Benoît Cauet, Steed Malbranque, Sébastien Frey et Valérien Ismaël ont-ils été sous-cotés en France? (L'Equipe)
Focus

Ces joueurs estimés à l'étranger et délaissés en France

Néo-retraité, Sébastien Frey a toujours été plus estimé en Italie, où il a passé l'essentiel de sa carrière, qu'en France. D'autres joueurs ont connu une situation identique une fois partis à l'étranger. En voici plusieurs exemples, depuis vingt ans.

Sébastien Frey

Titulaire à Cannes à 17 ans, Sébastien Frey rejoint l'Inter Milan juste après sa majorité. Il ne le sait pas encore, mais il s'apprête à disputer 15 saisons d'affilée en Serie A, où il sera nommé à trois reprises pour le titre de meilleur gardien de Serie A (2000, 2007, 2008). Au cours de cette période, il évolue dans des clubs prestigieux tels que l'Inter Milan ou la Fiorentina, et est vu en Italie comme l'un des tout meilleurs spécialistes du poste au monde. En 2001, Parme s'attache ainsi ses services pour remplacer Gianluigi Buffon. S'il figure dans le groupe pour l'Euro 2008, Frey ne compte que deux sélections avec la France. La raison ? La présence de Barthez puis de Coupet, et sa très grosse faute de main en Ukraine (2-2, le 21 novembre 2007), pour sa première apparition avec les Bleus.
Sébastien Frey, avec la Fiorentina contre Lyon en Ligue des champions. (L'Equipe)
Sébastien Frey, avec la Fiorentina contre Lyon en Ligue des champions. (L'Equipe)

Johan Micoud

Johan Micoud était le maître à jouer du Werder. (L'Equipe)
Johan Micoud était le maître à jouer du Werder. (L'Equipe)
Certes, Johan Micoud compte 17 sélections avec les Bleus et a été champion d'Europe en 2000. Mais le milieu offensif a été mis de côté par Jacques Santini puis Raymond Domenech durant son séjour au Werder Brême. En quatre saisons passées avec le club de la Weser, le natif de Cannes n'a ainsi obtenu qu'une seule cape ! Un choix incompréhensible vu d'Allemagne. Car Micoud, très performant en Bundesliga comme en Ligue des champions (5 buts en 8 matches de C1 en 2006), a permis au Werder de remporter le doublé en 2004 puis de terminer vice-champion 2006. L'ex joueur de Parme aura malgré tout la reconnaissance de ses pairs. Il a été, ainsi, l'idole de Toni Kroos.

Matthieu Delpierre

Arrivé à Stuttgart en 2004 en provenance de Lille, le défenseur central va passer huit ans dans le club allemand et y connaître des grands moments de bonheur. Mais avec l'équipe de France, il doit se contenter d'une sélection en A'. Delpierre va remporter la Bundesliga en 2007, ratant même de peu le doublé (défaite 2-3 contre Nuremberg en finale de la Coupe d'Allemagne). « Je le considère comme l'un des tout meilleurs défenseurs évoluant en Allemagne. Je pense que Delpierre a sa place en équipe de France », affirme alors l'entraîneur du VfB, Armin Veh. Des performances et une régularité qui pousseront Markus Babbel, nouvel entraîneur du club souabe en 2009, à nommer Delpierre capitaine.
Matthieu Delpierre partira de Stuttgart pour aller à Hoffenheim. (L'Equipe)
Matthieu Delpierre partira de Stuttgart pour aller à Hoffenheim. (L'Equipe)

Steed Malbranque

«Steed est l'un de ces héros dont on ne parle pas assez». Tony Blair, alors Premier ministre du Royaume-Uni, ne tarit pas d'éloge à l'égard de Malbranque. De 2001 à 2011, le milieu de terrain va faire admirer sa technique sur les pelouses de Premier League, aussi bien avec Fulham qu'avec Tottenham et Sunderland. Lors de ses deux premières saisons avec les Cottagers, le joueur formé à l'OL inscrit même 23 buts au total. Ses bonnes performances ne lui permettent toutefois pas de jouer avec la France. Et lorsqu'il est convoqué pour un match amical aux Pays-Bas en mars 2004, il n'a pas la chance d'entrer en jeu. Né à Mouscron, Malbranque a même, un temps, suscité l'intérêt du sélectionneur de la Belgique.
Steed Malbranque à la lutte avec Benoît Pedretti en Coupe de l'UEFA. (L'Equipe)
Steed Malbranque à la lutte avec Benoît Pedretti en Coupe de l'UEFA. (L'Equipe)

Richard Dutruel

Le départ de Richard Dutruel au Celta Vigo ne suscite pas un grand intérêt populaire, le gardien étant alors la doublure de Bernard Lama au PSG. Celui-ci va pourtant multiplier les prouesses avec le club galicien, au point d'être rapidement vu comme l'un des meilleurs spécialistes du genre en Espagne. Cela ne suffit pas pour lui faire connaître les Bleus. Après quatre saisons au Celta, agrémentées de trois qualifications pour la Coupe de l'UEFA et un quart de finale de C3 contre Marseille, il rejoint le grand FC Barcelone en 2000. Dutruel va connaître sa première sélection le 4 octobre 2000, en entrant en cours de match à la place de Letizi, rencontre durant laquelle il effectuera un superbe arrêt devant Samuel Eto'o. Ce sera sa seule cape.
Richard Dutruel, ici avec Luis Enrique. (L'Equipe)
Richard Dutruel, ici avec Luis Enrique. (L'Equipe)

