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RONALDINHO : « JE NE ME SENS PAS STAR »

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Cinquantième Ballon d’Or France Football, Ronaldinho rejoint au palmarès les plus grands joueurs, mais il ne veut pas se prendre pour un autre. Il entend surtout continuer à se divertir et donner du plaisir au public. A tous les publics. Voici quelques extraits de l'entretien que vous retrouverez dans l'édition de France Football du mardi 29 novembre.

Un rêve d'enfant

" Quelle impression cela fait-il d'être Ballon d'Or ?
C'est un rêve que je réalise, un rêve d'enfant. C'est l'un des plus beaux moments de ma vie. On m'avait prévenu que j'avais des chances de le remporter, mais tant que je n'en étais pas sûr, je ne voulais pas y croire. Je n'ai pas voulu écouter ce qui se disait. C'est pour ça que je dis que j'ai l'impression de vivre un rêve.

Qu'avez-vous fait pour le mériter ?
Il me semble que j'ai réalisé une année assez complète. Champion d'Espagne avec Barcelone et vainqueur de la Coupe des Confédérations avec l'équipe du Brésil, ce sont deux titres majeurs. Maintenant, je ne sais pas si je suis le mieux placé pour parler de ça. Je n'aime pas parler de moi. Sur le terrain , je démontre ce que je vaux, et ça me suffit. C'est mieux que les paroles.

Quand avez-vous entendu parler pour la première fois du Ballon d'Or ?
Lorsque Ronaldo l'a obtenu (NDLR : en 1997). C'était le premier joueur brésilien à le gagner et, d'ailleurs, on en parlait déjà l'année précédente. Est-il devenu un objectif pour vous ? On ne peut pas parler d'objectif. C'est une récompense personnelle. Le football, c'est un jeu collectif. L'objectif, c'est de gagner des titres avec son club, avec sa sélection. Le Ballon d'Or, c'est une récompense individuelle, et si je l'ai aujourd'hui, c'est forcément grâce à tous mes coéquipiers, à mes entraîneurs. Sans eux, que ce soit avec ceux du Barça ou de la sélection, je n'en serais pas là. Ils y sont tous pour quelque chose, comme tous ceux qui ont cru en moi. C'est à eux que je dédie ce Ballon d'Or.

Vous devancez Lampard et Gerrard, qui se tiennent dans un mouchoir. Vous les auriez classés dans cet ordre ?
Pourquoi pas ? Ce sont tous les deux de grands joueurs. Très grands même, qui ont réalisé de belles choses avec leurs équipes. Ilsméritent ces places. De toutes les manières, il n'y a que des grands joueurs dans cette liste. Chacun dans son registre, avec ses propres qualités. Parce qu'il faut de tout pour faire gagner une équipe, mais surtout de très bons joueurs.

Thierry Henry est quatrième.
Il mériterait de l'avoir un jour parce que ça fait plusieurs fois qu'il figure parmi les premiers, non ? C'est l'un des meilleurs attaquants du monde, il est toujours bien classé. Il a les moyens de le gagner lui aussi dans les années à venir.

Une ambition intacte

Vous traversez une période magique. Vous sentez-vous sur un nuage ?
C'est vrai que ça marche pour moi en ce moment. Tout ce que je tente à l'entraînement, j'arrive à le reproduire enmatch. Cela me pousse encore à travailler davantage.

Vous croulez sous les éloges : Maradona, Platini,les plus grands du football vous distinguent entre tous. Quel sentiment domine ?
C'est un grand honneur d'entendre des compliments dans la bouche des plus grands footballeurs. Certains étaient mes idoles, des joueurs que je cherchais à copier. Maintenant, ça me motive encore plus d'entendre ça. Et puis, cela vient de personnes qui connaissent le foot, qui savent quand même de quoi elles parlent !

Vous la supportez bien, cette écrasante popularité?
Quand j'étais petit, j'espérais que ça m'arriverait. Signer des autographes, répondre aux sollicitations, je ne trouve pas que c'est lourd. Les bonnes choses, quand on te complimente, c'est toujours agréable. Ce qui gêne, c'est quand on t'agresse, mais cela ne m'arrive pas souvent, heureusement.

Johan Cruyff répète souvent qu'il a connu beaucoup de très bons joueurs, mais que ceux-ci ne vivaient pas pour le football, contrairement aux très grands. Vous, en revanche, vous vivez pour le football.
Oui. La nuit, le jour. Tout le temps, je pense football, je vis football. J'adore passer mon temps avec le ballon. Tous ceux qui vivent avec moi sont obligés de le toucher. Il y en a toujours un quelque part. J'adore, c'est ma vie, je mange du ballon, je le caresse, je dors avec. Sans ballon, je suis presque mort. C'est toute ma vie.

Cet amour pour le ballon rond est immense. Il explique tout de votre réussite ?
Je crois que les autres footballeurs aiment le ballon, aussi. Mais, moi, c'est vrai que j'ai du mal à m'en passer.

Le Ballon d'Or, vous allez le gagner combien de fois de suite ?
Plein de fois, j'espère ! Si je gagne avec le Barça, avec le Brésil, et que je joue bien, j'espère le conserver.

D'où vous vient cette ambition ?
Sans doute de tout ce que j'ai connu pendant mon enfance, la mort de mon père après tout ce qu'il m'a appris, la force qu'il m'a transmise. Il disait à tout le monde que j'étais, moi, le plus fort de la famille, pas Roberto. Il disait à ses copains : "Vous verrez, un jour, celui-là, il sera champion du monde !" Ma motivation, elle vient de là, de ces souvenirs de mon père et de la suite de mon enfance. Je veux réaliser nos rêves."

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