Ligue 1 - 20e journée

Djibril Sidibé : «J'aimais bien les petits ponts»

Un coup à droite, un coup à gauche, Djibril Sidibé est l'homme à tout faire de la défense du Losc. Plutôt efficace cette saison (3 buts en Ligue 1), le natif de Troyes parle projection, espace et coulissement. A 23 ans, le latéral ne compte pas s'arrêter là.

«Droite ou gauche, dites-nous, quel est votre vrai poste ?
J’ai joué en attaque quand j’étais enfant. En préformation, j’ai ensuite alterné aux postes de milieu défensif et d’arrière central. Au fur et à mesure des saisons, j’ai basculé à droite avec Jean-Marc Furlan. C’est là que je me sens le mieux. J’aime bien partir de plus bas car j’ai une vision plus importante et j’ai le temps d’analyser avant de passer à l’action.
 
Avoir joué à tous les postes en jeunes, c’est la condition du “latéral moderne” ?
Cela dépend de la culture du pays, du club et de l’entraîneur. Avant tout, un défenseur doit savoir bien défendre. Il faut qu’il sache bien coulisser, refermer (son couloir), travailler avec son arrière central et bien communiquer avec son milieu de terrain. Tout cela permet de contre-attaquer et d’avoir un apport offensif, très important pour l’équipe.
 
Comme contre Lorient (18e journée, 3-0), à la 84e minute, où vous interceptez le ballon, faites un une-deux avec Sofiane Boufal puis concluez après un crochet plein de sang-froid, c’est le but qui vous représente le mieux?
J’aime bien contre-attaquer et percuter, c’est l’un des critères qui caractérise mon jeu. Tout en étant vigilant pour bien défendre et assurer mes arrières. A partir du moment où je sens le coup, j’ai cette capacité à me propulser vers l’avant et surtout à bien finir les matches. Avec des joueurs techniquement doués autour de moi comme Sofiane (Boufal), Yassine Benzia et les autres, c’est plus facile.
 
Vous dites analyser le jeu, sur votre but contre Bastia (13e journée, 1-1), vous repiquez dans l’axe pour éviter d’être hors-jeu, comment cela se passe dans votre tête ?
J’ai eu la chance de jouer avec Mounir Obbadi (NDLR : passeur décisif sur ce but) pendant trois saisons. On avait donc nos repères. Quand Mounir a le ballon, il sait très bien que je vais m’écarter, prendre de la marge sur le latéral et repiquer. Ce sont des enchaînements qu’on a répétés. Dans ces cas-là, je sais qu’il va essayer de casser une ligne pour rechercher, s’il ne peut pas l’attaquant, plutôt le latéral qui a plongé. En l’occurrence, quand il a contrôlé, j’ai su immédiatement qu’il allait chercher un espace pour me la mettre. 
 
Et vous frappez en première intention, c’était calculé?
Dans la surface je ne me pose pas de questions, j’essaie de mettre un plat du pied, un croisé. Avant, j’essayais de chercher la lucarne mais j’ai beaucoup discuté avec les gardiens qui m’ont dit que le plus difficile pour eux c’est au sol, fort et au niveau du poteau.
 
Furlan me répétait souvent : "Attention Djibril, tu es défenseur"
Sur le plan de la rigueur tactique et par rapport à votre penchant pour l’offensive, y a-t-il un entraîneur qui vous a dit : “Attention, Djibril tu es défenseur”?
(Rires) Au début, c’était un peu compliqué avec Jean-Marc Furlan. Il me le répétait et on travaillait avec les séances vidéos. J’ai compris et corrigé petit à petit. La L1 demande encore plus d’exigences mais j’ai continué la vidéo avec les conseils de Rudi Garcia, son adjoint et les joueurs plus expérimentés. Aujourd’hui, je suis content mais j’espère ne pas m’arrêter là.
 
Vu votre registre, vous rêveriez de jouer en Premier League ou en Liga?
Ces deux Championnats me plaisent. En Angleterre, le jeu est bien plus ouvert, il y a  beaucoup d’intensité et d’engagement. Là-bas, dix équipes peuvent être championnes. L’Espagne me plaît aussi, c’est un Championnat basé sur la conservation, avec beaucoup d’intensité. Je marche étape par étape, beaucoup de joueurs sont partis assez jeunes sans avoir totalement le bagage nécessaire pour s’imposer dans ces Championnats. Si un jour j’estime, avec mes entraîneurs et mon entourage, que j’ai les provisions pour y aller, ce serait un grand plaisir.
 

«Alves, Maicon, Ramos, c'est le top !»

Vous avez 23 ans, vous avez grandi avec les vidéos de compilations Youtube, comme bon latéral vous regardiez celles de Lilian Thuram?
Je ne dirais pas trop ça ! (rires) J’ai grandi dans un quartier, j’aimais bien regarder les petits ponts, les coups-francs de Juninho ou de Ronaldinho. Quand on est jeune, c’est le spectacle qu’on aime. Après, en fonction de son poste, on travaille à l’entraînement, on essaie de se comparer, on voit qu’on a une grande marge de progression. Daniel Alves, Maicon, Sergio Ramos, c’est le top ! La différence se fait au niveau de l’exigence individuelle, de la concentration, de la technique et de la tactique.
 
S’il fallait en sortir un, qui serait le modèle de latéral droit à suivre aujourd’hui?
Je dirais un mix de… (il réfléchit) C’est assez compliqué ! On peut parler de la qualité tactique de Lahm, de la technique de Dani Alves, de la puissance de Maicon ou de l’impact physique de Sergio Ramos. Après, on essaie de prendre un peu de chacun des défenseurs.

Votre mission est donc de faire le cocktail de tous ces joueurs-là?
On va dire ça comme ça (rires).»
Florian Perrier 
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