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| © Presse Sports |
Les Pays-Bas avaient toujours « fabriqué » de grands joueurs tout au long de leur histoire mais aucun, sans doute, n'avait le talent, le brio, la classe mondiale de Johan Cruyff, surnommé au fil de sa gloire naissante « le Hollandais volant », « Till l'Espiègle » ou encore « le Prince d'Amsterdam ». En cette année 1971, il fut surtout appelé Sa Majesté Johan XVI en référence au seizième Ballon d'Or France Football qu'il remporta avec une avance si confortable (deux fois plus de points que son suivant immédiat au classement) que son sacre s'apparentait à un triomphe. Il était inévitable et logique qu'il rejoignit les plus grands noms du football européen : il venait de mener Ajax à la conquête du titre de champion des Pays-Bas et à la victoire en Coupe d'Europe. Installé dix-neuf fois à la première place par les jurés, il ne laissa que des miettes à ses concurrents, notamment Sandro Mazzola, qui avait pourtant réalisé une belle saison avec l'Inter Milan. Sans rien perdre de ses qualités techniques incomparables, basées sur la vivacité et l'improvisation, le joueur numéro un de ce Calcio impitoyable s'était tout à la fois affirmé artiste et ouvrier, poète et paysan, maître et esclave. Mais ce ne fut pas suffisant pour résister à la tornade blanche venue d'Amsterdam qui ne laissa pas davantage de chance à George Best, génial lauréat en 1968, malheureusement victime de ses frasques et de ses mouvements d'humeur.
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Deux images symboliques nous restent du Cruyff que nous avons vu deux fois à l'ouvre cette année : l'une se situe à Marseille, l'autre à Amsterdam.
La première nous montre un Cruyff s'enfuyant à
toute allure, depuis le rond central, à une vitesse
éclair, pour s'approcher de Carnus, le dribbler
sans rémission et marquer au Stade-Vélodrome
le but qui terrassa l'Olympique de Marseille.
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| © Presse Sports |
La seconde a pour cadre le stade Olympique d'Amsterdam,
pendant la rencontre retour, et alors que les champions
de France viennent de prendre l'avantage. On voit alors
Cruyff décrocher, venir s'installer au milieu
de terrain, comme un maréchal d'Empire au milieu
de ses troupes, reprendre la situation en main, commander
la manouvre et relancer l'équipe hollandaise,
un moment ébranlée, vers la victoire finale.
La première image, celle du buteur, dribbleur ailé, nous était familière : elle correspondait depuis des années au footballeur exceptionnel dont la vitesse d'exécution, de démarrage et de frappe de balle n'avait guère d'égal en Europe et dans le monde.
Car chez Johan Cruyff, footballeur individu, c'est
d'abord la vivacité qui domine : dans le tir
arrivé en même temps qu'il part, dans la
feinte de corps ou de jambe qui ouvre la voie à
toutes les audaces et toutes les fantaisies de dribble
et de touche de balle.
Mais la seconde image, celle du Cruyff équipier
et « cadre supérieur » du jeu, est
beaucoup plus neuve et inattendue. Sans doute est-ce
celle-là qui lui a valu de succéder aux
plus grands dans notre palmarès.
La référence de Di Stefano est évidemment
facile. Je lui préférerai celle du Pelé
1970, pour le génie créateur que le «
Hollandais volant » est capable, lui aussi, d'apporter
à son jeu.
Même le domaine aérien ne lui est pas inconnu. Athlète longiligne et sprinter long du football, il est devenu résistant. C'est sans doute aujourd'hui le footballeur le plus complet d'Europe. En attendant qu'avec les ans, le prodigieux buteur soliste glisse peu à peu vers les tâches plus obscures de meneur de jeu.
JEAN-PHILIPPE RÉTHACKER
(France Football numéro 1 291, 29 décembre 1970)
| FICHE
JOUEUR |
CLASSEMENT 1971 |
JOHAN CRUYFF
Nationalité : hollandaise.
Né le : 25 avril 1947, à Amsterdam
(HOL).
1,80m ; 71 kg.
Poste : attaquant.
Clubs : Ajax Amsterdam (1957-1973),
FC Barcelone (1973-1978), Los Angeles Aztecs
(1979), Washington Diplomats (1980-1981),
Levante (1981), Ajax Amsterdam (1981-1983)
et Feyenoord Rotterdam (1983-1984).
Palmarès de joueur : Coupe intercontinentale
des clubs 1972 ; Supercoupe d'Europe 1973
; Coupe des champions 1971, 1972 et 1973 ;
Championnat des Pays-Bas 1966, 1967, 1968,
1970, 1972, 1973, 1982, 1983 et 1984 ; Championnat
d'Espagne 1974 ; Coupe des Pays-Bas 1967,
1970, 1971, 1972, 1983 et 1984 ; Coupe dEspagne
1978 ; meilleur buteur du Championnat
des Pays-Bas 1967 (33 buts) et 1972 (25).
Bilan en équipe des Pays-Bas :
48 sélections A, 33 buts (1966-1977).
Bilan en phase finale de Coupe du monde :
1 participation (2e en 1974), 7 matches, 3
buts (1974).
Palmarès Ballon d'Or : vainqueur
en 1971,
1973
et 1974
(3e en 1975).
Carrière d'entraîneur :
Ajax Amsterdam (1985-1988), FC Barcelone (1988-1996).
Palmarès d'entraîneur :
Supercoupe dEurope 1992 ; Ligue
des champions 1992 ; Coupe des Coupes 1987
et 1989 ; Championnat d'Espagne 1991, 1992,
1993 et 1994 ; Coupe des Pays-Bas 1986 et
1987 ; Coupe dEspagne 1990.
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1. Cruyff (Pays-Bas, Ajax Amsterdam),
116 points.
2. Mazzola (Italie, Inter
Milan), 57 pts.
3. Best (Irlande du Nord,
Manchester United), 56 pts.
4. Netzer (RFA, Borussia
Mönchengladbach), 30 pts.
5. Beckenbauer (RFA, Bayern
Munich), 27 pts.
6. Skoblar (Yougoslavie,
Marseille), G. Müller (RFA, Bayern
Munich), 18 pts.
8. Chivers (Angleterre,
Tottenham), 13 pts.
9. Keizer (Pays-Bas, Ajax
Amsterdam), 9 pts.
10. Bene (Hongrie, Ujpest),
Moore (Angleterre, West Ham), 7 pts.
12. Rudakov (URSS, Dynamo
Kiev), 6 pts.
13. Facchetti (Italie, Inter Milan),
Domazos (Grèce, Panathinaïkos),
4 pts.
15. Dzajic (Yougoslavie,
Etoile Rouge Belgrade), Vogts (RFA, Borussia
Mönchengladbach), Pirri (Espagne, Real
Madrid), 3 pts.
18. Overath (RFA, Cologne),
Lee (Angleterre, Manchester City), Cooper
(Angleterre, Leeds), Van Moer (Belgique,
Standard Liège), 2 pts.
22. B. Charlton (Angleterre,
Manchester United), Chesternev (URSS, CSKA
Moscou), 1 pt.
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