mesloub (walid) (V.Michel/L'Equipe)
Ligue 2 - Lorient

Ligue 2, Lorient : Walid Mesloub (Lorient) : «J'ai envie de tout casser»

À 32 ans, Walid Mesloub ne joue pas à Lorient. S'il s'était mis d'accord avec Mickaël Landreau l'été passé pour un bon de sortie, l'Algérien est resté dans le Morbihan, handicapé par une blessure. Désormais rétabli, il espère repartir de l'avant.

«Walid, vous étiez blessé depuis un certain moment. Comment allez-vous ?
Je suis plutôt content d'avoir retrouvé toutes mes sensations. Ça a duré environ un an et demi. Je me suis fait mal au pubis lors de la dernière journée de la saison 2015/16. On a laissé traîner, on a fait des examens, et on n'a pas vraiment su me dire ce que c'était. Finalement, j'ai joué dessus, je faisais parfois des infiltrations et du renforcement pour camoufler la douleur. Ça me faisait plus de mal qu'autre chose. On a donc décidé d'opérer pour que je sois ensuite en pleine capacité de mes moyens.

Diriez-vous que cela a pu freiner quelque peu votre progression ?
J'étais dans une bonne spirale, j'enchaînais les matches, le coach de l'époque, Sylvain Ripoll, me faisait confiance. Il a fallu que cette blessure arrive pour tout gâcher. Mon seul regret est de ne pas avoir pris cette blessure au sérieux. Mieux vaut tard que jamais pour apprendre.

Maintenant que vous êtes sur pied, savez-vous si Mickaël Landreau va vous faire confiance ?
On a eu une discussion en juin dernier. Il voulait avoir mon sentiment sur la suite. Je pense qu'il ne compte pas sur moi, et je lui ai dit de ne pas compter sur moi.

Pourquoi ?
J'étais quasiment sûr de partir. J'avais des contacts avec des clubs et Lorient venait de descendre en Ligue 2. Je ne souhaitais pas rester. Mais j'ai dû me faire opérer, et mes contacts n'ont pas abouti. C'était difficile, mais c'était peut-être un mal pour un bien.
«Je suis un passionné avant tout. Que ce soit à Lorient ou ailleurs, j'ai envie de m'épanouir».
Est-ce compliqué d'accepter d'évoluer en dessous quand on a connu l'élite ?
Au départ, c'est forcément compliqué, c'est un échec. Mais sur le terrain, on ne se pose plus la question, il faut se mettre le cul par terre pour montrer qu'on a le niveau Ligue 1. Mais demain, si le coach me dit qu'il me fera jouer, je ne refuserai pas. Je suis un passionné avant tout. Que ce soit à Lorient ou ailleurs, j'ai envie de m'épanouir. Mais je n'ai jamais dit que je n'irai pas en Ligue 2. Je respecte ce Championnat.

Désormais, votre discours de vouloir partir est-il le même ?
On s'est dit les choses avec le coach. Je n'ai aucun problème avec Mickaël Landreau. Je fais partie des séances, je ne suis pas mis à l'écart ou dans un loft. Dans le foot, on le sait, tout peut changer mais j'ai eu des discussions avec mon agent. Il y a un mercato qui arrive, on verra si l'opportunité d'évoluer ailleurs se présente.

Quelles seraient vos envies ?
On est en contact avec plusieurs clubs, de Ligue 1 ou à l'étranger. Je vais peser le pour et le contre, bien réfléchir, sachant que j'ai une famille, des enfants. Je ne peux pas partir n'importe où. J'ai le sentiment d'avoir encore des choses à montrer. J'ai envie de tout casser.

Vous disiez faire partie intégrante des séances de Mickaël Landreau. Comment sentez-vous ce club cette saison ?
Je trouve qu'il y a un super groupe. L'année dernière, il manquait plusieurs choses pour se maintenir en Ligue 1. Là, ça vit vraiment bien, des choses structurées ont été mises en place. Tout le monde a appris de ses erreurs. Lorient a toutes les chances de remonter en Ligue 1. En tout cas, je l'espère, ce club le mérite. Ça va être un long combat.
«L'Algérie ? À chaque fois qu'il y a un résultat négatif, tout est remis en question».
Vous avez été international algérien (avec une dernière cape en novembre 2015). Comment avez-vous vécu le récent fiasco de la sélection dans la course au Mondial 2018 ?
Changer quatre, voire cinq fois de coach en l'espace d'un an et demi, ce n'est pas très professionnel. On peut dire ce qu'on veut, les résultats, on les voit sur le terrain. Il y a des nations qui ont des entraîneurs qui restent en place même quand il y a des moments difficiles. Et au final, elles ont des résultats positifs. Nous, à chaque fois qu'il y a un résultat négatif, tout est remis en question. Et cela ne nous fait pas avancer, la preuve. Ça m'a vraiment laissé un goût amer. Ce qui me rend fou, c'est de voir la qualité des joueurs. Les Brahimi, Mahrez, Bentaleb évoluent dans des Championnats majeurs, mais quand on observe les matches en sélection, on se dit que le problème est bien plus profond.

Qu'avez-vous pensé de la nomination de Rabah Madjer ?
C'est une icône en Algérie, quelqu'un de respecté et qui a fait rêver tout le pays. Avec son passé, son vécu et son professionnalisme, j'espère vraiment de tout cœur qu'il apportera ce qu'il manque à cette sélection : de la stabilité, tout simplement.»

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