Après deux lourdes défaites concédées par Troyes à Lille (0-4) et contre Valenciennes (1-3), et, avant de se déplacer samedi à Saint-Etienne (samedi, 20h00), Jean-Marc Furlan se confie longuement pour francefootball.fr avec sa bonhomie et sa gouaille habituelles.
« Jean-Marc Furlan, Troyes reste sur deux grosses déconvenues à Lille (0-4) et contre Valenciennes (1-3)...
Dès l'instant où on n'est pas distancé et hors course du Championnat, on est dans nos objectifs, nos plans, c'est à dire de jouer le maintien. Une équipe qui se prépare depuis la première journée, et ce depuis deux ans, à jouer le maintien jusqu'à la dernière journée, ce ne sont pas des mots en l'air. On est dans un état où on se dit « ça peut passer comme ça peut ne pas passer mais que ça se fera pour nous difficilement avant la dernière journée. » La différence avec l'an passé, c'est qu'on n'avait pas encaissé de « cartons », on n'en prenait jamais, et on ne gagnait pas. Cette année, on a « pris » trois scores larges mais on gagne.
Vous aviez regretté un certain « manque de constance » contre Valenciennes (1-3), avez-vous essayer d'améliorer ce secteur cette semaine ?
On ne bosse pas la constance. Depuis janvier jusqu'au 1er mars, notre équipe a pris 2,1 points par match, ce qu'on n'a jamais atteint depuis vingt mois qu'on est en Ligue 1, donc c'est exceptionnel, ça veut dire qu'elle était hyper performante. Mais la nature même des équipes de bas de classement, c'est de ne pas être constant. On est constant dans la performance. Ce qui est important, c'est de bien rester mobilisé moralement. C'est pas le plus simple mais c'est le plus important.
Vous n'êtes donc toujours pas inquiet, mais vous n'avez que quatre points d'avance sur la lanterne rouge...
Est-ce que cela changera quelque chose d'être inquiet ? (rires) Rien. Vous dire quelle sera la finalité du Championnat, je ne peux pas. Vous dire que je vais essayer de m'efforcer de trouver les clés pour nous maintenir, j'y crois ferme. Si je n'y crois pas moi, personne ne va y croire... Mais je crois fermement que je vais trouver la solution pour prendre les points. Il reste beaucoup de matches.
Par quoi passe cette solution que vous pensez détenir pour que la saison se termine bien ?
Par un effectif en bonne santé et sans beaucoup de suspensions. On l'a vu avec Lyon, ils se sont coltinés une valse de blessés terrible pendant trois mois et comme par hasard, ils ont dégagé en huitièmes au printemps. L'émulation et la concurrence sont très importantes. Et ça passe par le fait que l'équipe reste elle-même.
Vous craignez Saint-Etienne mais les Verts traversent également une période délicate à domicile...
C'est vrai qu'il vaut peut-être mieux affronter un adversaire qui n'a pas trop de repères sur son terrain. Mais bon, il vaut mieux peut-être jouer un adversaire qui prend beaucoup de points à domicile où un adversaire qui gagne tout ? Ce qui aurait été bien, c'est de rencontrer Saint-Etienne qui n'a pas trop de résultats à domicile et qu'on gagne tout à l'extérieur, ça aurait été sympa. (rires). Je crains toujours cet enthousiasme et la pression locale qui fait que les joueurs sont exaltés pour faire tomber l'adversaire. Ça « tient » ces grands clubs comme Marseille, Lens, Saint-Etienne dont la ferveur populaire oblige à se dépasser.
Vous arrivez en fin de contrat, comment envisagez-vous le futur ? Carpe Diem. On vit au jour le jour, au moment présent, je ne peux pas faire autrement. Après, la plupart des clubs français de Ligue 1 ou Ligue 2 vont attendre le dénouement. Comme tous les ans, il se fait dans les cinq dernières journées, pour les joueurs comme pour les entraîneurs. Mon président doit reparler en mai de toutes les fins de contrat (entraîneur et joueurs) et puis, ça va être pareil pour les autres. Quand j'étais joueur, j'avais l'habitude de signer des contrats courts. En tant qu'entraîneur aussi. On me dit que j'ai tort en tant qu'entraîneur et je crois qu'ils ont raison. Ce que j'ai voulu, c'est être en fin de contrat pour pouvoir décider de mon avenir. Je serai très heureux de continuer ici parce que les gens m'apprécient beaucoup. C'est vrai que ça va jouer un rôle important dans mon avenir.
Vous êtes donc prêt à rester avec plaisir en L1 ou en L2...
Ce qui pèse dans la balance surtout, c'est le fait d'avoir une équipe qui gagne des matches. Parce qu'on dit « Furlan, c'est l'apôtre du beau jeu », mais non, Furlan, c'est l'apôtre de la victoire. Le samedi ou dimanche soir, quand on perd, on est au fond du seau. Il se trouve que moi je pense qu'on gagne mieux au football en étant efficace sur le plan offensif. Mais ce qui peut peser aussi dans la balance, c'est quelle équipe et quels moyens on va avoir. »
Propos recueillis par Emmanuel Langellier