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Kingsley Coman a tout d'un grand

Kingsley Coman (19 ans) déboule en équipe de France «avec l'intention de tout casser». Il serait malvenu de prendre cette déclaration pour de la prétention. Car le jeune attaquant formé au PSG et désormais au Bayern Munich a les moyens de ses ambitions.

Son ambition semble maîtrisée mais sûre d’elle. Son aplomb est naturel. Il est celui d’un jeune homme de 19 ans à la trajectoire vécue en accéléré. Il est aussi celui d’un mec qui avance à fond la caisse, les yeux rivés sur la destination qu’il s’est fixée. Du PSG, où il a été formé mais avec qui il a refusé de signer pro (4 matches, 0 but, 0 passe décisive), à l’équipe de France A, qu’il vient d’intégrer, en passant par le Bayern Munich (11 matches, 2 buts, 6 passes décisives) qu’il a rejoint l’été dernier après une saison à la Juventus (22 matches, 1 but, 2 passes décisives), rien ne semble en mesure d’arrêter Kingsley Coman. «J'arrive avec l'intention de tout casser. Je sais ce que je veux. Je sais où je veux aller, a assuré le "King" après s’être pointé devant les médias à Clairefontaine. Et je n'ai pas plus de pression qu'en club. J'ai une carte à jouer car il n'y a pas beaucoup de joueurs avec mon profil.»
«Kingsley peut jouer un moment à gauche, puis partir dans l'axe, puis s'en aller à droite. Il peut jouer partout parce que ses capacités footballistiques, et notamment sa lecture du jeu, lui permettent d'être performant sur tout le front de l'attaque. Il peut apporter la bonne réponse à toutes les questions offensives.»
Justement, on comptait y venir. «Dans le football d’aujourd’hui, la notion de poste telle qu’on la connaissait il y a encore quelques années est en train de disparaître, estime Patrick Gonfalone, le sélectionneur de l’équipe de France U20. Il faut dépasser ce cadre-là avec des joueurs polyvalents, capables de dézoner, de semer le doute chez l’adversaire. Et le profil d’un joueur comme Kingsley, c’est exactement ça. Il s’inscrit dans cette nouvelle tendance. Il peut jouer un moment à gauche, puis partir dans l’axe, puis s’en aller à droite. Il peut jouer partout parce que ses capacités footballistiques, et notamment sa lecture du jeu, lui permettent d’être performant sur tout le front de l’attaque, précise le technicien qui a eu Coman en U16, U 17 et U19. Il peut apporter la bonne réponse à toutes les questions offensives.» 

«On a besoin d'un attaquant comme ça»

Un point de vue et une analyse partagés par François Gil, le représentant du joueur. «Il est spontané, plein de fraîcheur, il a envie, il a faim, il aime le foot et gagner. Il peut être une solution et un formidable joker, dans un premier temps. Il va très vite dans toutes les attaques rapides. On a un besoin d’un attaquant comme ça, on n’en a pas. Parce que c’est bien beau de faire des passes latérales, de bloquer les couloirs, tout ça, mais il faut des mecs capables de faire des différences, de faire LA différence. Il faut qu’il lâche les chevaux. Il a un tel potentiel.» Déjà prêt à être exploité. 

«Sa capacité d'accélération et de changement de rythme le rend redoutable»

«Kingsley, malgré son jeune âge, est un joueur très complet, juge Gonfalone. Son talent est indéniable et il englobe plusieurs aspects. Il a un bagage et un registre général vraiment intéressants. Bien sûr, on peut mettre en valeur l’aspect technique de son potentiel, avec une capacité bien au-dessus de la moyenne à maîtriser le ballon. Mais sur le plan tactique, il est intelligent et capable de jouer très juste car il lit bien le jeu. Si on ajoute à ça ses qualités physiques, c’est-à-dire sa capacité d’accélération, de changement de rythme, qui le rend redoutable. À tout instant, il peut déstabiliser la défense adverse, créer de l’incertitude et faire parler toutes ses compétences de joueur offensif. Et il ne faut pas oublier l’aspect mental. Il est habitué aux joutes du haut niveau. C’est un garçon qui sait garder un équilibre psychologique et qui a une approche du football qui est déjà bien mûre pour un garçon de 19 ans. C’est quand même rarissime aujourd’hui
«Au Bayern, on lui a dit qu'on comptait sur lui pour aujourd'hui et pour demain. Ce n'est pas rien.»
«Il connaît les codes et les coutumes du très haut niveau, appuie Gil. Quand on a sa place dans le vestiaire du PSG, de la Juve puis du Bayern… Là-bas, on lui a dit qu’on comptait sur lui pour aujourd’hui et pour demain. Ce n’est pas rien.» Et surtout, ce n’est pas surprenant. «Dans toutes les catégories, il était au-dessus, rappelle Gonfalone. Ça me rappelle certains joueurs, comme Thierry Henry par exemple ou d’autres de sa génération, qui étaient d’un niveau supérieur et qui ont toujours gardé ce temps d’avance. Kingsley a le potentiel pour suivre la même courbe, la même trajectoire.»  Celle des (plus) grands.

Thomas Simon
 
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