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Clémence pour le Togo 31/01/2010 11:20

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Durant toute la 27e Coupe d'Afrique des nations, Francefootball.fr revient quotidiennement sur un événement ou autre fait marquant de la compétition. Aujourd'hui, retour sur la décision de la CAF de suspendre le Togo lors des deux prochaines éditions.

C'est sûr désormais. Alors même que la finale (Ghana-Egypte ce dimanche à 17 heures, à Luanda) n'a pas encore rendu son verdict, cette 27e édition ne restera pas dans les mémoires pour de bonnes raisons. Elle avait commencé par un drame terrible survenu à la frontière entre le Congo et la province de Cabinda. Deux morts dans la délégation togolaise qui avait eu le tort de rallier sa base par la route, et qui fut attaquée par des rebelles séparatistes. À l'arrivée, les Eperviers, qui voulaient jouer, furent contraints par leurs autorités de rentrer à Lomé. Samedi en fin de matinée, la Confédération Africaine de Football (CAF), souveraine, a décidé de punir le Togo, conformément à ses règlements. Une décision qu'on ne soupçonnait même pas à vrai dire. Ces mêmes victimes d'une fusillade ont été privées des deux prochaines éditions. « Interférences politiques », a précisé la CAF. Pris entre le marteau et l'enclume, traumatisés après ce drame, les coéquipiers de Sheyi Emmanuel Adebayor n'avaient eu d'autre choix que de partir. Que se serait-il passé pour eux au pays s'ils avaient refusé de reprendre l'avion ? La CAF, elle, s'est appuyée sur les textes d'un règlement qui ne prévoit pas, dans ce cas précis, de situation exceptionnelle. Et pourtant, c'en est un.

Hayatou : « Nous n'avons rien à nous reprocher »

Partout, depuis samedi, le monde du football s'interroge sur cette sanction qui affecte avant tout des hommes et des citoyens qui ont obéi aux injonctions de leur gouvernement. La CAF, qui par le passé sut faire preuve de clémence dans d'autres circonstances, recevra-t-elle favorablement l'appel du Togo ? On l'espère, secrètement. Mais on en doute. Depuis le drame, le président Issa Hayatou est sur la défensive quand il aborde le sensible dossier. « Tout a été fait, nous n'avons rien à nous reprocher. » Une gestion plus « humaine » de ce dossier n'était-elle pas conciliable avec la vocation de la CAF ? Elle aurait sans doute redoré le blason de l'institution africaine, particulièrement critiquée par les médias depuis le 8 janvier. Dans ces circonstances, on pense évidemment aux vingt-trois Eperviers, à l'encadrement et à leurs amis, Amelete Abalo et Ocloo Stanislas, décédés. Messieurs les dirigeants de la CAF, aurait-il mieux valu qu'ils se taisent et jouent, pour garantir le plein succès de votre tournoi ? Ils ne sont que des hommes, avec leurs émotions, aujourd'hui pris au piège par un règlement cynique. Ecoeurant.

Frank SIMON

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