













Lyon devait empocher au minimum un point pour reprendre son fauteuil de leader, provisoirement cédé à Bordeaux. C'est chose faite et c'est bien le seul aspect à retenir de ce derby qui n'a rien offert de savoureux. Saint-Etienne, qui n'a toujours pas gagné face son ennemi intime depuis 1994, ressort de la zone de relégation. (Photo Presse-Sports)
Un quart d'heure et c'est tout ! Les spectateurs de Gerland ont eu droit à quinze minutes de football. Pour le reste, cela ressemblait plus à une partie d'échecs sur gazon. Autant dire qu'ils se sont ennuyés ferme durant ce 97e derby. Hormis les imprécisions, les fautes et le manque de créativité, rien à se mettre sous la dent en première période. Ah si... Une frappe soudaine de Benzema, dans le temps additionnel (45e+3), obligeait Janot à se détendre de façon spectaculaire. Ensuite, le derby s'est emballé. Pas longtemps mais suffisamment pour que l'on se dise « chouette, c'est parti. » Des buts, une expulsion, des contacts...Tous les ingrédients enfin réunis. Déjà pas très réchauffés par la prestation de leurs protégés, les supporters de Lyon prirent un véritable coup de froid dès la reprise lorsque Payet s'arracha pour lancer Mirallas qui, d'une subtile balle piquée, trompait Hugo Lloris, sorti à sa rencontre (50e). Joie de courte durée pour les Verts car l'inévitable Juninho, 34 ans depuis vendredi, se chargeait, sur coup-franc, de remettre les pendules à l'heure (53e) et rappeler par la même occasion qu'il reste un maître-artificier dans l'exercice. Janot, pas irréprochable sur le but et sans doute énervé après lui-même, s'en prenait verbalement à sa défense. Bayal Sall, excellent durant toute la partie, est venu expressément lui dire quelques vérités. Incident vite oublié par les deux joueurs quelques minutes plus tard. Visiblement excité par l'égalisation, Piquionne, titulaire aux côtés de Benzema, taclait quelques secondes après l'engagement à la manière d'un attaquant (54e). Résultat, deuxième carton jaune et l'OL réduit à dix pour plus d'une demi-heure.
Cette expulsion brisa net l'élan né du coup de patte de Juninho. Le septuple champion de France se replia ensuite dans son camp et évita le pire lorsque Ilan s'effondra dans la surface après un contact avec Boumsong (67e). M. Lannoy ne bronchait pas alors que l'intervention du défenseur central était très litigieuse. Et puis c'est tout. La fin de match n'offrait pas les rebondissements des éditions précédentes et les meilleurs ennemis pouvaient se quitter sur ce score de parité. Pour son retour à Gerland, Alain Perrin peut se satisfaire de ce résultat. Mais il mesure sûrement le grand danger qui guette les siens à l'heure d'affronter successivement Caen, le PSG et Bordeaux. Le mois de janvier fut pénible pour Saint-Etienne, celui de février promet quelques angoisses dans le Forez. Bien trop isolé à la pointe de l'attaque, Karim Benzema n'a toujours pas perdu de derby mais il ne s'est pas illustré comme il en avait pris l'habitude lors des trois dernières confrontations face au voisin vert. Concédant son quatrième nul consécutif à domicile, Lyon est parvenu à récupérer l'essentiel, à savoir sa place de leader, mais n'a pas réussi à masquer les évidences. Les Gones n'offrent aucune certitude à l'aube d'une seconde partie de saison qui s'annonce compliquée et incertaine.
T. Simon