Lazslo Kleinheisler est l'une des révélations de l'Euro 2016. (Michael Dalder/Reuters)
Euro - HON

A la découverte de Lazslo Kleinheisler, le «Paul Scholes hongrois»

A 22 ans, Lazslo Kleinheisler est la révélation de la Hongrie. Découverte du «Paul Scholes magyar» avant le 8e de finale contre la Belgique (21h00).

Oublié en réserve de Videoton il y a six mois

Grand espoir hongrois, Lazslo Kleinheisler a connu des problèmes en club l'année dernière. Prêté à la Puskas Akademy début 2015, il revient dans son club de Videoton à l'été. Mais, à un an de la fin de son contrat, les négociations achoppent avec ses dirigeants. Le bras de fer s'engage et "Laci " est envoyé en réserve où il ne joue même pas! Ses seuls moments de bonheur sont alors les matches disputés avec les Espoirs hongrois. C'est là, lors d'un match contre le Portugal, que son destin va basculer. Car Bernd Storck est dans les tribunes. «Il ne jouait pas en club, mais je le connaissais déjà avant les Espoirs car je l'avais vu avec les U19, nous a raconté le sélectionneur. J'ai décidé de le tester juste avant notre barrage contre la Norvège. Il était très bon.» Depuis, il n'est plus sorti de l'équipe. Et il est devenu un héros.

Le héros de la qualification

L'histoire commence à être connue. Alors qu'il n'avait pas joué une seule minute en première division hongroise en ce début de saison 2015-2016, Lazslo Kleinheisler est titularisé pour le barrage aller de qualification à l'Euro, à Oslo. «J'étais au stade et quand j'ai vu qu'il jouait, j'étais furieux car je pensais que c'était n'importe quoi, rigole Tomasz Mortimer, qui suit la Hongrie à l'Euro pour ESPN. Et puis, il a éclairé le match. Et il a marqué. Je ne pouvais pas y croire».

Le Paul Scholes hongrois

Roux, milieu de terrain, Lazslo Kleinheisler n'a pas tardé à voir fleurir une comparaison flatteuse avec l'ancien joueur de Manchester United, Paul Scholes. Mais si l'Anglais évoluait devant la défense, le Hongrois joue un cran plus haut, surtout en sélection. A l'aise des deux pieds, il régale par sa finesse technique au sein d'un groupe magyar plutôt limité. «Il est notre meilleur joueur, poursuit notre collègue hongrois. Il a un tel talent... Il a une première touche parfaite, gicle vers l'avant. Il est intelligent dans son placement et travaille beaucoup défensivement aussi.»

Il est le joueur préféré du premier ministre

Fou de foot, le premier ministre Viktor Orban adore Lazslo Kleinheisler. Il se connaissent depuis près de dix ans puisque le milieu offensif a commencé dans le village natal d'Orban, Felcsut. Après avoir passé deux saisons dans le petit club local, il est parti au centre de formation de Videoton. Il a ensuite été prêté à la Puskas Akademy, l'équipe créée de toutes pièces par le dirigeant hongrois qui l'adore. «C'est un passionné de foot, et je sais qu'il aime beaucoup le jeu de "Laci "», avait expliqué l'agent du joueur, Mihaly Nagy. Son manager Bernd Storck aussi : «Il est brillant, rapide, agressif».

Une année 2016 parfaite pour le moment

Depuis son transfert au Werder Brême, en janvier dernier, pour 300 000 euros, tout semble lui sourire. Son contrat de trois ans et demi sous le bras, il a permis au club allemand de se sauver de la relégation. Il a disputé sept rencontres de Bundesliga en fin de saison, à un poste plus reculé que celui qu'il occupe en sélection. Avec les Hongrois, il s'est révélé au poste de n°10. Passeur décisif contre l'Autriche (2-0), il fait partie de notre équipe-type du premier tour. «Je suis très honoré d'être dans cette sélection de joueurs. Mais j'espère ne pas m'arrêter là», souriait-il vendredi avant d'affronter la Belgique.
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