loko (patrice) (undefined. Lecoq andre/L'Equipe)
Ma première fois en Bleus (1/5)

Equipe de France : Patrice Loko raconte sa première fois en Bleus, «Ça m'a fait du bien moralement pour oublier le décès de mon enfant»

Kylian Mbappé, Benjamin Mendy, Corentin Tolisso, Tiémoué Bakayoko et Florian Thauvin font tous leur première en équipe de France cette semaine. Un moment forcément particulier. Des anciens racontent ce souvenir indélébile. Premier volet avec Patrice Loko.

Lorsqu'il apprend sa sélection

«À l'époque, c'est votre club qui vous l'annonce. Mais la semaine qui précédait la liste, il y avait déjà des "on dit". Mon club (Nantes) m'avait alors expliqué que j'allais peut-être en faire partie. On m'avait donc un peu préparé. Ensuite, j'ai appris que j'y étais vraiment dans la presse. C'était une surprise, forcément, dans le sens où on ne s'y attend jamais. Quand j'étais à Nantes, ma saison était plutôt bonne, c'était la première fois que mon début de saison était aussi bon. Je faisais partie des meilleurs attaquants français à ce moment là. Quand on est jeune, on croit toujours que l'équipe de France va arriver plus tard. Finalement, j'ai dû attendre mes vingt-deux ans pour ça. C'était une immense fierté d'y être. Surtout que je sortais d'une mauvaise période. J'avais perdu un enfant un mois plus tôt. Moralement, ça m'a fait du bien de savoir qu'on comptait encore sur moi. J'étais fier que le sélectionneur me fasse confiance. On avait une équipe extraordinaire, avec Papin, Cantona, Ginola. Quand vous êtes le quatrième, vous savez que vous êtes reconnu à votre juste valeur.»

Son arrivée à Clairefontaine

«La première fois que je mange à Clairefontaine avec le groupe, Cantona m'a pris à part et m'a demandé de ne pas être impressionné, d'être moi-même, de jouer comme je sais le faire. J'avais bien aimé cette petite phrase, surtout que je ne le connaissais pas personnellement. Il était le plus expérimenté et il m'a tout de suite aidé. Canto ne m'a jamais déçu.»

Les premiers mots du sélectionneur

«C'est difficile de me souvenir des mots exacts de Gérard Houllier. Mais c'était quelque chose du genre : "Tu as passé une période difficile, tu vas remonter la pente, ça va te booster d'être avec nous, tu le mérites." C'était gentil. Il aurait très bien pu ne pas me prendre puisque je n'étais pas dans les meilleures conditions. Mais il voulait sûrement m'appeler depuis un moment... Ça m'a en tout cas permis de penser à autre chose. Je me suis concentré sur mes copains ! Houllier ? J'en garde un bon souvenir. C'est quelqu'un de très humain, il connaît très bien le foot.»

Ses premières minutes avec le maillot bleu

«J'ai disputé un match amical face au Sporting au Portugal, où je suis entré à quinze minutes de la fin, mais je crois qu'il n'a pas été pris en compte. Donc le premier match officiel, c'était en Israël (0-4, 17 février 1993, dans le cadre des éliminatoires au Mondial 1994). Mais je ne me souviens pas précisément des rencontres, je me rappelle davantage des préparations, des déplacements et de l'ambiance du groupe. Il n'y avait pas que le foot et les matches. Après cette première expérience, j'avais vraiment envie d'enchaîner avec l'équipe de France. Quand on est appelé, on est content, bien sûr, mais on se dit qu'il ne faut plus sortir de ce groupe. On a tout de suite envie d'y revenir.»

Timothé Crépin
Réagissez à cet article
500 caractères max