gonalons (maxime) gourcuff (yoann) briand (jimmy) (FEVRE/L'Equipe)
Ligue des Champions

Anthony Réveillère raconte l'improbable succès 7-1 de l'OL au Dinamo Zagreb en 2011

Il y a quasiment cinq ans, Lyon avait planté sept buts au Dinamo Zagreb pour arracher la qualif'. Souvenirs de cette folle soirée avec Anthony Réveillère. Remplaçant lors de cette rencontre, il n'a jamais cru au match truqué.

Un but de Mateo Kovacic (aujourd'hui milieu de terrain du Real Madrid) à cinq minutes de la mi-temps, suivi d'une égalisation de Bafétimbi Gomis juste avant le retour aux vestiaires. Puis un raz-de-marée : 47e (Gonalons), 48e (Gomis), 52e (Gomis), 64e (Lisandro Lopez), 70e (Gomis), 75e (Briand). Vingt-quatre heures après l'incroyable remontada marseillaise à Dortmund avec le but de Mathieu Valbuena à trois minutes du terme de la rencontre (qui permet aux Olympiens de se qualifier en huitièmes de finale de la C1), la France du foot a encore vu son pouls monter en flèches devant les sept buts inscrits par l'Olympique Lyonnais sur la pelouse du Dinamo Zagreb, le 7 décembre 2011. Menés 1-0, les Rhodaniens ont tout renversé, pour souffler la seconde place du groupe D de Ligue des champions à l'Ajax Amsterdam.

«Du banc, on suivait l'autre match sur un téléphone»

Avant cette sixième et dernière journée, le scénario était le suivant : le Real, cinq victoires en cinq matches, était déjà largement qualifié. Derrière, l'Ajax était en ballotage très favorable avec huit points et une différence de buts de +3. En embuscade, l'OL comptait cinq unités, mais une différence de -4. Autrement dit, il fallait être fou pour miser un kopeck sur une qualification des Gones. «Du banc, on suivait le résultat de l'autre match de la poule (Ajax-Real) sur un téléphone», se souvient Anthony Réveillère, remplaçant lors de cette rencontre.
Qualifié, le Real a pourtant tout fait pour que l'OL y croie. A la mi-temps, les Merengue menaient 2-0 (Callejon et Higuain). En difficulté en première période, les Lyonnais ont fini par dérouler d'une manière assez incroyable. «On ne se disait pas que c'était impossible, poursuit Réveillère. On savait pourquoi on jouait, que l'adversaire était à notre portée. Je me souviens surtout qu'ils avaient plus ou moins la tête aux vacances, ils avaient l'air assez cool. Nous, on était là pour faire le métier.» Pourtant, Réveillère se souvient d'une première partie de match empruntée. «On était un peu crispé. Ils nous avaient posé des soucis. En deuxième période, ils étaient un peu plus émoussés. Avec Gomis ou Lisandro, on avait la capacité en attaque.»
Réveillère : «Il y a toujours le bénéfice du doute, mais sincèrement, on a fait ce qu'on avait à faire. Ensuite, on a savouré et laissé parler les autres»
Puis les buts s'enchaînent. «Dès qu'on marquait, on était déterminé pour aller tout de suite chercher le ballon dans les filets et le ramener au centre. Si on avait pu en mettre dix, on en aurait mis dix.» Finalement, c'était sept, avec une meilleure différence de buts que l'Ajax (+2 contre 0), une qualification pour les huitièmes, mais surtout une grosse polémique sur la tournure de la rencontre. Et des soupçons de trucage. «On ne l'a pas ressenti, promet Réveillère. Lors d'un match de C1, je pense que les joueurs ont toujours envie de se montrer pour tenter d'attirer le regard des recruteurs. Il y a toujours le bénéfice du doute, mais sincèrement, on a fait ce qu'on avait à faire. Ensuite, on a savouré et laissé parler les autres. Le président (Jean-Michel Aulas) a géré la communication comme il sait le faire», sourit, aujourd'hui, le retraité. Tout ça pour, finalement, être éliminé tristement en huitièmes de finale face à l'Apoel Nicosie, aux tirs au but. Une campagne de Ligue des champions improbable jusqu'au bout.
Timothé Crépin
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