(D.R)
Amical

Les Dybala, Agüero, Saïfi et Minala en herbe sont en Russie

Des gamins du monde entier disputaient une sorte de mini Coupe du monde mardi à Moscou. FF.fr y était et s'est amusé à voir le passé et le présent s'emparer du futur.

Du bruit, des cris, de joie ou de déception, des dizaines de ballons, des centaines de guiboles et des milliers d'émotions. Celles de gamin(e)s de 12 ans venu(e)s du monde entier (211 pays et régions représentés) pour taper dans le ballon, à l'occasion de la 6e édition du "Football pour l'amitié" organisée à Moscou, en Russie, qui s'apprête à donner le coup d'envoi de sa Coupe du monde. Située à quelques pas du stade du Lokomotiv, la Sapsan Arena, où évoluent habituellement les jeunes du champion de Russie 2018, porte en elle les rêves les plus fous en même temps que les rêves les plus grands, ceux que l'on caresse avec nos yeux d'enfant.
Swan Dramé, accompagné de son coach de l'Etoile Sportive Paulhan Pezenas (ESP), est un des deux Français sélectionnés pour l'évènement. Ce fan de Mbappé, qui souligne ses origines maliennes et son souhait le plus cher d'endosser le maillot des Bleus, vient de Montpellier et a pris l'avion pour la première fois de sa vie. Dans son équipe "Angelshark" (requin-ange), on vient de Libye, de Palestine, de Sierra Leone et des Îles Vierges britanniques. Pour nous, cela a véritablement quelque chose de fascinant. Pour lui aussi. «J'ai rencontré plein de gens de partout et même si on ne parle pas la même langue, on se comprend grâce au foot. C'est magnifique. C'est ce sport qui nous unit tous en fait. Moi, je m'en fiche un petit peu de la victoire, de la défaite, ce qui compte c'est de jouer, de s'amuser, de partager des choses avec les autres. Et de découvrir.» Allons-y, c'est parti.
L'Argentin Juan Pablo Arango Rolfi, mélangeait la mèche et le profil de Paulo Dybala avec le pied droit et les cuissots puissants de Kun Agüero.
Très vite, une évidence s'impose. Balle au pied, il y a de la qualité au mètre carré. Notre choix, un peu précipité, se porte sur ceux qui se font appeler "Humpback wale" (baleine à bosse). On n'a pas vraiment décidé. Ce sont eux qui se sont imposés à nous. Parce qu'on y a vu les visages du futur à travers des allures, des gestes et des gueules du présent et surtout du passé. Parce que Mamadou, son gardien sénégalais pour les matches du matin, était en fait un attaquant qui n'avait peur de rien et qui, sur la première frappe adverse, avait mis la tête plutôt que la main. Parce qu'un petit blondinet estonien, à la morphologie et à la dentition proches d'un Javier Saviola, courait partout comme un mort de faim. Parce que le délicat toucher de balle du gamin algérien (re)dessinait l'espace d'un instant les courbes des dribbles de Rafik Saïfi. Parce que, derrière, l'élancé défenseur roumain, brassard au bras, tête levée et buste toujours bien droit, promenait l'élégance de Gica Popescu partout.

Et parce que son meilleur joueur, l'Argentin Juan Pablo Arango Rolfi, mélangeait la mèche et le profil de Paulo Dybala avec le pied droit et les cuissots puissants de Kun Agüero. Sous le regard attentif de son entraîneur d'Estudiantes de La Plata, présent derrière le main courante, il empilait les buts et on comprit - comme ses adversaires au cours du tournoi - que le potentiel offensif des siens reposait essentiellement sur lui. Et c'est sans doute ce qui les a stoppés aux portes de la finale. Dégoûtés, les compétiteurs sont redevenus des mômes, des larmes plein les yeux et même pas réconfortés par la défaite de leurs bourreaux, renversés par la formation "Chimpanze" et un pion venu d'ailleurs de son capitaine congolais, étiquette "présu" placardée sur le dos et surnommé "The new Joseph Minala" par des parents de l'autre camp dépités et mauvais perdants. C'était gênant mais marrant. Puis le bruit et les cris de joie des enfants, gagnants et battus, d'ici, d'ailleurs ou de très loin, tous ensemble après les mêmes ballons aux quatre coins des terrains, sont venus reprendre ce qui leur appartient : le maintenant et le demain. - T.S., à Moscou
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