Gameiro/Photo prise le 18 février 2016/REUTERS/? Marcelo del Pozo / Reuters (232547+0000,/Reuters)
Bleus

Gameiro : «Deux chances sur dix de revenir chez les Bleus»

Troisième meilleur buteur français en Liga, juste derrière Benzema et Griezmann, Kevin Gameiro n'a jamais été appelé par Deschamps. Une situation que l'attaquant du Séville FC essaie de comprendre.

«Etes-vous stressé avant l’annonce de la liste, la dernière avant celle pour l’Euro, jeudi ?
Je ne suis ni stressé, ni impatient. Je ne regarde de toute façon jamais l’annonce des listes. On me tient au courant. Bien sûr, je suis obligé d’y penser. Mais je ne vais pas m’arrêter de vivre si je n’y suis pas. Et si, là, ça ne fonctionne toujours pas, je ne peux pas faire beaucoup mieux…
 
Sur une échelle de un à dix, combien de chances vous donnez-vous de revenir chez les Bleus?
(Rires). C’est très dur. Je dirais deux.
 
Vous avez trente secondes pour convaincre Deschamps, que lui dites-vous ?
Je lui dirais simplement de regarder mes stats (13 buts en 26 matches de Liga cette saison). La vérité est là. Mais je ne veux pas entrer dans le jeu de la médiatisation. Ce n’est pas à moi de me vendre. Didier Deschamps sait que je suis là. Il connaît mes qualités et mes défauts.

«Certains font campagne, d'autres sont plus discrets...»

Sauf qu’une convocation, ça peut aussi se jouer sur la communication...
Peut-être, oui. Mais, c’est ma personnalité, je suis réservé. Je n’aime pas me montrer, m’afficher. C’est comme ça. Je reste comme je suis. Le plus important, c’est le terrain. Certains font campagne, d’autres sont plus discrets...

Pour une sélection, ça ne vaut pas le coup de se forcer un peu ?
Je fais des interviewes, parce que ça fait partie de mon travail. Mais je n’aime pas vraiment ça. Je n’aime pas me mettre en avant. C’est difficile de changer. Je n’aime pas parler. Je ne suis pas quelqu’un qui va se confier tous les deux jours à la presse, qui va montrer sa tête à la télé. Ce n’est pas mon style.

Tirer un trait sur la sélection, ça vous a déjà traversé l’esprit ?
Non, non, je ne suis pas dans cet état d’esprit-là. Je suis persuadé qu’en faisant le travail, en continuant à bosser, ça finira par payer. Même si je ne suis pas dans la prochaine liste, je continuerai d’y croire. Il m’en faut plus pour arrêter d’y penser.

Franchement, savez-vous pourquoi n’êtes-vous pas appelé en équipe de France ?
Je n’en sais rien. Il faut demander ça au sélectionneur. Je ne suis pas dans sa tête. C’est à lui de vous donner des réponses.

Avez-vous votre place dans cette équipe ?
Ma place, je ne sais pas. Mais je mérite au moins d’avoir ma chance.
Gameiro, c'est déjà 13 buts en 26 matches de Liga cette saison... (Juan Guerra/CORDON/PRESSE SPOR/Presse Sport)
Gameiro, c'est déjà 13 buts en 26 matches de Liga cette saison... (Juan Guerra/CORDON/PRESSE SPOR/Presse Sport)

«Je suis peut-être un peu sous-coté»

Si on ne me donne pas l'occasion de montrer ce que je peux faire...
Attendez-vous encore un signe de Deschamps ?
Je n’ai jamais eu de relations avec lui ou son staff. Depuis qu’il a pris la tête de l’équipe (NDLR : en juillet 2012), jamais il ne m’a appelé. On verra comment ça évolue… Je suis là, je marque des buts tous les week-ends. Je ne peux pas forcer le sélectionneur à me prendre. Si on ne me donne pas l’occasion de montrer ce que je peux faire… S’il a déjà son groupe, ses joueurs, ça sera difficile pour moi. En club, tu as toujours l’occasion de forcer les décisions parce que ton entraîneur te voit évoluer au quotidien, il évalue ton degré d’implication, mais en sélection, tu ne peux pas faire bouger les choses.

Vous trouvez ça injuste ?
Je ne peux pas dire que je le vis mal, mais je suis peut-être un peu sous-coté. Séville n’est pas un club ni très connu, ni très suivi en France. C’est quelque chose qui me dessert certainement aussi.

Que pensez-vous pouvoir apporter aux Bleus ?
Je pourrais leur apporter ma vivacité, mon sens des déplacements, mon sens du but. Tout ce qui fait ma force aujourd’hui. Mais il ne faut pas oublier que je sais également être très performant en tant que «super-sub», comme certains m’appellent parfois (rires). Ça peut aider, en Bleu.

Avez-vous des contacts avec certains internationaux ?
Seulement Blaise Matuidi. Les autres, non pas vraiment.

«Je suis parti du PSG la tête haute»

Ne regrettez-vous pas, finalement, d’être parti du PSG voilà trois ans ?
Non pas du tout. A un moment donné, il a fallu faire des choix. Au PSG, c’était bouché. La dernière année où j’y étais, je n’ai pas beaucoup joué (25 matches pour 8 réalisations), même si j’ai quand même marqué des buts importants. J’aurais pu rester. Mais je voulais jouer, retrouver cette joie de marquer. Je ne voulais pas attendre de grappiller dix minutes par-ci, dix minutes par-là. J’avais besoin aussi de me sentir important au sein d’une équipe. Je suis parti la tête haute. Et depuis que je suis ici, j’ai gagné deux Ligues Europa (2014 et 2015) et on a fini deux fois cinquièmes en Liga, en attendant l’issue de cette saison. Il faut savoir avancer dans la vie.

Pourquoi ça marche aussi bien à Séville aujourd’hui ?
C’est un très bon club. Un club familial. Je m’y sens comme chez moi. Le Championnat espagnol et son jeu me conviennent parfaitement. Les deux premières années, j’avais un concurrent direct qui marquait beaucoup de buts (NDLR : Carlos Bacca), donc on alternait. Mais maintenant, le coach me connaît parfaitement. J’ai su prendre la place de titulaire pour enchaîner les matches.

Et pour viser encore plus haut ailleurs ?
Je pense que je peux viser un top club européen. Il faut toujours viser plus haut et essayer de progresser. Je n’ai pas de limite et si je peux un jour intégrer un club de ce niveau-là, je ne m’en priverai pas !»

Pauline Joseph
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sfcparis 16 mars à 15:02

En restant à Séville le club deviendra un top européen. Nous ne sommes pas loin de l'être déjà :)Jamais un club a eu 4 Europa League et 2 coupes d'Espagne en 10 ans !Après, s'il parle de club top niveau fric, je suis d'accord

johnny_rep 16 mars à 11:01

Il a tous les jours sa place en edF, bien plus que Giroud, Ribéry, Coman, et Benzema ! Et il est prêt à tout donner aveuglément sans le moindre intérêt personnel. Rien à voir avec ... Benzema, ou Ribéry...

djad16 15 mars à 18:26

Je donnerais 8/10 , et c'est sévère !