis, son ancien coéquipier à la Juventus Gianluigi Buffon est loin de se douter que Zidane va inscrire ce que l'on appelle sans chauvinisme aucun un "but de légende". Deux pas d'élan, et le maestro va déposer un bijoux de frappe en rupture du pied droit au nez et à la barbe du meilleur gardien du tournoi, médusé, qui voit le ballon franchir la ligne d'un bon mètre après avoir ricoché sur sa barre (7e). Une "Panenka" invraissemblable alors que la tension est à son comble dans le match le plus important de l'épreuve suprême du football mondial. Un 31e but de classe qui permet à Zidane de rejoindre Vava, Hurst et Pelé, au Panthéon des joueurs ayant inscrit trois buts en finale de Coupe du monde.

Avec un but d'avance après moins de dix minutes de jeu face à la meilleure défense de l'épreuve, les Français ont une énième fois fait déjouer tous les pronostics. Tiraillés entre l'idée d'aller chercher un deuxième but et celui de s'appliquer à bien défendre, les Bleus vont peu à peu reculer, laisser le contrôle du ballon à des Italiens sûrs de leur fait qui rentrent alors dans le match. Et sur un coup de pied arrêté, sa spécialité, la Squadra Azzurra va revenir. Sur un corner sortant de Pirlo, Materazzi prend le meilleur sur Vieira et égalise d'une tête puissante, seulement douze minutes après l'ouverture du score française (19e). Un but qui vaut très cher et qui fait douter cette formation française qui va néanmoins se reprendre après le repos. Preuve que dominer n'est pas gagner, les hommes de Raymond Domenech vont avoir le monopole du ballon en seconde période, mais sans jamais mettre en danger un Buffon qui n'a eu aucun arrêt à effectuer. Physiquement très émoussés, les vingt-deux acteurs parviennent de moins en moins à remettre du rythme dans cette partie. Vieira se blesse à la cuisse gauche et cède sa place à Diarra à l'heure de jeu (56e).

Lippi en profite pour faire entrer Iaquinta et De Rossi deux minutes plus tard. Complètement vérouillée, la partie arrive logiquement en prolongation. Trente minutes de plus, de trop pour une des deux équipes, forcément. Au bord de la rupture physique et mentale, les vingt-deux acteurs ne trouvent plus la faille alors que se profile une véritable guerre des nerfs. Sur un centre de Sagnol, Zidane est d'ailleurs tout prêt de marquer l'histoire à tout jamais en plaçant une tête puissante sous la barre. Concentré, Buffon parvient à claquer au-dessus de son but. Et cinq minutes plus tard, les nerfs à vif, Zidane va craquer pour la quatorzième fois de sa carrière. Provoqué par Materazzi, il assène un violent coup de tête dans le thorax au grand défenseur italien, qui s'écroule. M. Elizondo hésite, et sort un carton rouge. Zidane quitte la pelouse et le football tête basse. Le 14e carton rouge de sa carrière. Cette tâche rouge sur son chef-d'oeuvre de but en première mi-temps regonfle alors une équipe italienne qui attend patiemment les tirs aux buts pour conjurer le sort. Eux qui n'avaient jamais remporté de série de tirs aux buts et qui restaient sur trois défaites majeures face à la France n'ont pas manqué l'occasion de le faire après que Trezeguet ait touché du bois. Comme un symbole, six ans après avoir terrassé cette même équipe à l'Euro. Grosso n'a ensuite pas hésité à offrir sa quatrième étoile à l'Italie. Sans doute pas la plus scintillante, mais de celles que l'on voit aux quatre coins du monde.

David Benarousse

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