













Vingt ans après la chute du mur de Berlin et de son régime communiste, la Pologne renaît de nouveau. Co-organisatrice de l'Euro 2012 avec l'Ukraine, la nation prépare activement son entrée dans la cour des grands du football européen à travers une conséquente modernisation de ses infrastructures. Témoin de ces travaux pharaoniques, Francefootball.fr vous propose en avant-première une découverte des sites de Varsovie et Gdansk, où deux enceintes dernier cri verront le jour au printemps 2011. Deuxième volet avec la Baltic Arena de Gdansk. (Photos Bieg 2012 / C. La)
Berceau de Solidarnosc, le premier syndicat indépendant du bloc soviétique créé en 1980 par Lech Walesa, la ville de Gdansk a été à la pointe de la lutte contre l'oppression communiste. Située sur les bords de la mer Baltique, au nord de la Pologne, c'est également sur ce front du continent que l'Europe a basculé dans la seconde guerre mondiale lorsque l'Allemagne nazie a décidé de s'attaquer à Dantzig, le 1er septembre 1939. Si les cicatrices de l'histoire deviennent chaque jour de moins en moins visibles grâce à une reconstruction à grande échelle, le développement des infrastructures liées à l'organisation de l'Euro 2012 devrait totalement panser les plaies de la plus grande ville portuaire du pays, symbole par excellence de la nouvelle résurrection polonaise. En figure de proue de cette prochaine fête du football : la Baltic Arena.
La modeste route de campagne bosselée -et à voie unique !- entre l'aéroport et le stade paraît, dans l'attente du lancement des travaux de l'autoroute directe en prévision, bien trop tortueuse pour un site retenu par l'UEFA afin d'accueillir trois matches de poules et un quart de finale... C'est à deux pas du démesuré chantier naval Lénine, dans le quartier de Letnica, que se dressera le bijou de Gdansk. D'une capacité d'accueil de 44 000 spectateurs, cette arène sera, comme son homologue du Stade National de Varsovie, un complexe multi-usages (évènements sportifs, concerts, expositions,...) doté d'un centre d'affaires et d'une galerie commerciale. Un objet de luxe, source d'insoupçonnables rentes économiques, qui ouvre logiquement l'appétit des plus gourmands. Pour preuve : la Baltic Arena troquera prochainement son nom d'origine pour adopter, par le « naming », celui de son futur sponsor...
L'architecture de la flambante enceinte devrait offrir un contraste saisissant. Erigée sur une plate-forme accessible grâce à une série de marches « à la Rocky » selon l'expression locale, la « Baltic » surplombera l'interminable zone portuaire. Deux emblèmes réunis sous la même bannière, auxquels s'ajoutera la façade du bâtiment, couverte de carreaux aux six teintes variées évoquant les couleurs de l'ambre. Cette résine fossilisée rapportant, pour le clin d'oeil, plus de capitaux à Gdansk que... le chantier Lénine !
D'un coût total plus que raisonnable de 160 millions d'euros, ce stade haute technologie n'aura pas (non plus) de club résident. Mais il réservera dès l'entrée des équipes sur le terrain un premier frisson à ses spectateurs. Les deux formations sortiront en effet chacune d'un tunnel positionné d'un côté et de l'autre de la pelouse ! Une façon impériale de célébrer l'arrivée des artistes dans l'arène.
Clément LACORD, à Gdansk.