Le travailleur Alain Perrin a fendu l'armure aprčs la victoire de Sochaux, samedi en Coupe de France contre Marseille (2-2, 5-4 t.a.b.), tombant en larmes dans les bras de sa mčre. «
Nous avons pensé ŕ mon pčre, qui nous a quitté trop tôt, cette année au mois de janvier, et qui a dű ętre fier de voir ça de lŕ-haut. » Aussi fier qu'Alain Perrin, lui-męme, élogieux comme il l'est rarement en public avec ses joueurs («
je me suis régalé ŕ travailler avec eux »). L'ancien mentor de Troyes a noué une complicité tangible avec son vestiaire. C'est Jérémie Bréchet qui est venu interrompre l'échange avec l'entraîneur sochalien, samedi. «
Coach, la douche vous attend. »
« Alain Perrin, quel fut le principal mérite de Sochaux dans la conquęte de cette finale ? De ne pas avoir lâché. Comme souvent en Coupe, il faut du coeur, aller chercher le résultat. Je suis trčs fier de ce que les joueurs ont fait, contre une équipe de Marseille qui a joué sur sa valeur. Ils ont été capables de résister aprčs avoir été menés deux fois. Avec la fatigue, les espaces, il fallait assurer ŕ la fin sur le plan technique.
Avez-vous douté ŕ 1-2 ?
Non, car nous n'étions pas ballottés. On construisait bien. Il fallait ętre lucide sur le plan défensif, et sur les derniers gestes. On a eu des occasions, nous aussi : la transversale de Sébastien Grax notamment.
Est-ce un sentiment particulier pour vous de battre l'OM ?
Non la page est tournée et la vie continue, je n'ai aucun esprit de revanche (il a été licencié du club phocéen en janvier 2004). La vraie émotion, c'est de battre une équipe qui nous est supérieure. Comme si on avait eu Lyon ou Paris en face de nous. On réalise l'exploit, c'est ce qui est intéressant dans le sport. J'ai dit aux joueurs avant la finale que j'avais eu beaucoup de plaisir ŕ travailler avec eux, dans la bonne humeur et la joie de vivre, et en męme temps avec beaucoup de sérieux dans le travail. Je me suis régalé. C'est leur récompense.
Est-ce la plus grande joie de votre carričre ?
J'ai déjŕ connu pas mal de récompenses : des montées, des grands matches avec l'OM. Mais c'est une ligne au palmarčs, donc ça a une saveur particuličre. Et le parcours a été trčs beau. On n'a pas volé cette Coupe.
Qu'avez-vous pensé de la prestation de Karim Ziani ?
Il n'a pas fait un trčs trčs grand match. Je le dis d'autant plus facilement que c'est un trčs bon joueur. J'en discuterai avec lui. Ce sont le circonstances du match qui ont fait ça. Cela n'a rien ŕ voir avec ce qui s'est passé ces derniers jours. A Marseille aussi, des joueurs-clef n'ont pas eu leur rendement. Les joueurs ne sont pas seuls sur un terrain, pour dérouler leur jeu. Pichot a fait un match énorme contre Ribéry. Ziani aussi, a fait l'objet d'une surveillance particuličre.
Tout le monde a été surpris de ne pas voir Mickaël Isabey sur la feuille de match...
C'est dommage, car il a été important dans les matches précédents. Mais avec seize joueurs sur la feuille, j'étais limité. Il me fallait des défenseurs sur le banc car Bréchet était incertain. C'était un choix pour l'équilibre du banc. Je rends hommage ŕ des joueurs comme lui, Leroy, Brunel, Potillon ou Pichot, dont l'essentiel de la carričre est derričre eux plutôt que devant. Isabey aurait pu ętre le dix-septičme et jouer. Il n'y a aucun problčme avec lui. La forme du moment joue, elle aussi. Il y a un mois, Isabey aurait été dans les seize.
L'objectif de la saison est-il atteint ?
J'ai fixé des objectifs aux joueurs, que je ne dévoilerai pas ici. Pour moi, ce n'est pas fini. La Coupe est une parenthčse. On ne lâchera rien sur les deux matches ŕ venir, pour s'accrocher ŕ la cinquičme place, ou au meilleur classement possible. On s'est débrouillé seul pour se qualifier pour la Coupe de l'UEFA. Pour le reste, il faut ętre réaliste, nous ne sommes pas les mieux placés pour la Ligue des champions.
Que peut viser Sochaux dans les années ŕ venir ?
Les années ŕ venir appartiennent aux dirigeants et aux moyens qu'ils se donnent pour faire progresser le club.
Avec vous ?
Pourquoi pas ? Je suis sous contrat. Il est encore un peu tôt pour penser ŕ la saison prochaine. Pourquoi partir ? Je sais ce que j'ai ici en qualité de travail. »
- Cé. Ro. (au Stade de France)