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Coupe de France : Granville, vis ma vie de qualifié

Robin Théault, l'attaquant de Granville, leader de CFA 2, raconte, comme quatre autres acteurs du club normand, ce qui a changé dans son quotidien depuis la qualification pour les seizièmes de finale de la Coupe de France (contre Sarreguemines, 18h00).

Robin Théault

Attaquant
Au club depuis 2011

«Déjà, le soir de la qualification (samedi 2 janvier, 2-1 contre Laval, L2), on a fait une grosse soirée. D’abord au restaurant, puis on est allé au casino du président (Dominique Gortari, qui co-préside avec Fabrice Clément) qui avait privatisé tout l’étage de la boîte de nuit. On s’est rattrapé du réveillon du 31. Je suis rentré vers 6 heures et on a fait un after chez moi jusqu’à 8 heures du matin ! Le coach était bien chaud et les présidents aussi. Ils sont montés quelques fois sur le podium et sur le bar, c’était marrant.

Le mardi, on reprenait l’entraînement. C’est un retour aux sources, il n’y avait pas de supporters, on retournait dans la boue, dans la galère. Ça nous a permis d’oublier un peu ce parcours en Coupe pour se reconcentrer sur le Championnat. Les jeunes que j’entraîne au sein de ma section sportive m’ont dit plein de mots gentils, ça fait chaud au cœur. Quand je vais dans le centre-ville, on me regarde sans forcément me parler mais on me reconnaît, ça fait bizarre. Il faut profiter de ces moments-là car c’est rare dans le monde amateur. Mon père n’arrête pas de me dire de savourer (*) »

(*) Pascal Théault, ancien joueur et entraîneur à Caen, qui vient de sortir un livre «Je suis né à Malherbe»

Johan Gallon

Ancien meneur de jeu devenu entraîneur
Au club depuis 2013

«On a vraiment pris du plaisir contre Laval au tour précédent en partageant notre bonheur avec le public. Des gens que je ne connaissais pas m’ont enlacé, m’ont embrassé. Dans la rue, on m’interpelle, on vient me parler, me féliciter…Ça crée un engouement populaire extraordinaire. Pour les joueurs, c’est un grand moment. Votre journal, par exemple, ne vient pas tous les jours nous voir. C’est vous, mais c’est aussi RTL, France Football, Téléfoot ! Je sais que tout ça est éphémère. Après l’élimination, il n’y aura plus personne. Il ne faut donc pas s’enflammer ni perdre trop d’énergie avant le match. On doit la garder pour ce match face à Sarreguemines. Quand on voit l’engouement en ville avec des vitrines de boutiques réalisées à nos couleurs, ça doit nous transcender, pas nous donner la trouille.»

Fabrice Clément

Co-président depuis 2007

«L’emballement ? On a pu le voir sur le plan de la billetterie. C’était juste lunaire. On l’a fait en deux temps. Le second volet concernait 150 places supplémentaires mises en ventes au Leclerc. Les gens sont arrivés à 5 heures du matin alors que la vente débutait à 9 heures… Ce sont des billets pour un match face à Sarreguemines à 5 euros, ce n’est pas PSG-Barcelone ! Rien que ça, c’était étonnant. On aurait pu vendre 2 à 3 000 places de plus. Autour de nous, on ne parle que de ça : les salariés de nos entreprises mais aussi dans les magasins ou au restaurant. J’étais dans une boutique d’ameublement il y a quelques jours et des gens m’ont félicité puis demandé des places. On m’a appelé cette semaine pour savoir si je voulais assister au tirage au sort. Moi, je ne suis pas qualifié, donc on n’y est pas allé. Je ne ferai pas de commentaires sur l’adversaire (Bourg-en-Bresse, L2). C’est arrogant et si vous êtes éliminés, vous aurez l’air fin ! Avant samedi soir, il ne se passera rien.»

Cédric Yver

Chocolatier, partenaire et sponsor du club

«Je m’étais dit que si on gagnait contre Laval, je ferais quelque chose sur le thème blanc et bleu, les couleurs de l’US Granville, car c’est historique pour le club et la ville. Dès qu’on s’est qualifiés, j’ai réfléchi aux créations que je pouvais réaliser. J’ai installé la vitrine en fin de semaine dernière, le 15 janvier exactement, il m’a donc fallu une dizaine de jours. J’ai créé des ballons, des maillots, des chaussures aux chocolats noir et blanc. Ca a pas mal marché, on a fait pas mal de ventes. Certains produits sont en rupture de stock comme le triptyque de ballons aux trois chocolats. Je suis sûr que si on se qualifie d’autres commerçants vont suivre derrière. Que faire de plus si on passe ? Je n’y ai pas encore pensé mais si on affronte le PSG, je ferai peut-être un Zlatan en chocolat !»

Thibaut Malherbe

Supporter et co-fondateur du kop granvillais

«On a crée le kop car au stade Louis-Dior, ce sont des spectateurs qui ne sont pas acteurs. Même quand ils jouaient à domicile, les joueurs se sentaient à l’extérieur. On veut que les joueurs montent en CFA et aillent loin en Coupe de France. On a lancé le truc après le match face à Dives (DH, 2-0, 7e tour, 14 novembre). Résultat, la tribune commence à chauffer. Contre Laval, tout le monde était debout ! Les joueurs ne le savent pas mais on a travaillé dur pour samedi. On a peint, on a fait des beaux tifos, des drapeaux. Tout est prévu.»
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