
















Et un de plus. A défaut d'avoir rassuré ses supporters, l'OL a remporté son seizième derby consécutif contre l'AS Saint-Etienne (1-0). En dedans et muet ces dernières semaines, Juninho a retrouvé des couleurs devant les Verts, avec notamment une action décisive sur le but de Benzema. Muet ces derniers temps, il s'exprime ici sur son jeu, son état d'esprit, le système de jeu, le capitanat, en se disant prêt à supporter la pression qui pèse sur lui. Il affirme aussi que Lyon n'a pas besoin d'un milieu gauche : il en a un avec Ben Arfa.
«Juninho, après une période de moins bien, vous semblez avoir retrouvé le sourire...
Il y a beaucoup de personnes, dans la vie, qui sourient mais qui ne sont pas très heureuses, mais on n'est pas obligé de sourire pour être heureux. C'est vrai qu'on me regarde beaucoup, mes faits et gestes, si je souris ou pas. C'est sûr que la pression sera toujours sur moi. Si l'équipe est bien, on regarde d'abord si je suis bien pour ensuite évaluer l'équipe. C'est normal, je vais essayer de gérer. Il y a eu pas de mal de changements, on est en train de trouver les automatismes. Depuis le début de la saison, l'équipe est moyenne mais on sent que les joueurs font beaucoup d'efforts, qu'ils ont envie de gagner, d'aller vers l'avant. Il y a du talent, des jeunes montent en puissance. On va récupérer Fred, ce qui sera important pour nous. La Ligue des champions commence bientôt. Il faudra montrer du répondant.
Vous cadrez de nouveau vos coups francs. C'est un signe ?
Non, je ne crois pas à ça, mais au travail. Et comme on travaille sérieusement, on finit par goûter à la réussite. Quels que soient les événements, je continue de travailler. De cette manière, on ne va peut-être pas être champions à chaque fois, mais je vais réussir de bonnes performances personnelles et faire une bonne saison.
Dans quel système vous sentez-vous le plus à l'aise ?
(Petit rire) Je pense que tous les grands joueurs doivent s'adapter à n'importe quel système. Aujourd'hui, l'envie, c'est plus important que le système. Dans le foot moderne, c'est techniquement qu'on fait la différence. Le but dans une équipe, c'est de faire participer tout le monde du mieux possible sur le plan technique. Sur les phases sans ballon, il faut faire bloc. Ce sont les équipes qui défendent bien et ensemble qui s'en sortent le mieux. Un système, c'est évidemment l'entraîneur qui le décide. Mais dans le foot moderne, les équipes n'appliquent pas qu'un système, sinon il n'y aurait que des matches nuls.
Un mot sur Benzema, encore très à son avantage ce soir.
Je suis content pour lui. C'est un grand joueur, il est déjà en équipe de France. On va pouvoir compter sur lui cette saison. Mais il ne faut pas oublier Hatem (Ben Arfa), même s'il est blessé en ce moment. On parle de l'arrivée d'un milieu gauche offensif. Mais ce joueur, on l'a déjà avec Hatem. Il faut lui faire confiance.
Pourquoi avez-vous fini par accepter le brassard de capitaine ?
Quand j'ai décidé d'arrêter, Cris, un leader, un grand monsieur, a été logiquement désigné. Ça tombait très bien. Après sa blessure, je ne pouvais pas tourner le dos à l'équipe. Je ne vois pas un autre joueur qui sera à l'aise avec le brassard. Dans la mesure où Cris est out pour de longs mois, j'espère maintenant aller au bout de la saison avec le capitanat. Mais ne croyez pas que je pense à moi, je pense d'abord à l'équipe.»
Recueilli à Lyon par Sylvain LARTAUD