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Mardi 16 mars

Drame évité in extremis 03/10/2008 10:54:00

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Avant le début du match de l'OM contre l'Atletico Madrid, des incidents ont eu lieu entre supporters marseillais et policiers espagnols. Résultat : pas mal de blessés dans le camp marseillais, un steward avec des côtes cassées et un réel traumatisme côté phocéen. Un problème de banderole paraît-il, une banderole (celle des ultras) qui n'a pas plu à cause de la tête de mort qui y figurait. A priori une bonne raison de passer à tabac pas mal de supporters, avant même d'avoir essayé de dialoguer. (Photos Presse-Sports)

« Les policiers espagnols ont voulu retirer notre banderole à cause de la tête de mort qui est dessus. Le dialogue était impossible. Ils ont frappé d'entrée pour récupérer la banderole ! Je me suis retrouvé piétiné », explique Pierre dans L'Equipe, un supporter dont les blessures et le sang rappellent la violence des incidents. Le bilan est bien triste dans ce stade madrilène : slogans d'apologie au nazisme, jets de canettes et autres projectiles, insultes racistes...

« J'ai entendu des cris de singe pendant tout le match », déplore l'attaquant marseillais, Mamadou Niang. Guy Cazadamont, le directeur de la sécurité de l'OM, quis'est interposé dans les tribunes aux côtés de José Anigo, le directeur sportif, raconte : « J'ai été projeté à terre alors que je venais pour régler le problème. Il y a eu un manque de dialogue. On a travaillé trois semaines pour préparer ce déplacement et en trois minutes tout a explosé ! Sans l'intervention de deux policiers français avec nous, je ne sais pas ce qui se serait passé. Nous avons un steward avec des côtés cassées, des supporters blessés ! »

Il n'avait jamais vécu de telles scènes. Comme René Poutet, soixante-cinq ans, président d'Handifanclub de l'OM depuis quatre ans, terrorisé. Lui et les membres de son groupe de supporters handicapés avaient pris place derrière un but. Il explique : « Au moment de l'égalisation de l'OM, on a reçu des canettes ! Il y avait une telle violence... Heureusement que nous ne sommes pas revenus au score sinon je ne sais pas comment on serait sortis de là... Le délégué de l'UEFA était effaré. Je vais écrire à Platini (président de l'instance européenne), car c'est inadmissible. »

Coups de matraque et injures racistes

Même un chauffeur, pourtant resté dans son bus, a eu le droit à son coup de matraque. « Le plus grave a été la charge sauvage et inacceptable de la police qui a décidé par elle-même de saisir une banderole, raconte Pape Diouf dans L'Equipe. Ça a déclenché un début d'émeute. Si nous avons dénombré seulement des blessés, ç'aurait pu être plus grave que ça... Ce fut une soirée cauchemardesque. »Le président de l'OMrevient aussi sur ces injures racistes entendues. « Nous avons déjà été victimes de ça à Saint-Pétersbourg (Kaboré et Zubar avaient reçu des peaux de banane et récolté des cris de signe en s'échauffant en cours de rencontre) et l'amende a été de 30 000 euros pour le club... Les dignitaires de l'UEFA se répandent ici ou là pour annoncer qu'ils veulent éradiquer le racisme mais, quand on voit la manière dont on sanctionne ce type d'actions avérées, on peut se poser la question sur la sincérité de la démarche. »

Le président s'interroge sur les éventuels recours. La charge est venue de la police, pas des supporters adverses. Mais, toujours en Ligue des champions, pour des incidents moindres, Manchester Utd avait demandé une enquête à l'UEFA après son huitième de finale aller disputé à Lens contre Lille (0-1) le 20 février 2007.

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