L. Europa - 8es

Aritz Aduriz, l'ancien vous salue bien !

Auteur d'un but exceptionnel à l'aller au Vélodrome, l'attaquant de l'Athletic Bilbao Aritz Aduriz est, à 35 ans, dans la forme de sa vie. Retour sur un parcours loin d'être linéaire.

Un éclair dans la nuit bien calme de Marseille. C’est de cette manière qu’Aritz Aduriz a fait connaissance avec le public français jeudi dernier en seizièmes de finale aller de la Ligue Europa. A la 55e minute d’un match sans grande folie, l’avant-centre basque a expédié une volée de 35 mètres dans les filets de Steve Mandanda pour offrir la victoire à l’Athletic Bilbao (1-0). «C’est un garçon qui ne se pose pas de question, constate Luis Fernandez, observateur assidu de l’Athetic Bilbao depuis un passage à la tête de l’équipe (1996-2000). Il fait le geste juste au bon moment. Il prend des risques qui s’avèrent payant. Ça montre bien qu’il est en pleine confiance». Ce bijou est son septième but en Ligue Europa cette saison, ce qui le place en tête du classement des buteurs de la compétition. Et son 26e toutes compétitions confondues. Des statistiques qui lui permettent déjà d’égaler sa saison 2014-2015, la meilleure de sa carrière, à… 35 ans !

A la relance en troisième division

Aduriz est comme le bon vin, il se bonifie avec l'âge. Pourtant, au début de sa carrière, le Basque n’avait rien d’un grand millésime. Formé à l’Athletic, il n’est pas conservé en 2003 et part s’aguerrir à Burgos, en troisième division, puis au Real Valladolid, un étage plus haut. En 2006, il revient à Bilbao sans réussir à s’y imposer. Il repart en 2008 pour Majorque où il commence à faire trembler les filets plus régulièrement (24 buts en 77 matches). Au point d’attirer l'attention du FC Valence, qu’il rejoint en 2010. Là-bas, il découvre la Ligue des champions. Mais, souvent barré par Roberto Soldado, il se résout à revenir en 2012 à l’Athletic.
 
Le troisième passage dans son club formateur sera le bon ! Délesté de la concurrence de Fernando Llorente, en disgrâce avec ses dirigeants, Aduriz gagne rapidement ses galons de titulaire et devient, enfin, un buteur respecté sur la péninsule ibérique. «Il a su rebondir et se refaire une santé. Chez ce genre de garçon, le mental compte beaucoup. Il est costaud, solide», souligne Fernandez.
Aduriz avec son coach, Ernesto Valverde. (Acero/EXPA/PRESSE SPORTS/L'Equipe)
Aduriz avec son coach, Ernesto Valverde. (Acero/EXPA/PRESSE SPORTS/L'Equipe)

Un triplé contre le Barça

«On apprend à le découvrir car il marque contre l’OM, mais moi, je le vois marquer des buts tous les week-ends avec Bilbao» rappelle l’actuel sélectionneur de la Guinée. Celui-ci fait notamment référence à son chef-d’œuvre du début de saison. En août, lors du match aller de la Supercoupe d’Espagne, il avait terrassé le Barça à lui seul en inscrivant un triplé (4-0), devenant ainsi le premier joueur à réussir une telle performance depuis Diego Forlan en 2005 (avec Villarreal).
 
Depuis son retour à San Mamés, il a toujours amélioré son total de buts sur une saison en Liga : 14 en 2012-2013, 16 en 2013-2014, 18 en 2014-2015 et, déjà, 13 buts en 23 matches de Championnat cette saison. Un exercice qui pourrait se prolonger jusqu’au mois de juin. Cinq ans après son unique sélection avec l’Espagne (en mars 2010, contre la Lituanie), Aritz Aduriz est dans les petits papiers de Vincent Del Bosque, qui ne ferme pas la porte à un retour: «Il joue de manière incroyable. S'il garde cette forme à mesure qu'approche l'Euro, nous en tiendrons compte», a indiqué le sélectionneur il y a quelques semaines.

«Je prends du plaisir tous les jours»

Très bon de la tête malgré une taille modeste (1,82 m) -«Il a super timing» appuie Fernandez-, pas maladroit balle au pied (en atteste son but face à l’OM) et redoutable dans la surface de réparation, le vétéran Aduriz est dans la forme de sa vie, sans qu’il ne réussisse à l’expliquer. «Je n'en sais rien, a-t-il déclaré en conférence de presse avant le match aller contre l’OM. Je prends beaucoup de plaisir en m'entraînant tous les jours, en essayant de progresser et d'apprendre. J'adore jouer». Aduriz est un «cas rare», comme l’admet son entraîneur, Ernesto Valverde, qui semble avoir trouvé le pourquoi du comment de cette forme olympique : «Cela s'explique par son investissement et son professionnalisme. Et aussi par cette confiance qu'il a. A chaque ballon qui traîne près de la surface, nous devinons tous qu'il va être non loin de là pour marquer». Une efficacité qui pourrait bien se vérifier encore longtemps car Aritz Aduriz ne semble pas prêt de raccrocher. Pour le plus grand bonheur des spectateurs de San Mamés.
Antoine Raguin 
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