(L'Equipe)
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Côte d'Ivoire : la bonne direction

La ligue pro ivoirienne et la Fédération ont lancé la semaine passée la «Ligue Jeunes» des moins de vingt ans destinée à stimuler le football des jeunes et préparer les sélections d'âges.

C'est, probablement, la seule bonne nouvelle qui soit arrivée au football ivoirien depuis quelques mois. La Ligue professionnelle, présidée par Sory Diabaté, également secrétaire général de la FIF, a lancé le week-end dernier un Championnat national des moins de 20 ans baptisé «Ligue Jeunes». Une compétition qui regroupe quarante clubs - tous ceux de D1 et de D2 plus deux de D3 - et qui deviendra obligatoire dès la saison prochaine, en 2018. Disputée sur cinq mois, cette compétition est destinée, entre autres, à faire émerger l'équipe qui représentera la Côte d'Ivoire lors des Jeux de la Francophonie organisés en juillet à Abidjan.
Les clubs concernés sont obligés de posséder des équipes de jeunes et un directeur technique en charge de ces catégories dans le cadre de l'octroi de la licence CAF.
La Côte d'Ivoire, dont les clubs phares ont toujours possédé des sections jeunes, a connu ses meilleurs résultats grâce au travail inlassable de deux hommes : Basile Wollé, le technicien formateur du Stella d'Adjamé aujourd'hui disparu, qui a révélé des talents tels que Saint-Joseph Gadji Celi dans les années 70, puis le Français Jean-Marc Guillou, dont le nom est éternellement associé aux Académiciens de l'ASEC, des frères Touré à Gervinho en passant par Salomon Kalou, Aruna Dindane, Copa Barry et Zezeto.

Symboliquement, la compétition inaugurale porte le nom de Laurent Pokou, récemment disparu. La FIF a fait savoir aux clubs concernés qu'il leur était fait obligation de posséder des équipes de jeunes et un directeur technique en charge de ces catégories dans le cadre de l'octroi de la licence CAF.
Naturellement, le doute plane toujours sur l'âge réel ou avéré des participants, mais Sory Diabaté a été clair et ferme sur ce point : «En misant sur le vrai âge des jeunes, on se donne plus de chance de gagner sur le long terme». D'anciens internationaux, à l'image d'Oumar Ben Salah (ex-Le Mans, vainqueur de la CAN 1992) font partie de ceux qui sont associés à la réussite de cette initiative.

L'assurance de découvrir de nouveaux talents

Même s'il ne s'agit pas encore d'un travail en profondeur pour la plupart des clubs - hormis l'ASEC qui possède en Julien Chevalier un formateur présent depuis une demi-douzaine d'années - et qu'il faudra quelques années pour l'installer et obliger les clubs à miser sur la détection, cette Ligue Jeunes donne la bonne direction à suivre. Non seulement pour la Côte d'Ivoire, mais très certainement pour d'autres nations africaines. Pour le public, c'est aussi l'assurance de découvrir de nouveaux talents, le Championnat étant parfois bien ennuyeux en termes de spectacle. A ce titre, la première victoire de l'ASEC (2-1 sur le Stade) a permis aux supporters de faire connaissance avec la nouvelle vague des Académiciens... qui alignaient une formation composée de U18.
Frank Simon, à Abidjan 
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