













Huit points seulement séparèrent les deux premiers de la grande consultation annuelle organisée par France Football. La lutte n'avait jamais été aussi serrée qu'à l'occasion de la dixième édition du Ballon d'Or. Eusebio ou Facchetti ? Facchetti ou Eusebio ? Jusqu'au bout, la décision fut incertaine, les deux hommes ayant de solides arguments à faire valoir. Pour Eusebio, un nom sur toutes les lèvres, une personnalité exceptionnelle, un tir prodigieux, un rapprochement avec Pelé, une brillante carrière européenne avec Benfica, la gloire et la première qualification du Portugal pour une Coupe du monde. Pour Facchetti, les titres de champion d'Italie, d'Europe et du monde des clubs avec l'Inter Milan, une présence décisive au sein de la Squadra Azzurra, un rôle sans précédent d'arrière-ailier-buteur qui révolutionnait le football. La balance pencha en faveur d'Eusebio, couronné pour sa belle saison, mais aussi pour l'ensemble d'une ouvre qui le vit tenir les premiers rôles depuis trois bonnes années. Une nouvelle fois, les attaquants restaient les maîtres du football européen ! La troisième place de Luis Suarez fut aussi très significative, car elle situait la classe et la constance du meneur de jeu de l'Inter, Ballon d'Or 1960, et toujours présent au sommet. Ce qui n'était plus le cas des autres « grands », Matthews, Di Stefano, Kopa, Sivori ou Masopust, pas une seule fois cités en 1965. |
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| IL N'A PAS ENCORE TOUT DONNÉ AU FOOTBALL | ||||||||||
Certes, comme Pelé, comme Denis Law, comme Luis Suarez ou comme, jadis, Raymond Kopa, il garde le goût de l'individualisme, mais aucun génie du football mondial ne peut s'en empêcher, surtout s'il conserve, dans son jeu, une virtuosité assez grande. Ce match à Lisbonne contre le Real Madrid et même celui de Chamartin ont été de ceux qui marquent un chapitre dans la vie d'un footballeur. Le premier, par le jeu qu'il fit et les buts qu'il a obtenus ; le second par la façon dont ses adversaires ont essayé de le stopper.
Mais on ne peut pas non plus oublier le rôle prépondérant qu'Eusebio joua au sein de l'équipe nationale dans les matches de qualification pour la Coupe du monde. Il suffit de rappeler que, sur les neuf buts réussis par le Portugal au cours des six matches disputés, il en marqua six. Il fut également le meilleur buteur du Championnat portugais. Une question se pose après quatre saisons jouées par Eusebio en tant que professionnel : a-t-il atteint le plus haut niveau de sa classe et de ses ressources ? Non, à vingt-trois ans, il n'a pas encore tout donné au football. Il est une force de la nature et sa puissance physique se développe encore. Ses tirs toujours très forts, et sa façon de jouer plus spectaculaire, plus constructive aussi. Il s'annonce même, pour un proche avenir, non seulement comme le redoutable buteur de toujours, mais aussi comme l'organisateur intelligent et vivace qui manque déjà, en ce moment, à Benfica et au football portugais en général. Voilà pourquoi il n'est pas exagéré de parler souvent de ce « Dieu noir » des stades, doré par la gloire sportive. COUTO E SANTOS
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