


















C'est dans un Stade de France hostile que les Bleus ont enchaîne un deuxième match satisfaisant (victoire 3-1) après le nul acquis en Roumanie. (Photo Presse-Sports)
Raymond Domenech attendait face à la Tunisie que les Bleus enchaînent sur la bonne deuxième mi-temps montrée en Roumanie. Le sélectionneur a eu cette continuité. Sur toute la ligne. Ses hommes ont remporté un succès quasiment à l'extérieur. Les sifflets pendant la Marseillaise avaient donné le ton de cette rencontre inamicale qu'on aurait cru tenue au stade de Radès, à en croire l'ambiance, plutôt qu'à Saint Denis. Les 74 000 spectateurs, essentiellement drapés de rouge, étaient totalement acquis à la cause tunisienne, de quoi nourrir plus abondamment les sifflets à l'encontre de Raymond Domenech à l'instant de présenter les équipes. Il faut croire que la FFF recherche les difficultés en ces temps déjà difficiles. Dans une période où la stratégie de communication fédérale n'est pas au top, ce match débutait aussi avec quelques petites surprises. Alors que Mexès et Squillaci étaient attendus en défense centrale, le sélectionneur a décidé de reconduire le tandem Boumsong-Abidal, catastrophique à Constanta, dans l'axe. Sébastien Squillaci doit vraiment se demander pourquoi il est chez les Bleus sinon pour arroser les belles plantes du château de Clairefontaine ! Ce sentiment à l'égard de la défense était vite confirmé dès la demi-heure de jeu. Sur le côté gauche, le Lensois Issam Jemaa enrhumait facilement Boumsong pour aller battre Mandanda. La fragilité confirmée de l'axe central est finalement le seul point noir de la copie fournie par les Bleus.
Hormis la rentrée de Clichy à gauche (à la place d'Evra) et la première sélection du Rennais Fanni à droite de la défense (pour pallier le forfait de Sagna), Domenech avait donc reconduit le 4-2-3-1 de la deuxième période de Constanta avec la même animation. Ce pari fut payant dès la 41e minute avec l'égalisation de Thierry Henry suite à un beau une-deux avec Gourcuff. Placé sur le côté gauche comme à Barcelone, le capitaine tricolore récidivait juste après la reprise en inscrivant son 48e but en 106 sélections (49e). Auparavant, Franck Ribéry, sans doute épuisé par sa performance roumaine, avait laissé sa place à Hatem Ben Arfa. La France déroulait son jeu pour tripler la mise grâce à une frappe dans la lucarne gauche tunisienne de Benzema (58e).
En tentant d'asseoir une équipe dans la veine de celle qui avait bien réagi samedi dernier, Raymond Domenech a réussi sa petite entreprise, à l'exception de cette charnière centrale qui continue dangereusement de grincer. Le quatuor offensif Gourcuff, Ribéry, Henry, Benzema a également pu peaufiner ses automatismes. Demain matin, le sélectionneur pourra donc se réveiller tranquillement à l'heure où le Conseil Fédéral se réunira à Paris. Comme le vent porteur de Roumanie l'annonçait déjà , il devrait être reconduit dans ses fonctions par ses partisans de la première heure. Mais il ne faut pas oublier l'essentiel :les Bleus sont toujours quatrièmes du groupe 7 des éliminatoires pour la Coupe du monde 2010. Et c'est face à la Lituanie, fin mars et début avril 2009, qu'il faudra reproduire ce genre de match. Pour le même résultat.
François Verdenet