Ligue des Champions - 8es de finale

Ligue des champions : le jour où Diego Maradona (Naples) est venu défier le Real Madrid dans un Santiago-Bernabeu à huis clos

Pour la troisième fois de leur histoire, le Real Madrid et Naples s'affrontaient sur la scène européenne ce mercredi (3-1). Les deux premières rencontres remontent à 1987, au premier tour de la C1. À l'aller, Diego Maradona et le Napoli s'était inclinés dans un Santiago-Bernabeu sans spectateur...

Drôle d'ambiance en cette chaude soirée de septembre 1987. Alors que l'été joue les prolongations dans la capitale espagnole, le Real de Michel (l'ancien entraîneur de l'OM) accueille le Naples d'un certain Diego Maradona pour le premier tour de la Coupe d'Europe des clubs champions 1987/88. Une affiche de prestige qui oppose le récent champion d'Espagne (également demi-finaliste de la C1, on va y revenir) et le champion d'Italie en titre. Naples reste en effet sur une saison 1986/87 historique avec un doublé Championnat (qu'il n'avait jamais remporté) - Coupe.

«Avec ou sans public, le Real Madrid est toujours unique»

Un match en aller-retour qui faisait donc saliver les passionnés. Sauf que la première manche, pour le centième match de l'histoire du Real à Santiago-Bernabeu sur la scène européenne, a dû se dérouler... à huis clos. En cause, le comportement des supporters madrilènes lors de la demi-finale retour de la C1 face au Bayern Munich en avril 1987. Au coup d'envoi de ce match, des pétards et autres objets étaient lancés vers le gardien munichois, Jean-Marie Pfaff. Venant constater les dégâts, l'arbitre de la rencontre, le Français Michel Vautrot était touché par une pierre ! Sans que le match ne soit reporté. Soigné sur la touche, l'homme en noir donnait le coup d'envoi avec cinq minutes de retard.

Mais le Real n'échappait pas à une sanction de deux matches à huis clos. Ainsi, pour la réception de Naples, seuls 298 journalistes, 61 photographes, plusieurs membres de la délégation des deux équipes et même le sélectionneur italien de l'époque, Azeglio Vicini, avaient été autorisés à assister à la rencontre. Les supporters espagnols se distinguant avec une banderole déployée dans l'enceinte : «Avec ou sans public, le Real Madrid est toujours unique.»

Un penalty de Michel

Juste avant le début de la rencontre, un enjeu majeur se joue à l'extérieur du stade : la diffusion du match à la télévision. Le gouvernement et le palais royal doivent même intervenir. Un accord est trouvé de justesse entre le Real et la TVE. Au grand soulagement de tout un peuple. Sur le terrain, le Real Madrid, auteur d'un début de saison tonitruant (exemples avec un 6-0 face à Everton, 7-0 devant Gijon, 7-1 à Saragosse alors l'une des meilleures équipes du pays) ouvre rapidement le score. Après un joli rush, Sanchis est déséquilibré dans la surface italienne par Renica. Michel ne se fait pas prier pour mettre les siens devant (1-0, 18e). Claudio Garella, le portier du Napoli, fait des miracles pour garder son équipe dans le match.
Diego Maradona transparent et chambré par la presse italienne...
Le tournant se situe à la 36e minute lorsqu'après avoir éliminé le gardien madrilène, Giordano ratait le cadre. Pire, à un quart d'heure du terme, le pauvre Fernando De Napoli détournait une frappe de Tendillo dans ses propres buts (2-0, 76e). Dur dur pour l'équipe d'un Maradona très peu en vue et qui confirme ses difficultés du début de saison. Le lendemain, la Gazzetta dello Sport titre même : «Un seul spectateur, Maradona.»
«Ce fut la plus horrible nuit de ma vie sportive», avoue de son côté Leo Beehakker, l'entraîneur néerlandais du Real Madrid, pour revenir sur ce match à huis clos. Au retour, deux semaines plus tard, Naples y a cru pendant trente-quatre minutes. Entre l'ouverture du score italienne de Francini (9e) et l'égalisation de Butragueno (43e). Toujours avec un Maradona bien décevant...

La fiche du match aller

Real Madrid - Naples : 2-0 (1-0).
Match joué à huis clos. Arbitre : M. Igna (ROU). Buts : Michel (18e, sur penalty), De Napoli (76e, c.s.c.). Avertissements : Santillana (84e) pour le Real ; Renica (55e) pour le Napoli.
Real Madrid : Buyo - Chendo, Sanchis, Tendillo, Solana - Michel, Gallego, Martin Vazquez, Gordillo - Butragueno, Santillana (c). Entraîneur : Leo Beenhakker.
Naples : Garella - Bruscolotti, Ferrario, Renica, Ferrara - Bagni, Sola, De Napoli, Romano - Giordano, Maradona (c). Entraîneur : Ottavio Bianchi.
Timothé Crépin
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RYO 16 févr. à 15:31

Maradona faisait des merveilles sur un terrain de foot.