FRA - 12/07/2006
Zidane : «rien de négatif»
Le commentaire était devenu récurrent : Zinédine Zidane et Raymond Domenech ne s'entendaient pas. Une preuve était même avancée : l'absence d'échange entre les deux hommes quand le sélectionneur avait sorti son n°10 à la fin de France-Corée du sud (1-1). Mercredi sur Canal+, le jeune retraité a tenu à contredire cette version : «Il n'y a jamais eu de fossé entre lui et moi. Tout était clair entre nous. C'est un faux débat». Quant à la preuve supposée : à ce moment là, «je suis très déçu, tout simplement, commente Zidane. Qu'est-ce que vous croyez ? Que je vais faire un grand sourire et taper dans la main de tout le monde ?». Pour trancher, il évoque son statut de «capitaine, de liens entre les autres joueurs et l'entraîneur».
La délivrance, les sourires, les tapes, un peu de tout cela arrivera après France-Togo (2-0), «le match référence, celui qui a permis d'oublier les mauvais résultats de 2002.» Il confirme ce que Lilian Thuram avait confié juste après cette rencontre : «2002 est derrière nous». Alors que Michel Denisot avait décidé de mener son interview de manière chronologique, histoire de faire du carton rouge de la finale l'acmé de ce récit, Zidane est revenu sur l'évolution des Bleus en détails, sans révélation mais avec un sens de la progression qui fait mouche. «Juste avant de partir en Allemagne, on ne comptait pas beaucoup sur l'équipe de France, débute-t-il. Quelque chose s'était pourtant créée entre nous. On était peut-être en décalage avec les autres mais nous étions conscient qu'on pouvait faire quelque chose».
«On a attaqué par à coups»
Puis viennent les deux matches nuls d'entrée, les difficultés, le déclic. «Les deux nuls auraient pu créer des tensions mais entre nous, il ne s'est jamais rien passé de négatif». Un parcours à contre-temps qui s'explique en partie par «le risque pris par (le préparateur physique) Robert Duverne de programmer l'équipe pour être près en huitièmes de finale, en accord avec le sélectionneur». La tactique paye. Face à l'Espagne (3-1), «on a vraiment bien fini physiquement». Le moral a fait le reste : «Après le Togo, on a pu se concentrer sur un adversaire qui devait nous manger.» La victoire en huitièmes est une «belle victoire. On a pris beaucoup de confiance.» Face au Brésil en quarts (1-0), «on joue contre les champions du monde. On a rien à perdre». Résultat : «on dit que le Brésil a mal joué. C'est plutôt nous qui avons bien joué. Et quand on bat les champions du monde, on a envie d'aller au bout.»
Zinédine Zidane revient sur des moments précis, comme sur le penalty contre le Portugal (1-0), qu'il «tire à droite, comme tout le temps», ou sur un autre penalty, en finale face à l'Italie (1-0), cette panenka folle qu'il ne tire pas à droite, parce qu'il y a «un très grand gardien en face (Buffon), qui peut l'arrêter (s'il) tire de la même façon». Mais il commente aussi le fond de l'histoire, ce besoin d'avoir «chacun son petit rituel». «Après le déjeuner, Makelele, Sagnol, Barthez et moi, on prenait un thé ou un café». Et le jeu, surtout le jeu. Une tactique dure comme le fer : «On a joué presque tous les matches de la même façon. On a attaqué par à coups. On devait se rassurer en défense, puis faire la différence. On avait les joueurs pour ça.». Et si cela n'a pas été le cas jusqu'au bout, ça devient là une autre histoire. X.C.