Petites et grandes histoires du Ballon d'Or (1/5)

1966 : Charlton-Eusebio, sur un air de trahison

Jusqu'à la fin de la semaine, francefootball.fr revisite des épisodes savoureux liés aux lauréats du Ballon d'Or. Premier épisode avec Charlton et Eusebio, trompés par les «leurs» en 1966.

C’est le genre de pilule difficile à digérer. Et d’ailleurs, elle reste bien en travers de la gorge d’Eusebio en ce dernier mardi de décembre. France Football vient de sortir en kiosque son numéro sacrant le onzième Ballon d’Or et certains se sont empressés d’appeler l’attaquant du Benfica et la sélection du Portugal. «Tu viens de perdre ta couronne pour un point !», lui indique un proche qui a eu écho du classement et de la victoire de Bobby Charlton. Eusebio est abasourdi: lauréat l’année précédente, il ne parvient donc pas à garder sa couronne en 1966. Puis la stupéfaction fait place à la colère, certes contenue, mais à la colère quand même, lorsqu’il apprend que le juré portugais du Ballon d’Or, Fernando Couto e Santos, lui a préféré l’Anglais Charlton à la première place.

La Panthère Noire se sent trahie, oubliant que le choix du journaliste est fort logique: si Eusebio a été sacré meilleur buteur du Mondial 1966 (9 réalisations) et que son Portugal a terminé sur la plus petite marche du podium, c’est précisément l’Angleterre de Bobby Charlton qui a été sacrée championne. De plus, le meneur de Manchester United a réalisé en demi-finale le doublé face au Portugal (2-1) qui lui a ouvert les portes de Wembley pour le dernier acte face à l’Allemagne (les Anglais l’emporteront 4-2 a.p. en finale). Sans compter qu’Eusebio n’a remporté aucun trophée avec Benfica en cette année 1966 et que MU a corrigé les Aigles de Lisbonne en quarts de finale de Coupe des champions (3-2, 5-1). Charlton y rayonne, marquant notamment lors du triomphale retour au stade Da Luz.

Eusebio fâché contre son copain juré

Toutes ces justes considérations n’atténuent pas l’amertume du joueur portugais. Une amertume tenace, comme il le soulignera dans «50 ans de Ballon d’Or », ouvrage publié par France Football en 2005: «Je n’ai pas trop compris pourquoi je ne l’ai pas obtenu en 1966. Je me souviens que le juré anglais avait voté pour moi et pas pour Charlton. Mais le Portugais m’avait classé deuxième, derrière Charlton. Je lui en veux toujours, surtout que c’était un de mes copains. Fernando m’avait expliqué qu’il avait voté pour l’Anglais car il était persuadé que je n’aurais pas besoin de lui pour gagner !» De son côté, Charlton n’aura pas de mots durs envers Brian Glanville, le juré anglais, la victoire au Ballon d’Or effaçant toute éventuelle polémique. Mais, au fond de lui, le capitaine de l’Angleterre n’a apprécié que modérément que le respecté journaliste du Sunday Times ne l’inclue pas dans une liste de cinq où figuraient trois de ses compatriotes: Alan Ball en 1, Bobby Moore en 2, Geoff Hurst en 4, Eusebio se classant troisième, Franz Beckenbauer fermant le ban.
Eusebio en 1966 avec la sélection portugaise. (L'Equipe)
Eusebio en 1966 avec la sélection portugaise. (L'Equipe)

France Football vote Charlton

Dans ces conditions, Eusebio pouvait-il vraiment en vouloir au juré de son pays ? Si la réaction épidermique à l’annonce de la victoire de Charlton pouvait se comprendre, il n’en va pas de même pour la rancœur qui s’installa par la suite. Surtout que les mécanismes du scrutin font que c’est le juré français qui vote en dernier et que la balance a donc définitivement penché du côté de l’Anglais avec le bulletin de Jacques Ferran, directeur de la rédaction de FF. «La première place de Bobby Charlton me semble évidente, écrira-t-il dans le numéro du 27 décembre 1966. Parce que l’Angleterre est l’équipe numéro 1 de l’année et que l’aîné des Charlton marque cette équipe de sa personnalité.» Et d’ajouter que ce dernier a largement pris l’avantage sur Eusebio lors de leurs confrontations, en Coupe du monde et en C1. Un raisonnement implacable auquel le monument de Benfica restera toujours sourd.

Roberto Notarianni
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nino007 7 janv. à 10:20

je ne sais pas ou les journalistes francais ont leur info mais faut arreter !!!! eusebio le merite 100 fois a charlton sauf que l un jouer a benfica et l autre a manchester elle est la la difference sinon footbalistiquement eusebio etait bien au dessus avec une equipe plus faible !!!!!mais les rageux continue de nos jour avec cr7 surtout ici en france !!!! douter de ronaldo ca prouve que certain journalistes ne comprennent rien au ballon !!!!! pantera negra e cr7 os melhores da historia aziados