


















De bout en bout, Pavel Nedved domina le scrutin. Il apparut aux yeux de la majorité des votants comme le « patron » des deux meilleures équipes de l'année dans leurs catégories respectives : l'équipe nationale de la République tchèque pour le compte du football de sélections et, bien que battue en finale de la Ligue des champions, la Juventus Turin pour le compte du football de clubs. Septième joueur issu de ces pays devant lesquels on baissait autrefois le rideau de fer (Masopust 1962, Yachine 1963, Albert 1967, Blokhine 1975, Belanov 1986, Stoitchkov 1994), Nedved fut l'un des lauréats les plus âgés de l'histoire, l'un des rares à avoir dépassé le cap des trente ans, en compagnie de Platini 1985 (trente ans), Masopust 1962 et Beckenbauer 1976 (trente et un ans), Di Stefano 1957 et 1959 (trente et un et trente-trois ans), Yachine 1963 (trente-quatre ans) et, last but not least, Matthews 1956 (quarante et un ans). Deuxième au classement, Thierry Henry sembla « payer » les absences d'Arsenal en Ligue des champions. Sans doute la défaite de l'équipe de France, le 12 février, contre la République tchèque, au Stade de France, pesa-t-elle aussi dans la balance. Ce n'est pas sa valeur, c'est son palmarès qui freina « Titi » dans la course à l'attribution du Ballon d'Or. Hélas pour lui, Arsenal ne sut pas proposer à son champion d'autres jardins que les jardins anglais pour ses admirables courses de lévrier. Quant à Paolo Maldini, il boucla sa quatorzième saison de Ballon d'Or par une formidable troisième place. S'il ne manquait pas grand-chose à Paolo le magnifique sur le plan des performances de club, il eut à déplorer lui aussi une absence : celle, délibérée de sa part, avec la Squadra Azzurra. Pour Maldini, le trophée venait sans doute un peu trop tard et pour Henry peut-être un peu trop tôt, se disait-on. |
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| UN DÉCATHLONIEN DU FOOTBALL | ||||||||||
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C'est un footballeur complet, dont la caractéristique première est une activité débordante. Son poste reste assez difficile à définir. Il n'est pas un joueur offensif excentré, mais n'opère pas non plus dans l'axe et n'est pas un vrai meneur de jeu. Bien que droitier, sa position de départ préférée se situe légèrement en décalage sur la gauche, ce qui lui permet de combiner avec les joueurs de couloir et avec les attaquants centraux. A la Juve, c'est plutôt côté gauche, le côté droit étant occupé par Camoranesi. Mais il rentre souvent au centre ou même à droite pour laisser le côté gauche aux appels latéraux de Del Piero ou aux plongées de l'arrière-ailier Zambrotta. Chez lui, la participation à la récupération est naturelle. Il l'effectue le plus souvent sans quitter sa position offensive, harcelant les premiers relanceurs adverses dès la perte du ballon. Joueur résistant sur le plan athlétique, il ne cesse pratiquement pas de courir durant quatre-vingt-dix minutes. Mais s'il possède le bagage d'un très bon numéro 6, ce sont évidemment ses qualités offensives qui en font un des grands joueurs du continent. Il est un remarquable accélérateur de jeu, un élément souvent décisif au terme d'une action offensive de son équipe, aussi bien en contre que dans le jeu placé. Servi par un centre de gravité assez bas et une vivacité de gestes hors du commun, il a une capacité d'accélération balle au pied exceptionnelle, qui lui fait marquer de nombreux buts. Comme un joueur d'échecs, il prévoit le second dribble au moment où il engage le premier. Il lui reste alors à terminer d'une frappe sèche, le plus souvent du droit, mais sans que cela soit un problème si le gauche s'impose. Il est tellement efficace dans ce genre de situation qu'il lui arrive quelquefois de se montrer un peu gourmand.
Jean-Jacques Vierne
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