Franco Baresi (L'Equipe)
CM - LES 100 DE FF

Franco Baresi (Italie), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

11 mars - 14 juin : dans exactement 95 jours débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Sixième épisode avec Franco Baresi.

Son histoire avec la Coupe du monde

L'anecdote n'est pas banale : Franco Baresi est devenu champion du monde sans n'avoir jamais porté le maillot de la sélection italienne. C'était en 1982, lors du Mondial espagnol. Baresi, à peine 22 ans, commence doucement à devenir un pion essentiel au sein de son Milan AC, l'unique club de sa grande et belle carrière. Retenu par Enzo Bearzot, il voit Gaetano Scirea tenir la baraque pour offrir un troisième titre à la Nazionale. Boudé par le sélectionneur en 1986, il devient petit à petit un rempart indispensable aux siens, notamment lors de la Coupe du monde 1990. L'Italie n'encaisse d'ailleurs son premier but qu'en demi-finales face à l'Argentine (Caniggia). S'il convertit son tir au but, Serena et Donadoni échouent. La Nazionale est éliminée. Pas vraiment verni, c'est une nouvelle fois à la loterie que Baresi et l'Italie échoueront quatre ans plus tard (voir ci-dessous).

Le moment marquant

23 juin – 17 juillet : vingt-cinq jours séparent ses deux dates de l'année 1994. Une durée suffisante pour que Franco Baresi se blesse au ménisque face à la Norvège (il sort dès la 49e minute, remplacé par Luigi Apolloni) lors de la phase de poules, pour qu'il se fasse opérer et pour qu'il soit aligné pour la finale du Mondial américain sur la pelouse du Rose Bowl de Pasadena. Une histoire toute aussi incroyable pour un acte héroïque. Surtout que la légende du Milan AC, sans aucune genouillère, offre ce soir-là une prestation de choix. Solide comme jamais face à la doublette Bebeto-Romario, il ne fuit pas ses responsabilités et s'avance comme premier tireur lors de la malheureuse séance de tirs au but qui verra le Brésil être sacré. Mais sa finale est gâchée par une tentative ratée (au même titre que Massaro et Baggio après lui). Il termine son histoire avec le Mondial à genoux dans la surface de Taffarel.

Le chiffre : 0

Comme son nombre de cartons jaunes reçus en dix matches de Coupe du monde.

L'archive de FF

En 1990, avant le début du Mondial, au sujet d'un Franco Baresi qui va enfin disputer un Mondial, FF écrit : «Franco Baresi est né deux fois. La première, il y a trente ans, à Travagliato, un patelin de Lombardie à vingt bornes de Brescia. La seconde au lendemain du Mundial 86, lorsque Vicini a pris en main l'équipe d'Italie. Son drame jusqu'alors ? 1. En sélection, Scirea était indéboulonnable au poste de libero. 2. Il n'était pas dans les petits papiers de Bearzot. Gênant. ''Dès le départ, il y a eu divergences de vues entre nous. Lui me préférait dans un rôle de milieu défensif. C'est-à-dire confiné dans un secteur très limité.''
Considéré comme un simple intérimaire ou, au mieux, comme un vague recours (9 sélections de décembre 1982 à mai 1984), il ne fut même pas du voyage mexicain (1986), où Bearzot lui préféra Tricella pour doubler Scirea. Il saura néanmoins tirer parti de cette rebuffade, profiter de l'échec de la Squadra et forcer son destin : quatre ans plus tard, Baresi est aujourd'hui une référence et un monument, sa cote dans les sondages de popularité est au plus haut. Silvio Berlusconi dit de lui : ''C'est la bandiera du Milan AC, son essence et son âme. Il n'a pas de prix. Il est au club depuis quinze ans, titulaire depuis dix ans : c'est le meilleur joueur technique du Milan et du monde.'' Les Italiens, eux-mêmes, assurent à présent qu'il est le libero le plus fort qu'ils aient jamais eu sous la main.»
Timothé Crépin

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