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Lundi 15 mars

La mort du groupe 17/06/2008 22:57

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Les Pays-Bas ont eu beau dominer la Roumanie (2-0), l'équipe de France n'a pas su remplir sa part du contrat contre l'Italie (0-2). Handicapée par la blessure de Ribéry, réduite à 10 après l'expulsion d'Abidal, elle sort par la petite porte de cet Euro 2008 avec un seul point. Mais plus que cette défaite, c'est de tout le parcours des Bleus sur cette compétition, voire en éliminatoires, dont il faudra vite tirer des leçons. (Photo Presse-Sports)

Il fallait un «miracle», lisait-on partout. Il fallait «prier», aussi, pour que le sort soit favorable sur la pelouse du Wankdorf, où s'affrontaient les Pays-Bas et la Roumanie (0-2). Réceptifs sur ce premier point, les dieux, mardi, ont sacrément été sollicités par l'équipe de France. Sans doute trop. Pour la première fois depuis l'Euro 1992, en Suède, les Bleus ont quitté un Championnat d'Europe dès les phases de poule en cédant face à l'Italie (0-2). Franck Ribéry blessé dès la 9e minute, Eric Abidal expulsé à la 25e, voilà qui faisait beaucoup, voire trop, pour une équipe en manque de rythme, de confiance, et tout bonnement d'avenir. Des deux finalistes de la Coupe du monde 2006, annoncés au crépuscule, ce sont donc les hommes de Raymond Domenech qui ont, les premiers, rendu leur dernier souffle dans la compétition. Et le sélectionneur avec eux, auteur d'un coaching sans panache, après un parcours en poules complètement raté dont il faudra vite tirer les leçons.

Deux coups du sort en un quart d'heure

Autant évacuer, tout de suite, le facteur chance : il n'était clairement pas du côté des Français, et cela, depuis le début de cet Euro. Handicapés par la blessure de leur capitaine Patrick Vieira, lésés par une main dans la surface non sifflée de Oijer contre les Pays-Bas (1-4), ils ont encaissé leur dernière avarie, et pas la moindre, à la 9e minute de ce match capital : la blessure au genou de leur maître à jouer, sûrement le meilleur élément tricolore ces derniers jours, Franck Ribéry, lors d'un contact appuyé avec Zambrotta. Sans lui, l'équipe de Franck ne joue pas aussi bien, forcément, et c'est ce qui fît la chance des Italiens. Eux qui étaient passés tout près de l'élimination face à la Roumanie sans un arrêt magique de Buffon sur penalty ont dû leur salut à un penalty de Pirlo, justement (1-0). Une bousculade d'Abidal dans la surface sur Toni, et le défenseur barcelonais, préféré à Thuram en charnière centrale, était expulsé -sévèrement - par M. Lubos Michel (25e). Jusque-là, les Tricolores, en 4-4-2 sans Malouda ni Sagnol, mais avec Govou et Clerc, avaient plutôt fait montre d'envie (deux corners en trois minutes), et dans l'autre rencontre, les Pays-Bas tenaient bon face à la Roumanie.

Un coaching perdant

Difficile, un soir pareil, de se relever d'un premier match raté contre la Roumanie, d'une claque contre les Pays-Bas, de deux coups du sort en un quart d'heure de jeu, et enfin d'un coaching, disons, discutable : à peine entré sur le terrain pour remplacer Ribéry, Samir Nasri sortait lors de l'expulsion d'Abidal pour laisser sa place à Jean-Alain Boumsong. Menée 1 à 0, la France n'avait plus rien à perdre, mais Raymond Domenech refusait de maintenir une défense à trois éléments, voire de sortir Toulalan. Résultat : une attaque tricolore qui avait encore plus de mal à se mettre en situation de tir, surtout face aux lignes italiennes défendant très bas, et 0 frappe cadrée au compteur en première période, contre 3 sur l'ensemble de la rencontre. Les bonnes passes de Jérémy Toulalan pour Thierry Henry (35, 50e) n'aboutissaient pas, et quand Karim Benzema parvenait à décocher une des rares frappes dangereuses, Gianluigi Buffon faisait parler sa classe (74e). Grégory Coupet eut moins de succès, en encaissant le 6e but de son Euro sur un coup franc de De Rossi, détourné par Henry (62e). L'histoire ne retiendra sans doute pas cette statistique, mais plutôt cette dernière place du groupe C, minable, avec un simple petit point (même en 1992, la France avait fait mieux, avec deux points). Ce premier match manqué contre la Roumanie. Cette sortie internationale contre les Pays-Bas, dramatique, pour ce grand Bleu qu'est Lilian Thuram. Cette génération qui s'en va, cette autre qui arrive, ce 54e match de sélectionneur de Raymond Domenech qui dépasse ainsi au compteur Aimé Jacquet et Roger Lemerre. Pas sûr qu'il aille plus loin. On a appris, ce soir, à ne plus croire aux miracles.

Anne-Sophie Bourdet

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