


















Raymond Domenech en mordait ses lunettes de crispation : la France n'est pas parvenue à venir à bout de la Roumanie, lundi, au Letzigrund Stadion de Zurich (0-0). Les Bleus ont échoué à mettre du rythme dans la partie, et à trouver la faille face à des Roumains bien en place.
Pour que la France gagne l'Euro, la chose avait été dite et redite, analysée et disséquée, elle n'en restait pas moins essentielle : il fallait commencer fort. Autrement dit, battre cette Roumanie, annoncée - à tort - comme la moins coriace du fameux «groupe de la mort». Rien ne sert de courir, il faut partir à point, professait La Fontaine. Lundi, les Bleus ne sont pas partis et ont couru dans le vide, récoltant au final un nul problématique face à la sélection de Victor Piturca, solidaire et bien regroupée (0-0). Manque de rythme, stérilité offensive, absence d'étincelle : la copie est à revoir d'ici vendredi, où la France jouera déjà gros face aux Pays-Bas.
Commencer fort, la France n'a pas su faire. Et là réside bien le premier enseignement de cette entrée en matière : jouer à 18h00 ne réussit pas aux Bleus, pas plus que la chaleur (23° en moyenne) qui régnait sur la pelouse du Letzigrund Stadion, à voir les mines rapidement essouflées de Willy Sagnol et consorts (le joueur du Bayern réclamait de l'eau à chaque arrêt de jeu). Ces deux raisons expliquent en partie le cruel manque de rythme dont ont fait preuve les hommes de Raymond Domenech au cours de cette rencontre, certes dominée dans les grandes lignes, mais bien trop stérilement. « Il y a un jeu qui ne s'emballe pas, il faut repartir plus vite, se lâcher un petit peu », avait glissé à juste titre Raymond Domenech au micro de M6 au retour des vestiaires. Jusque-là , celui-ci n'avait en effet pas eu grand chose à se mettre sous la dent, malgré son 4-4-2 interchangeable en 4-3-3 (avec Benzema en pointe, et Anellka et Ribéry en soutien) au besoin. Face à des Roumains bien regroupés et comme attendu, fonctionnant exclusivement en contres, elle a constamment peiné à construire du jeu : le sursaut constaté au retour de la pause, avec une jolie frappe de Malouda (49e) ou un service idéal de Ribéry pour Benzema (57e) ne se concrétisait pas au tableau d'affichage.
Alors, évidemment, l'équipe de France n'a pas encaissé de but, Grégory Coupet n'a jamais eu réellement à s'employer. Thuram et Sagnol, dont on craignait le manque de forme, ont -surtout le premier - rassuré leur monde, tandis qu'Abidal tenait la baraque sur le flanc gauche. Raymond Domenech se félicitait de l'imperméabilité de son bloc lors des matches amicaux, il devrait plutôt s'inquiéter de la stérilité de ses avant-centres. Privée de son meilleur buteur en activité, Thierry Henry, la France n'encaisse pas de but, elle ne marque pas non plus. Le test de la complicité Anelka -Benzema, qui avaient jusque-là évolué 65 minutes ensemble sous la tunique tricolore, s'est avéré très peu concluant. Les rares poussées de l'attaquant de Chelsea en première période n'ont pas compensé la crispation du jeune Lyonnais pour sa première dans le grand bain. Dans un match aussi poussif, au fur et à mesure que les minutes s'égrenaient, le déclic aurait pu venir d'un éclair de génie de Bafétimbi Gomis, entré en lieu et place de Karim Benzema (72e), ou d'un coup franc de Nasri, remplaçant de Benzema (76e). Il n'en a rien été. On était loin, bien loin des coups d'éclat offensifs d'un autre favori de la compétition, l'Allemagne, entré avec panache dans le vif du sujet, dimanche, contre la Pologne (2-0). On attendait nettement mieux. On attend toujours mieux face aux Pays-Bas, vendredi. Les esprits les plus optimistes comme les superstitieux se souviendront que lors du dernier Mondial, la France avait commencé sur un nul (0-0) face à la Suisse.Au bout, il y avait quand même eu une finale.