(L'Equipe)
CM - Les 100 de FF

Fabien Barthez (France), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

12 mars - 14 juin : dans exactement 94 jours débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Septième épisode avec Fabien Barthez.

Son histoire avec la Coupe du monde

Trois participations. Trois fois en tant que numéro 1. Deux finales. Une étoile. L'histoire entre la Coupe du monde et Fabien Barthez est riche. Apparu pour la première fois avec un maillot bleu en mai 1994, le "divin chauve" prend rapidement place dans les buts de l'équipe de France. C'est tout naturellement qu'Aimé Jacquet en fait son titulaire pour le Mondial 98 dans l'Hexagone. Et si l'ensemble des joueurs de champ fait au moins une apparition pendant le tournoi, Lama et Charbonnier restent sur le banc durant l'intégralité de la compétition, avec un Barthez dans les cages à chaque fois. Pour deux petits buts encaissés, sur penalty, face au Danemark, et devant Süker en demi-finale contre la Croatie. Quatre ans plus tard, Barthez et la France redescendront sur terre avec une élimination au premier tour, dont ce but encaissé face à Bouba Diop. En 2006, à 35 ans, Barthez, qui a repris sa place dans le but français moins de huit mois plus tôt, revient en finale avec les Bleus. Avec un dénouement frustrant puisqu'il ne parvient pas à repousser le moindre tir au but italien en cette nuit berlinoise du 9 juillet. Sa carrière internationale, et son parcours en Coupe du monde, se terminent sur une défaite douloureuse.

Le moment marquant

Plus qu'un moment marquant, c'est une image qui est restée dans la légende des finales de la Coupe du monde. 31e minute d'un France-Brésil pour le moment sans but. Un long ballon vers la surface des Bleus, des Thuram et Desailly en retard, et un Ronaldo qui arrive à toute vitesse sur Barthez. Ce dernier intervient en premier et repousse le cuir, avant de percuter violemment le Brésilien. La séquence fera évidemment le tour du monde avec un Ballon d'Or en titre à terre et qui restera muet pendant les 90 minutes.
Barthez percute Ronaldo. (Uwe Speck/WITTERS/PRESSE SPORT/PRESSE SPORTS)
Barthez percute Ronaldo. (Uwe Speck/WITTERS/PRESSE SPORT/PRESSE SPORTS)

Le chiffre : 17

Son nombre de matches disputés en Coupe du monde ! Un record chez les joueurs français. Dix-sept rencontres, dont dix sans encaisser le moindre but.

L'archive de FF

Le 14 juillet 2006, cinq jours après la défaite face à l'Italie, FF écrit : «Fabien Barthez est resté longtemps adossé à son poteau, le regard sur ce stade de Berlin, sur les Italiens ivres de bonheur, sur ses coéquipiers cherchant le réconfort. Il est resté seul, comme il l'avait été durant cette séance de tirs au but où il sera resté impuissant. C'était son 17e et dernier match de phase finale en Coupe du monde. Son dernier en sélection ? Il y a deux ans, au moment où il s'interrogeait sur son avenir en sélection, il avait annoncé la fin de sa carrière internationale en 2006. Depuis, il n'est jamais revenu sur le sujet, déployant toute son énergie à tenir sa place, à la reconquérir au plus fort de sa rivalité avec Grégory Coupet. Il a débuté le tournoi sans club, sans connaître son avenir, simplement tourné vers cet ultime défi. Parce que "la vie est belle, on fait un métier fantastique. Et une Coupe du monde, c'est quelque chose d'extraordinaire qui n'a lieu que tous les quatre ans. Alors, il faut en profiter !" A l'abri derrière sa muraille bleue, il n'aura pas eu grand-chose à faire durant ce tournoi : treize arrêts en sept rencontres (...) On pourra toujours considérer qu'il n'a pas été serein dans toutes ses interventions, qu'il n'a pas été aussi décisif que par le passé, que Grégory Coupet aurait certainement fait aussi bien, Barthez n'a rien à se reprocher, mais le sort a choisi l'autre camp. Adossé à son poteau, il est resté sonné par cette concentration de tous les instants, cette attente frustrante et usante à la fois d'un ballon toujours plus insaisissable. Il a fait le plein de souvenirs, d'images, avant que Bruno Martini ne vienne le relever. Avant de retrouver une autre bulle, privée celle-ci. Seul joueur absent des festivités de l'Elysée et de la Concorde, Barthez a retrouvé son monde, loin de l'agitation collective
Timothé Crépin

Les épisodes précédents

Réagissez à cet article
500 caractères max
patochemax 12 mars à 23:32

Un monument du foot ! Qui sait gerer la pression inhérente a son poste comme aucun autre gardien