David Ginola

Entre son départ en Angleterre en 1995 et la fin de sa carrière sportive, David Ginola n'aura connu que deux sélections avec l'équipe de France. Élu joueur de l'année en France en 1994, l'ancien milieu offensif n'a pourtant pas perdu son niveau entre-temps, puisqu'il reçoit la même distinction en 1999 alors qu'il porte les couleurs de Tottenham, et est nommé dans l'équipe de type de Premier League à deux reprises (1996 avec Newcastle et 1999 donc). Il honorera la dernière de ses 17 sélections, le 6 septembre 1995 contre l'Azerbaïdjan (10-0), à peine deux mois après sa signature avec les Magpies. L'ex-chouchou du Parc des Princes a, semble-t-il, toujours été poursuivi par son «erreur» lors du match perdu contre la Bulgarie (1-2) en qualifications au Mondial 1994.
David Ginola a brillé en Angleterre. (L'Equipe)
David Ginola a brillé en Angleterre. (L'Equipe)

Mathieu Flamini

Mathieu Flamini ne compte que trois sélections avec les Bleus. Le Marseillais n'a pourtant connu que deux clubs de grande envergure sur ces dix dernières années : Arsenal et l'AC Milan. Mais celui qui fut surnommé «Marathon Man» par la presse anglaise et «Gattuso» par ses coéquipiers n'a jamais eu réellement la possibilité de briller avec l'équipe de France. Le milieu défensif a été victime de la concurrence à son poste, comme de ne pas avoir toujours su s'imposer comme titulaire au sein des clubs anglais et italien.
Mathieu Flamini avait réalisé une grosse performance contre l'AC Milan de Kaka. (L'Equipe)
Mathieu Flamini avait réalisé une grosse performance contre l'AC Milan de Kaka. (L'Equipe)

Valérien Ismaël

Valérien Ismaël fait les beaux jours du Werder Brême (2003-05) puis du Bayern Munich (2005-07) et s'installe parmi les meilleurs défenseurs d'Allemagne, où il remporte le doublé Coupe - Championnat en 2004 et 2006. Au regard de ses bonnes performances, ses non-convocations en équipe de France engendrent l'incrédulité des Allemands. En 2005, Bild évoque d'ailleurs la possibilité de voir le joueur prendre la nationalité allemande en vue de la Coupe du monde, organisée quelques mois plus tard.  Mais Ismaël est clair : «Je suis français et je fais tout ce que je peux pour être appelé en équipe de France. Depuis que j'évolue en Bundesliga, j'ai prouvé que je méritais à un moment donné d'avoir ma chance.» Il ne l'aura jamais.
Valérien Ismaël n'a jamais joué pour les Bleus. (L'Equipe)
Valérien Ismaël n'a jamais joué pour les Bleus. (L'Equipe)

Philippe Mexès

Philippe Mexès sous les couleurs de la Roma. (L'Equipe)
Philippe Mexès sous les couleurs de la Roma. (L'Equipe)
Rarement un joueur aura connu un tel parcours sinusoïdal avec la France. S'il joue son premier match avec les A à 20 ans en 2002, il n'est convoqué pour aucune grande compétition internationale jusqu'à l'Euro 2012, où il forme la charnière centrale des Bleus avec Rami. Durant plusieurs années, ses non convocations ou ses passages intermittents avec la sélection sont décriées en Italie, où il brille avec la Roma. De 2004 à 2010, Mexès ne totalise d'ailleurs que 8 sélections entre son arrivée à Rome et celle de Laurent Blanc à la tête des Bleus. Vice-champion d'Italie à cinq reprises (4 fois avec les Giallorossi, 1 fois avec l'AC Milan), l'ancien Auxerrois a connu une histoire d'amour compliquée avec les Bleus, à l'image de son match totalement raté en Autriche (1-3) lors des qualifications au Mondial 2010.

Benoît Cauet

On peut côtoyer l'un des plus grands joueurs de l'histoire du foot (Ronaldo), être titulaire dans l'une des meilleures formations d'Europe (l'Inter Milan) et ne jamais avoir goûté à l'équipe de France. C'est le paradoxe vécu par Benoît Cauet. Finaliste de la Coupe des Coupes en 1997 avec le PSG et vainqueur de la Coupe de l'UEFA en 1998 avec les Nerazzurri, le milieu défensif a même été élu meilleur joueur du club milanais en 1999 par les supporters. Mais cette distinction n'a pas suffi à convaincre Roger Lemerre de lui donner sa chance. Car Cauet a eu la malchance d'être confronté à des «adversaires» redoutables à son poste chez les Bleus, tels que Didier Deschamps, Emmanuel Petit, Christian Karembeu et Patrick Vieira.
Benoît Cauet vient de battre le grand Parme de Lilian Thuram. (L'Equipe)
Benoît Cauet vient de battre le grand Parme de Lilian Thuram. (L'Equipe)
Et aussi : Sylvain Distin, Louis Saha, Peter Luccin, etc.

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