manzala (harrison)kamara (aboubakar)apres le goal de kamara (aboubakar) (L'Equipe)
Le calendrier de l'Avent de FF

Harrison Manzala raconte son meilleur souvenir de l'année 2017 : «Six mois plus tôt, j'étais au fond du trou et je me retrouve à monter en L1»

Jusqu'à Noël, FF.fr vous propose son calendrier de l'Avent. Avec, chaque jour, le témoignage d'une personnalité du foot qui raconte son souvenir marquant de l'année 2017. Huitième épisode avec Harrison Manzala, qui raconte la montée en Ligue 1 avec Amiens.

«J'ai deux moments marquants : la montée avec Amiens et mon premier match au Parc des Princes, face au PSG (2-0, 5 août). Mais la montée c'est quand même plus fort. Avec le match et ce scénario... Quand la rencontre commence, on sait qu'on monte si on gagne. Surtout qu'on restait sur cinq victoires en cinq matches. Donc on y croyait à fond. Le discours du coach (Christophe Pélissier) avait été le même que d'habitude. Il nous a dit qu'on était à quatre-vingt-dix minutes de réaliser un exploit, quelque chose d'historique pour le club. Il nous a conseillé d'aborder le match comme on avait débuté les cinq derniers. Comme ça, tout allait bien se passer.
«Tous les sentiments se mélangent. On s'est écroulés, on a commencé à pleurer, c'était magnifique»
On ouvre le score assez rapidement (Kamara, 0-1, 12e). En deuxième période, Reims égalise (Diego, 1-1, 62e) et prend un carton rouge (Berthier, 89e). Derrière, on arrive à marquer sur coup de pied arrêté (Bourgaud, 1-2, 95e). Personnellement, j'ai disputé tout le match et je fais l'avant-dernière passe sur le but décisif. Au départ, je vois tout le monde dans la surface. Et, je ne sais pas pourquoi, je me dis que j'allais rester un peu loin de tout ça. Je sentais qu'il y avait trop de joueurs. J'ai la chance d'avoir le ballon qui me vient. Je sais que c'est fini, je ne me pose pas de question et je la remets en une touche de balle. La suite, on la connait. On est sixièmes à quelques secondes de la fin, et on passe deuxièmes dans les derniers instants.
Au départ, je n'ai pas compris que le but était marqué, et quand j'ai vu tout le monde courir, j'ai eu le premier réflexe de me diriger vers la tribune où ma mère assistait au match. Tous les sentiments se mélangent. On s'est écroulés, on a commencé à pleurer, c'était magnifique. Tu repenses à tous les matches où cela a pu être compliqué. Personnellement, je repensais au Havre, où cela ne se passait pas bien. Six mois plus tôt, j'étais au fond du trou là-bas et je me retrouve à monter en Ligue 1. Il y a tout qui remonte, tu n'arrives plus trop à gérer tes émotions.
«2-3 000 supporters attendaient, sous la pluie, à plus d'une heure du matin, c'était beau».
On est restés longtemps sur la pelouse avec tous nos supporters qui étaient venus. D'ailleurs, la plupart des joueurs n'ont pas eu le temps de se laver, on est rapidement montés dans le bus. Là, tu essaies de répondre aux messages de la famille et des amis. On fait des Snaps, des vidéos, on rigole, ça chante, ça crie. Tout le monde a mis l'ambiance. Mais on ne réalise pas encore. C'est vraiment quand on arrive à Amiens, au stade pour faire la fête avec nos supporters qui nous attendaient. Ils étaient 2-3 000, sous la pluie, à plus d'une heure du matin, c'était beau. Là tu comprends qu'on a fait un truc de ouf. Ensuite, je ne suis pas sorti. Il y avait ma mère, mon frère et ma famille chez moi. Je suis rentré. On a traîné devant la télé, avant de se coucher vers 4 ou 5 heures.»
Timothé Crépin

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