












Si le gros du travail avait été fait samedi (27 buts inscrits), et même si les leaders du classement pouvaient passer un dimanche soir tranquille, les deux derniers matches de la 5e journée ont permis à Lyon de s'offrir le 94e derby du Rhône face à Saint-Etienne (1-0), et à Lille, qui menait à quatre minutes de la fin, de ramener un point de son déplacement à Paris (1-1).
À double tranchant. Ce 94e derby face à Saint-Etienne, après deux défaites consécutives en L1 pouvait plonger l'OL dans une crise existentielle qu'il n'avait plus connu depuis plus de six ans, ou lancer une saison qui s'annonce de toute façon plus compliquée que les précédentes pour les Gones depuis les graves blessures de Coupet et Cris. En empochant le sixième des sept derniers duels face à son rival régional, grâce à un but de renard de Benzema (53e, 1-0) à la suite d'un coup de rein «ronaldesque» de Juninho côté droit et une déviation malheureuse de Tavlaridis sur son poteau, le club lyonnais s'offre une bonne bouffée d'oxygène dont il n'avait plus vraiment eu besoin au niveau national depuis de longues années. Pour ce faire, Alain Perrin avait décidé de faire oublier la petite crise identitaire que vivent actuellement les sextuples champions de France (14e avant le match) en revenant au bon vieux 4-3-3 qui a fait leurs succès. En l'absence de Cris et Muller (blessés) et de Cleber Anderson (pas prêt), l'entraîneur lyonnais avait donc choisi de placer Bodmer en défense centrale, devant un trident Toulalan-Juninho-Kallstrom.
Une formule plus classique pour les Gones, mais qui n'a toutefois pas vraiment convaincu face à une jeunesse stéphanoise plus fougueuse (Payet et Matuidi notamment), qui aurait pu s'offrir ce derby qui fuit les Verts depuis 1994 avec un peu plus de réalisme et d'application dans les derniers gestes. Bien sûr, quelques traits de génie de Juninho sur coup-franc (15e, 64e), où de Benzema, toujours aussi félin balle au pied, auraient pu soulager l'OL un peu plus tôt dans le match. Mais le manque d'automatisme entre les joueurs lyonnais (6 titulaires du soir ne l'étaient pas l'an passé), moins sûrs de leur football depuis la tentative d'Alain Perrin d'instaurer le 4-4-2, rend moins lisible la copie d'ensemble. La victoire est prestigieuse et importante, l'OL revenant à la 10e place du classement, sept points derrière Nancy (et un match de moins). Saint-Etienne (12e) est désormais sur une mauvaise série trois matches sans victoire mais sa prestation à Gerland laisse peut-être une meilleure impression que celle de son bourreau. La venue de Strasbourg mercredi à Geoffroy-Guichard sera l'occasion de le prouver.
Pour un PSG qui n'avait pas remporté le moindre match depuis le début de la saison et n'avait inscrit qu'un but en quatre journée, la réception de Lille, incapable de ramener un succès du Parc des Princes depuis onze ans, pouvait s'apparenter à une véritable aubaine. Mais comme ce fut trop souvent le cas l'an passé, les Parisiens se sont liquifiés sur leur pelouse, incapables de prendre le match à leur compte ou d'imposer la cadence a leur hôte et ont donc concédé le nul (1-1), passant même tout près d'une deuxième défaite consécutive à domicile. «Il y a eu trop de déchets dans ce match. On a souffert mais on s'est accroché» a déclaré Paul Le Guen à l'issue de la partie. Privé de Rothen (cuisse) au coup d'envoi, l'entraîneur du PSG décida d'aligner Marcelo Gallardo dans le couloir gauche, position qu'il occupait lorsqu'il évoluait à Monaco il n'y a pourtant pas si longtemps. Mais la prestation de l'Argentin, comme celle de l'ensemble de l'équipe parisienne (Clément mis à part), est encore à des années lumières de leur glorieuse époque. Trop d'espaces entre les lignes, pas ou peu d'automatismes entre les joueurs (dont quatre titulaires n'étaient pas présents l'an passé), manque évident d'application technique ou sorties de balles trop lentes... Avec quatre nuls et une défaite en cinq matches et deux petits buts marqués, le club parisien occupe une piètre 13e place, neuf points -déjà - derrière le leader nancéien. «Il faut retrouver une bonne dynamique. Certains joueurs doivent se remettre en question et se décrisper au Parc. On va les aider, même si tout ne peut pas être accepté» a expliquer Le Guen, se contentant finalement de ce nul : «C'est toujours ça de pris».
Certes, les Lillois se sont montrés solides, comme à leur habitude, compacts et très physiques, et ont souvent réussi à trouver les décalages grâce à Obraniak, très habile balle au pied ou pour se faufiler entre les lignes. Ils sont d'ailleurs toujours invaincus. Mais l'impuissance et le doute dans la tête des attaquants parisiens, à l'image de Pauleta (qui a manqué un penalty à la 71e, bien sorti par Sylva auteur d'une belle détente horizontale sur sa droite), Gallardo, ou Luyindula ne peut pas, pour le moment, laisser entrevoir des jours meilleurs. Trop tendres défensivement, comme en atteste le but de Makoun (1m73) juste avant la pause (0-1, 43e), capable de prendre le meilleur de la tête sur Digard sur un corner anodin, les joueurs du PSG sont même passés tout près de la défaite. Sans les entrées en jeu plutôt bien senties de Frau et Diané (64e), qui ont eu le mérite de se projeter plus vite vers l'avant que Luyindula et Arnaud et d'affoler une défense lilloise assez tranquille jusqu'alors, le public du Parc - plutôt tolérant ce dimanche - aurait quitté le stade tête basse. «Nous sommes frustrés, car on aurait dû se mettre à l'abri plus tôt dans ce match. On méritait les trois points» estime même Claude Puel, l'entraîneur lillois. La combativité de Clément, qui a arraché un ballon décisif dans le pieds de Makoun à vingt mètres, et le sang froid de Frau, qui n'a pas manqué son face-à -face avec Sylva dans la foulée (87e, 1-1) permettent toutefois aux Parisiens d'aborder le déplacement au Mans (mercredi), et la venue de l'OM (dimanche), déjà cruciaux pour la suite de leur saison, dans un contexte un peu moins crispé. C'est toujours ça de pris.