








Critiqué de toutes parts ces dernières semaines, l'OL a remis les pendules à l'heure en dominant l'OM. Une prestation pleine de maîtrise qui met un terme à trente-six ans de disette face à Marseille en Coupe de France. (Photos Presse-Sports)
Trente-six ans, c'est long pour un ogre lyonnais. Surtout lorsqu'il a soif de revanches. Depuis 1973, l'OL n'avait plus battu l'OM en Coupe de France. La malédiction a pris fin mercredi soir, à Gerland. Voici donc le tenant du titre en 8es de finale de l'édition 2009. Le succès rhodanien sur l'autre Olympique de l'Hexagone ? Un film écrit à l'encre de la maîtrise rhodanienne et de la fébrilité marseillaise. Dès la 2e minute, Ronald Zubar offre le but de la qualif'. Sa relance dans l'axe est lente, imprécise, inconsciente. Delgado chipe le cuir et sert donc Benzema sur un plateau. Gerland frisonne. Lyon mène - déjà - au score et son goleador fait de nouveau trembler les filets. Cela ne lui été plus arrivé depuis le 20 décembre 2008. Le scénario de l'élimination phocéenne se profile. L'arrière-garde laisse des trous béants, dont l'omniprésent et virevoltant Delgado ne profite pas. Et devant, Brandao est cantonné à un rôle de remiseur. Pour ses premiers pas olympiens, le déménageur brésilien est mis en boîte par les gros bras de l'OL, Cris et Boumsong. Dans un 4-2-3-1 archi-prévisible, Marseille suffoque. Les hommes d'Eric Gerets perdent même Baky Koné dès la 23e minute. La sortie pour le moins musclée d'Hugo Lloris laisse le lutin ivoirien au sol. L'OM ne s'en relèvera pas.
A coups de sifflets, Gerland déclare une nouvelle fois sa flamme à Hatem Ben Arfa, appelé en renfort. Le 14 décembre, lors du choc insipide qui avait opposé les deux formations en Championnat (0-0), la prestation de l'ancien Lyonnais avait alimenté la thèse de l'inconstance. La copie rendue mercredi soir a été d'une pauvreté encore plus navrante. Contrastant d'autant plus avec celle, étincelante, de Benzema. Dès le retour des vestiaires, son accélération laisse la défense marseillaise sur les fesses et son missile du gauche échoue sur le poteau d'un Mandanda lui aussi bien fébrile (49e). Lyon a beau terminer la rencontre en infériorité suite à l'expulsion de Keita pour un accrochage avec Brandao (63e), la tension a beau agiter les deux bancs de touche, Wiltord a beau manquer son tête-à -tête avec Lloris dans les ultimes secondes (90e+4), l'épilogue ne fait plus aucun doute : cette fois, Marseille ne fera pas trébucher l'OL, comme en 2006 et 2007. Le septuple champion de France affrontera Lille début mars. Avec ce bon présage en tête : en Coupe de France, le vainqueur de Lyon-Marseille a toujours atteint la finale.
Gil Baudu