Angleterre - Swansea

Bafé Gomis, la traversée du désert

Après une première saison légèrement compliquée à Swansea, Bafé Gomis avait débuté la présente sur les chapeaux de roues. Mais l'ancien Lyonnais a de nouveau disparu des radars depuis quelques semaines.

Ses débuts à Swansea, à l’été 2014, l’avaient forcément laissé sur sa faim. Barré par la concurrence de Wilfried Bony, Bafétimbi Gomis devait goûter au banc plus souvent qu’à son tour (6 titularisations en 18 matches de Premier League lors de ses six premiers mois, pour 1 petit but inscrit). Celui qui avait rejoint le club gallois libre de tout contrat après sa dernière saison à l’OL réfléchissait même à quitter le navire dès le mercato d’hiver suivant. Surtout que ses dirigeants lui avaient promis à son arrivée au club un système à deux attaquants qui n’a jamais vu le jour. Il profitait finalement du départ de son principal concurrent pour Manchester City pour se faire enfin une place au soleil. Malgré une blessure en fin de saison, sa deuxième partie de Championnat était bien meilleure (16 matches, 14 titularisations, 6 buts), et on pensait alors son aventure galloise enfin lancée.
Le début du présent exercice confirmait l’embellie. Et même plus. Titulaire lors des quatre premiers matches de Championnat, l’international marquait lors de chacun d’entre eux. Son duo avec André Ayew (3 buts, 1 passe décisive sur la période) s’annonçait même comme l’un des plus prometteurs de l'élite anglaise. Mais c’est là que les choses ont commencé à se gâter. Titulaire lors des huit matches suivants, Gomis n’a plus trouvé le chemin des filets. Et les mauvais résultats se sont enchaînés (2 victoires, 2 nuls, 4 revers). Dès lors, le joueur a glissé doucement mais sûrement vers le banc de touche (trois titularisations sur les neuf derniers matches) pour laisser place au tandem André Ayew - Gylfi Sigurdsson en attaque.
Le 30 août, contre Manchester United, Gomis inscrivait son quatrième but de la saison (celui de la victoire) en autant de journées. (L'Equipe)
Le 30 août, contre Manchester United, Gomis inscrivait son quatrième but de la saison (celui de la victoire) en autant de journées. (L'Equipe)
Habib Beye : «A mon avis, Bafé aurait mieux fait de partir au mercato d'hiver. Il y a des clubs qui cherchent des joueurs de son profil, comme Newcastle, qui l'a contacté.»
Depuis sa série triomphante du début de saison, le bilan de Bafé Gomis s’est considérablement affaibli : 17 matches de Premier League, 11 titularisations, 1 but et aucune passe décisive… Pour Habib Beye, consultant sur Canal + spécialiste de la Premier League, le constat est alarmant mais aussi compréhensible. «Bafé est un vrai joueur de surface comme il n’y en a plus beaucoup dans le football d’aujourd’hui, avance l’ancien capitaine de l’OM. Ce n’est pas le genre de joueur qui va décrocher, dribbler, et faire une percée de 40 mètres. Lui, c’est un joueur qu’il faut servir, qui va plonger au premier poteau, un garçon puissant, fort de la tête. Il aime les espaces, beaucoup moins le jeu dans les petits périmètres développé par les Swans. Dans ces conditions, il est difficile pour lui de briller. Et puis il est aussi victime des mauvais résultats de son équipe (18e). Quand ils ne sont pas bons, on a tendance à renforcer la défense, quitte à sacrifier un attaquant. Et c’est lui qui en a fait les frais. Dédé (Ayew) et Sigurdsson ont une palette plus large. Ils peuvent jouer partout en attaque, permuter, participer au jeu mais aussi défendre dans un couloir. Ce n’est pas le jeu de Bafé

Paloschi, un concurrent de plus

Reste à savoir si l’ancien Lyonnais a les capacités de remonter à la surface. Vu son temps de jeu récent (29 minutes au total lors des quatre derniers matches de Championnat), la route est encore longue. Et l’arrivée du nouveau coach, Francesco Guidolin, il y a quinze jours, n’a visiblement pas changé la donne puisqu’il n’est même pas entré en jeu lors du seul match disputé par l’équipe en Premier League, mardi sur la pelouse de West Brom (1-1). Le technicien italien a préféré lancer à la pause son compatriote Alberto Paloschi, tout juste arrivé du Chievo Vérone. «A mon avis, Bafé aurait mieux fait de partir au mercato d’hiver, lance Beye. Il y a des clubs qui cherchent des joueurs de son profil, comme Newcastle, qui l’a contacté. Mais il est finalement resté. Vu le temps de jeu qui lui est accordé, ça va être difficile pour lui d’inverser la tendance. Bafé est un joueur physique, qui a besoin d’enchaîner les matches et de marquer pour être bien. C’est aussi un garçon qui marche à l’affectif. Il a besoin d’être en confiance. Cette confiance, il va devoir aller la chercher lui-même. Il lui faudra pour cela profiter du peu temps de jeu qu’on lui accordera pour être décisif.» A défaut, il sera alors temps pour lui d'aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte...
Bruno Rodrigues 
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