Ligue 1 - Marseille-Nice

Dassier : «Et Ben Arfa a viré tout ce qui était sur le bureau»

En marge des retrouvailles entre Ben Arfa et Marseille, dimanche (1-0 pour Nice), Jean-Claude Dassier, président de l'OM quand HBA honorait l'écusson olympien, raconte le moment où il a reçu le joueur dans son bureau avant son départ. Tout en restant un fan de l'international.

«Ben Arfa à Marseille me rappelle une période qui n’a pas été si facile. Avec des difficultés, des incompréhensions. On ne s’y est pas très bien pris. Moi le premier. L’épisode du bureau n’est pas une légende, ça a bien sûr existé. À l’époque, je pense qu’on a été un peu responsable avec Didier Deschamps. (Mamadou) Niang venait de partir (à Fenerbahce) alors que Deschamps n’était pas d’accord avec ça. J’avais finalement pris la décision de le laisser partir. Mais les relations entre Deschamps et Ben Arfa n’étaient pas des meilleures. Je crois que ça s’est amélioré depuis mais c’est vrai qu’ils se parlaient à peine.
«Mon garde du corps est arrivé paniqué, croyant que ma vie était en danger.»
À l’époque, j’essayais d’arbitrer et de faire en sorte que cela ne se passe pas trop mal. Mais le courant n’est pas passé, et en fin de saison, Ben Arfa affirmait et prétendait que Deschamps lui avait promis de le laisser partir. Et comme Niang a été transféré, Deschamps a voulu gagner du temps et a changé un peu d’avis. J’ai décidé de le soutenir à l’époque. Après un soir d’entraînement, je me souviens avoir dit que Ben Arfa faisait partie de l’effectif. Mais on était arrivé à cette situation de blocage. L’offre que nous avions n’était pas satisfaisante. Deschamps ne voulait pas le laisser partir. J’avais donc provoqué une réunion avec l’avocat de Ben Arfa et son homme de confiance pour essayer d’arranger les choses. (il explose de rire) Et puis Ben Ara est arrivé. On n'a même pas eu le temps d’ouvrir la bouche que Ben Arfa a posé son bras sur mon bureau et a viré tout ce qu’il y avait dessus : les journaux, les stylos, les crayons. Il m’a dit quelque chose du genre : "Ce n’est pas convenable ce que vous faites, vous m’aviez promis de me laisser partir. De toute façon, je ne fous plus les pieds à l’entraînement. Je ne rejouerai plus jamais pour l’Olympique de Marseille." Mon chauffeur et garde du corps est arrivé, paniqué, croyant que ma vie était en danger. Ce qui n’était évidemment pas le cas. Juste derrière, notre ami Ben Arfa a fait demi-tour et est parti. Ça n’a pas duré bien longtemps.

«Il n'était pas le seul à être un peu fantasque»

Ça ne m’a pas affolé, la preuve, je me marre encore en y pensant. Quelques jours après, avec Deschamps, on a convenu qu’on ne pouvait pas le garder. C’est une règle générale d’ailleurs : il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de garder un joueur quand il a décidé de partir, même s’il est encore sous contrat chez vous. Ça ne servait à rien de s’entêter. On a donc eu une offre de prêt avec une promesse d'achat (de Newcastle), et il est parti. Non, ce n’est pas un enfant gâté. Il n’était pas le seul à être un peu fantasque. Il y avait des problèmes d’entourage, de jeunesse. Désormais, il a 28 ans, à l’époque, il n’en avait que 23. Vous savez, il n’y a pas que les joueurs de football qui pètent les plombs quand la réussite, l’argent et la notoriété leur arrivent brutalement. C’est parfois difficile à assumer. Depuis, je l’ai revu au Trocadéro, le jour du lancement de BeIN Sports où on s’est embrassés, on a discuté dix minutes et je suis très heureux qu’il soit de nouveau en équipe de France.

«Il fait des choses que les autres ne savent pas faire»

Il fait le bonheur de Nice et ça me fait plaisir. C’est un joueur avec un talent rare. Il a une patte gauche exceptionnelle. Il a des défauts et des qualités, comme tout le monde. Il fait des choses que les autres ne savent pas faire donc j’espère qu’il va persévérer et réaliser une belle saison. Il me paraît aminci, stabilisé. Je l’ai entendu à deux ou trois reprises dans des interviews, il me paraît bien dans sa peau et dans sa tête. Il fallait que les années passent, ce n’est ni le premier ni le dernier à qui cela est arrivé. J’en garde un bon souvenir car j’aime les joueurs singuliers. Mon seul regret, c’est qu’il aurait pu mieux démarrer en France, que ce soit à Lyon ou à Marseille. C’est la vie, c’est le football.»
Timothé Crépin 
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Liks69 9 nov. à 13:10

13000 vues et pas un commentaire de rageu.. Je suis supp OL, et ben arfa a toujours été une pépite incontrôlable. Content pour lui qu'il semble murir, mieux vaut tard que jamais.