













«On aurait tort de penser que Robert Louis-Dreyfus a été amené à trancher une polémique médiatique. Le problème était plus profond que cela.» Dans L'Equipe Mag de samedi, Xavier Boucobza, le conseiller juridique personnel du propriétaire de l'OM, donne les vraies raisons qui ont poussé RLD à se séparer de Pape Diouf. Selon l'enquête menée par l'hebdomadaire, si le désormais ex-président olympien n'est pas parvenu à sauver sa tête, c'est parce qu'il avait pris l'habitude de prendre des décisions seul.
Refroidi par ses ennuis judiciaires dans l'affaire des comptes de l'OM, RLD lui avait pourtant imposé d'en référer au Conseil de surveillance pour éviter tout nouveau dérapage en matière de transferts et de gestion financière. Une mise sous tutelle que n'a pas apprécié Diouf. «Ce n'est pas un conseil de surveillance, c'est un conseil de contemplation, déplore Jean-Pierre Bechter, directeur-délégué du groupe Dassault et entré dans ledit Conseil il y a dix mois. Ce qui se passe n'a rien à voir avec une entreprise normale. On contemple ce que fait Pape Diouf et ses nombreuses prestations médiatiques. Il ne respecte pas les statuts de l'entreprise. Il se dit sûrement qu'il détient la vérité et que le CS ne comprend pas suffisamment les choses pour les lui faire partager. Il agit comme si le CS n'existait pas.»
D'après L'Equipe Mag, l'intronisation de Didier Deschamps comme entraîneur général de l'OM s'inscrit dans cette logique. Diouf a engagé l'ancien coach de la Juve et de Monaco sans la signature du directeur général, Antoine Veyrat. «L'arrivée de Didier Deschamps, je l'apprends dans le journal, indique Becheter. Et, même dans un deuxième temps, on n'a aucune idée de sa rémunération. On l'apprendra sans doute dans quelques mois. Dans la presse.»
Pour Xavier Boucobza, le départ d'Eric Gerets a été fatal à Diouf. C'est parce que l'ancien agent de joueurs vivait mal la cote de popularité du technicien belge qu'il aurait tardé à lui proposer une prolongation de son contrat. Dans un PV daté du 24 mars, Louis-Dreyfus avait pourtant fait du maintien de Gerets «une priorité». La guerre intestine livrée avec Vincent Labrune a fini par sceller le sort du président. «Les dysfonctionnements, du fait de Pape Diouf, n'étaient plus solubles et aboutissaient à une paralysie, poursuit Boucobza. C'est la multiplication des provocations dans les derniers jours qui m'ont conduit à penser qu'on ne pouvait plus résoudre les choses, . Même après l'interview de Pape dans vos colonnes (L'Equipe Mag du 6 juin), on a essayé de rattraper le coup. Mais il y a eu une deuxième lame le lendemain dans le journal la Provence... Le conflit était devenu trop pesant.»