Économie

Le football français serait-il devenu «the place to be» pour les investisseurs étrangers ?

La reprise de l'OM par un homme d'affaire américain, Frank McCourt, confirme que les investisseurs étrangers sont de plus en plus intéressés par les clubs hexagonaux...

Alors que l’économie française peine à sortir de sa morosité si on la compare à ses voisins européens, le football lui se distingue depuis plusieurs mois en voyant des Belges (Lille), des Chinois (Sochaux, Auxerre, Lyon), des Russes (Monaco), des Saoudiens (Sedan) ou des Américains (Marseille) suivre l’exemple qatari et investir chez nous. Et pourtant, les acteurs du football hexagonal ont longtemps dénoncé le poids des charges qui empêchent tout développement et toute attractivité. C’était même le principal cheval de bataille des dirigeants de clubs. On entend moins la plainte aujourd’hui au point de se demander si ce poids fiscal n’était pas un faux problème vu l’intérêt actuel porté sur notre Championnat.
 
Le paradoxe est que le football français bénéficie en fait d’une situation devenue favorable par rapport à ses voisins pour qui veut investir dans le football. En Angleterre, les tarifs sont prohibitifs. Frank McCourt avait songé acheter Tottenham mais le prix demandé par le président Daniel Lévy –plus d’un milliard d’euros- l’avait rebuté. L’Allemagne est un repoussoir structurel dans la mesure où un investisseur étranger ne peut légalement prendre le contrôle d’un club. En Espagne, les clubs les plus intéressants sont contrôlés par les socios. Restent l’Italie et la France avec un avantage pour nous qui venons d’organiser l’Euro et bénéficions donc de stades tout neufs.

Un ticket d'entrée très abordable

La France a d’autres atouts. La formation française retrouve des couleurs après quelques années plus difficiles. La Ligue 1 possède avec le PSG une véritable locomotive qui devrait permettre aux droits TV à l’international de progresser. Quant aux droits domestiques, ils devraient eux aussi être revus à la hausse lors de la prochaine négociation si la concurrence existant entre Canal +, beIN Sports, Discovery et Altice persiste. Pas mal de voyants sont donc au vert pour un football français dont le ticket d’entrée reste très abordable : environ 50 millions d’euros pour acquérir l’OM, comparable à ce que QSI avait déboursé pour le PSG et bien inférieur aux 250/300 millions d’eurs dépensés pour reprendre Manchester City.
 
Mais si le prix du ticket d’entrée est modéré, il faut ensuite investir de façon importante au moins dans un premier temps dans l’achat de joueurs comme l’ont fait Manchester City (un milliard d’euros en moins de 10 ans), Paris et Monaco. Et c’est là que le poids des charges risque de revenir dans le débat lorsqu’il s’agira d’attirer des joueurs avec des salaires conséquents. L’autre bémol tient à la démographie de la France. Maintenant que les places comme Paris, Monaco, Marseille, Lyon voire Lille sont prises, il reste peu d’autres marchés à fort potentiel à investir. Alors applaudissons l’intérêt récent porté à notre football mais ne crions pas cocorico trop tôt.
 
Vincent Chaudel
Directeur Communication & Marketing / Expert Sport chez Wavestone
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gp_67 1 sept. à 15:57

Il reste Strasbourg qui peut être un investissement très interessant sur le ratio rayonnement de la ville / Situation du club !

gp_67 1 sept. à 15:56

Il reste Strasbourg qui peut être un investissement très interessant !