CM - Portugal - 06/07/2006
La fin d'une génération
Comme pour l'Allemagne, le Portugal a vu, mardi soir, son rêve de remporter la Coupe du monde s'évanouir dans la douce nuit de Munich. Impuissants face à la solidité française et son froid réalisme, les Lusitaniens ont de nouveau quitter le Mondial en demi-finales comme leurs glorieux anciens de 1966, menés alors par la légende Eusebio. Une autre icône du pays quittera samedi la sélection sans avoir accroché de titre majeur : Luis Figo. Le départ du capitaine portugais signe l'arrêt d'une génération dorée.
Rui Costa s'était retiré après l'Euro 2004. En plus de Figo (33 ans), Pauleta (33), Da Costa (31) et Nuno Valente (31) devraient quitter l'équipe nationale après le match pour la troisième place, samedi face à l'Allemagne à Stuttgart (21h00). Championne du monde des moins de 16 ans à la fin des années 80, titrée chez les moins de 19 ans en 1991, cette génération de talents a pourtant cru en une destinée magique lors des grandes compétitions « adultes » ces dernières années. Mais, après manqué les Mondiaux 1994 et 1998, elle n'a jamais pu approché son rêve. Le fiasco de la Coupe du monde 2002 (élimination au premier tour) avait déjà suivi la demi-finale de l'Euro 2000, marquée par une défaite face à la France (2-1, but en or de Zidane sur penalty). Puis, à domicile, le Portugal a chuté sur la dernière marche face à une formation grecque à l'efficacité glaçante lors de « son » Euro 2004. Et donc, la Selecçao est de nouveau tombée devant ces mêmes tricolores mercredi, Zidane s'affirmant comme son bourreau attitré sur penalty.
Relancé par une bonne saison avec l'Inter Milan, Figo, qui avait plaqué la sélection après l'Euro portugais avant de se raviser une saison plus tard, y croyait fort. Il pensait pouvoir amener ses partenaires jusqu'au Graal en Allemagne, armé d'un groupe complet composé de tauliers et de jeunes pousses prometteuses. Des succès devant l'Angola, l'Iran, le Mexique, les Pays-Bas et l'Angleterre l'avaient conforté dans sa quête. La bête noire française est encore passée par là mais, le Portugal, bien que délaissé par ses gloires déclinantes, rêvera de nouveau dans deux ans. Avec une formation menée par Deco, Tiago, Carvalho et Cristiano Ronaldo, symbole de la jeunesse et du culot portugais, la Selecçao possède de quoi épancher sa soif de consécration.
Emmanuel LANGELLIER