Le meilleur africain du mois

Islam Slimani, joueur africain du mois de janvier

Élu Joueur africain du mois de janvier par les internautes de FF, Islam Slimani, l'attaquant du Sporting Portugal, nous a confié sa joie. Entretien.

«Vous avez réalisé un mois de janvier exceptionnel avec votre club (huit buts en six matches), quel est le secret de cette efficacité ?
C'est un tout. C'est mon travail au quotidien et celui que de mes coéquipiers en match qui me permettent d'être bon devant le but. Mon métier, c'est de marquer. Cela l'a toujours été depuis le début de ma carrière. 

Lorsqu'on vous regarde jouer, ce qui est frappant, c'est votre combativité hors norme. D'où vient cette force ?
Cela vient d'Algérie. Rien n'a pas été facile pour moi. Mes débuts en club ou en sélection n'ont pas été de tout repos. J’accepte la critique, mais là, j’en ai subi de manière inutile et parfois gratuite. Cela n’a fait que me renforcer. Cette rage est une force qui me pousse à ne jamais renoncer. 

Deuxième meilleur buteur du Championnat avec seize buts, vous avez franchi un cap cette saison. Quel est le rôle de Jorge Jesus, votre entraîneur dans cette progression ?
C'est un coach de niveau mondial. Et je n'exagère pas. Le travail au quotidien avec lui est un réel plaisir. Il nous fait progresser, et ça paye pendant les matches. Parfois, il insiste sur des détails qui peuvent paraître sans importance et subitement, on comprend où il veut en venir. Là, on se dit que tactiquement, c'est un génie.
«Jorge Jesus, tactiquement, c'est du génie»
Déçu par le "mercenariat" de certains joueurs du Sporting partis à Benfica ou Porto dont le dernier est André Carillo, cet hiver, les supporters du Sporting Portugal ont déployé une banderole où on pouvait lire : «Nous sommes tous Slimani» faisant comprendre que s'il en restait un, cela serait vous…
Cela m'a fait vraiment plaisir. Je viens de loin, d'Algérie. Je ne suis pas Portugais, et leur attachement est incroyable. C'est aussi pour ça que je ne lâche rien sur un terrain.
 
Rabah Madjer a brillé à Porto, vous êtes souvent à la Une des journaux portugais. Allez-vous réussir à le faire oublier ? 
(Rires) J'en suis encore loin. Ce que je souhaite, c'est surtout continuer à être performant. Et puis, l'objectif est d'aller chercher ce titre de champion du Portugal (NDLR : leur dernier titre date de 2002).
«Quand je mets ce maillot, celui de mon pays, je ne pense qu'à une chose, marquer pour mon peuple»
Vous êtes devenu une star au Portugal et êtes très courtisé à l’étranger. Il y a trois ans, vous auriez pu signer en France (Nantes). Mais on ne vous a pas vraiment pris au sérieux. Y a-t-il un esprit de revanche ? 
J’ai oublié tout ça. C’est loin de mon esprit. Je ne ressens aucun sentiment de revanche. Je suis très fier de ce que je fais. En signant au Sporting, j’ai surtout fait le meilleur choix possible pour ma carrière. Ici, c’est comme en Algérie, ça respire le football, et ça vous pousse à vous transcender.

Avec 20 buts en 41 sélections, vous vous rapprochez du record d'Abdelhafid Tasfaout (36 buts). Est-ce que vous y pensez ? 
Franchement, pour l'instant, ce n'est pas quelque chose qui me travaille l'esprit. Ce qui compte, c'est d'être décisif avec l'Algérie comme je l'ai été en Tanzanie (2-2, 14 novembre 2015) avec mon doublé alors que la situation était compliquée pour nous lors de ce tour préliminaire des éliminatoires du Mondial 2018. C'est ce genre de choses qui m'importent. Quand je mets ce maillot, celui de mon pays, je ne pense qu'à une chose, marquer pour mon peuple.»
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2e : Hakim Ziyech, 15%
3e : Cheikh Diabaté, 1%.
Nabil Djellit 
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Modinho 11 févr. à 8:09

Grand homme