Anniversaire

Fêtons les 50 ans de Hristo le fou !

Ce lundi, le Ballon d'Or France Football 1994, Hristo Stoitchkov, fête ses 50 ans. L'occasion pour France Football de revenir sur des anecdotes qui ont fait le sel de la carrière du fantasque bulgare.

La fois où Hristo a mis en danger sa carrière

19 juin 1985. Au stade Vasil Levski, l’affiche est belle. En finale de Coupe de Bulgarie, le Levski Sofia affronte son rival honni issu de la même ville, le CSKA, dans un derby qui sent la poudre. L’arbitrage a des allures de comédie et ça ne plait pas du tout aux joueurs du Levski. Ces derniers lancent même un assaut contre l’arbitre et la tension est à son maximum en fin de match. Et ce qui devait arriver arriva… Une bagarre générale éclate et au beau milieu se trouve un gamin de 19 ans qui porte les couleurs du CSKA, un certain Hristo Stoitchkov. Déclaré coupable et faisant partie intégrante de la rixe, le futur Ballon d’Or prend tarif de la part des autorités communistes : suspension à vie ! Après mûre réflexion, les différents comités décident finalement d’alléger la peine à quelques mois. Ouf ! On a failli ne pas connaître le grand Hristo et ça s’est joué de peu.

La fois où Hristo a mis à mal un arbitre

Stoitchkov n’aime pas l’injustice. Séché par Chendo le long de la ligne en finale de Supercoupe d’Espagne lors de la saison 1990-91 face au Real Madrid. L’international bulgare se relève directement et semble déconcerté. Sur son banc, l’entraîneur culé Johan Cruyff, fait des bonds et enrage. Rouge direct pour le Batave ! Le sang (chaud) de Hristo ne fait qu’un tour. Il se rapproche de l’arbitre et écrase délibérément son pied droit avec ses crampons. Faut pas chauffer Hristo…   

La fois où Hristo a dépassé les bornes

  
Stoitchkov n'a pas hésité à insulter Desailly. (L'Equipe)
Stoitchkov n'a pas hésité à insulter Desailly. (L'Equipe)
La France et Stoitchkov, c’est une grande histoire. Après la bataille du Parc des Princes en 1993 et la qualification incroyable de la Bulgarie pour la Coupe du monde 1994 aux Etats-Unis, les deux escouades se retrouvent pour une rencontre officielle à l’Euro 1996. Sur la pelouse de Saint James’ Park, les Bleus tiennent leur revanche en battant l’équipe de Dimitar Penev (3-1). Un duel de choc se déroule à Newcastle entre Hristo Stoitchkov et Marcel Desailly. Coups d’épaule, tacles sévères et intimidations sont les bienvenus pour déstabiliser l’adversaire. De bonne guerre. Mais l’international bulgare va pourtant trop loin en s’en prenant au défenseur tricolore : «Tu sais que les gosses crèvent de faim dans ton pays ?». Il continue dans un tourbillon de haine quelques minutes plus tard : «Noirs de merde. Peau de merde». Stoitchkov confirme les propos en après-match en se justifiant et en avouant que pour lui, «c’est normal que ce genre de choses arrivent sur un terrain.» Le natif de Plovdiv s’en sort sans sanctions, ni suspensions. 

La fois où Hristo a craché au visage d'un arbitre français

Hristo Stoitchkov n’oublie jamais. Le Bulgare a de la mémoire et n’a pas tendance à pardonner aux gens, même des dizaines d’années plus tard. Fin 2011, l’ancien Barcelonais se confiait à la chaîne nationale BTN. Dans la galerie des souvenirs, entre victoires, buts, trophées et sorties en boîtes de nuit, Stoitchkov s’est remémoré la demi-finale de la Coupe du monde 1994 contre l’Italie et l’arbitrage d’un certain Joël Quiniou. «Enfant, je rêvais de devenir joueur de football, de remporter le Ballon d'Or, le titre de meilleur buteur dans une Coupe du monde. Tout cela s'est réalisé, précisait Stoitchkov avant d’embrayer. Mon plus grand rêve de footballeur a cependant été brisé par un arbitre français. Je ne lui pardonnerai jamais.» En cause, une main d’Alessandro Costacurta qui n’a pas été sifflée dans la surface. «Il s'est moqué de moi, des entraîneurs, de tout le peuple bulgare. Je l'ai vu après le match aux Etats-Unis et je lui ai craché au visage devant tout le monde», l’honneur est sauf…

La fois où Hristo a brisé la jambe d'un joueur

En 2003, à 37 ans, Hristo Stoitchkov termine tranquillement sa carrière aux Etats-Unis au DC United. Figure de proue d’un Championnat qui ne décolle pas médiatiquement, le Bulgare est censé montrer l’exemple et promouvoir le soccer dans un pays si attaché à «son» football qui se joue avec les mains. Pourtant, lors d’une rencontre amicale contre une équipe universitaire, Stoitchkov dégoupille. Sur la pelouse, il peste violemment contre l’arbitre de touche qui, selon lui, n’a pas vu le hors-jeu lors du but de l’égalisation des jeunes footballeurs (1-1). Sur le coup d’envoi, Freddy Llerena, 19 ans, pousse le cuir un peu trop loin. L’ancienne gloire arrive comme un dératé et tacle les deux pieds décollés. Le gamin de l’équipe universitaire s’écroule de douleur au sol et hurle. L’idole bulgare se rend très vite compte de sa boulette… Il fond en larmes aux côtés de Llerena et se morfond sur le banc de touche pendant des minutes, le temps de l’évacuation. Mais le mal est déjà fait. Le tibia et le péroné sont brisés. «Il n’y a aucune excuses pour Stoitchkov. Je ne sais pas ce qui lui est passé par la tête. C’était criminel comme tacle», déclarera Todd, l’entraîneur de l’équipe universitaire. Stoitchkov s’excusera à plates coutures et le Llerena reprendra une petite carrière après cette terrible blessure.  

La fois où Hristo avait des allures de gamin

  
La star bulgare n'a pas hésité à jouer les groupies. (L'Equipe)
La star bulgare n'a pas hésité à jouer les groupies. (L'Equipe)
A l’occasion des 50 ans du Ballon d’Or en 2005, France Football avait organisé une grande fête à Paris en réunissant tous les grands lauréats depuis la création du trophée individuel le plus convoité. Pour applaudir le tout frais vainqueur Ronaldinho, mais aussi les légendes Kopa, Cruyff, Facchetti… Stoitchkov est au premier rang. Comme un enfant à qui l’on présente ses idoles de toujours, le Bulgare n’hésite pas à faire le tour des tables pour faire signer son exemplaire du livre de FF «Les 50 ans du Ballon d’Or» offert à tous les vainqueurs. Rafraîchissant.

J.T. (avec P.S.)
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