Ligue des Champions - 8es

Ligue des champions : Manchester City, futur adversaire de Monaco, une équipe encore en construction

En février prochain, les joueurs de Leonardo Jardim affronteront les Anglais, dirigés depuis cet été par Pep Guardiola. En deux mois, les forces en présence évolueront forcément mais les Citizens ne semblent pas impériaux cette saison. Etat des lieux.

Un potentiel offensif évident

Quand on aligne les noms des attaquants de Manchester City, il y a de quoi avoir le vertige. La puissance de frappe est assez colossale : déjà 32 buts inscrits en Championnat et 12 en Ligue des champions. Sergio Agüero fait office de canonnier en chef avec ses seize réalisations. Pourtant l'attaquant argentin n'est pas encore impérial, notamment au niveau de ses nerfs. Preuve en est l'agression commise sur David Luiz il y a une semaine, lors du choc contre Chelsea. Quand il est absent, City peut désormais compter sur Iheanacho. L'espoir nigérian répond souvent présent quand il dépanne en raison des suspensions ou blessures du Kun.
Si Pep Guardiola aime alterner les systèmes, comme le 4-2-3-1, le 3-4-3 ou le 4-3-3, il compte sur Kevin De Bruyne pour être le dépositaire de son jeu. Dans la continuité de sa bonne saison l'an dernier, le Belge est toujours aussi précis dans ses passes et sur coups de pied arrêtés. Pour les ailes, le technicien catalan peut compter sur de la quantité, alliée à de la qualité. Nolito, Jesus Navas, Leroy Sané et Raheem Sterling sont là pour déstabiliser les défenseurs adverses, même si la régularité leur fait défaut. N'oublions pas que Gabriel Jesus, grand espoir brésilien, arrivera cet hiver et que son futur entraîneur compte grandement sur lui.

Fernandinho, la clé de voûte du milieu

Pour que l'équilibre demeure dans son équipe, Pep Guardiola a décidé de placer le Brésilien de 31 ans comme sentinelle. Joueur de devoir, son duo avec Fernando avait montré des limites à de nombreuses reprises. Pour l'accompagner dans l'entrejeu, l'ancien entraîneur du Barça aligne régulièrement David Silva et Ilkay Gundogan, deux techniciens capables aussi d'effectuer le pressing réclamé. dans ce dispositif-là, Fernandinho est beaucoup plus constant, il colmate les brèches et se montre aussi plus adroit dans ses transmissions. Il lui arrive cependant de perdre ses nerfs. Excédé également contre Chelsea, il s'en est pris à Fabregas et la FA lui a infligé trois matches de suspension.
Si Fernando et Delph ne sont plus que des seconds couteaux cette saison, l'un des grands perdants du dernier mercato chez les citizens reste Yaya Touré. Le milieu offensif ivoirien, décisif lors des titres de 2012 et 2014, a été relégué pendant plusieurs semaines en tribunes. Réapparu face à Crystal Palace, il a inscrit un doublé salvateur, se rappelant au bon souvenir de son entraîneur. Pourtant rien ne prédit qu'il sera encore avec Manchester City pour affronter Monaco, son ancienne équipe, dans deux mois. Un départ paraît aujourd'hui inéluctable.

La défense, principal chantier de Guardiola

Un mal récurrent persiste depuis le début de la saison du côté des coéquipiers de Vincent Kompary. L'arrière-garde présente de nombreuses lacunes et sous pression, elle craque régulièrement. Le capitaine belge est d'ailleurs souvent absent pour cause de blessures, et cela s'en ressent. Il manque de la sérénité dans cette défense qui a pris l'eau face à Chelsea, Barcelone, Tottenham et plus récemment Leicester. La charnière Otamendi-Stones, très lucrative au demeurant (100 millions d'euros à eux deux), n'est pas rassurante. L'Argentin est celui qui monte régulièrement pour les duels tandis que Stones couvre derrière. Par sa lenteur, l'Anglais offre des boulevards à ses vis-à-vis. Une piste sérieuse à suivre pour Leonardo Jardim.
Autre problématique : le gardien. Pep Guardiola désire évoluer avec un gardien qui sait relancer du pied, pour bâtir ses séquences de loin. Pour cette nécessité, il a déniché Claudio Bravo au Barça. Si le portier chilien présente un solide CV, il a commis de nombreuses bourdes et quelques hésitations qui ont fragilisé son statut surtout que Willy Caballero a aussi des arguments à faire valoir. N'oublions pas que Joe Hart est seulement prêté au Torino et qu'il reviendra gonflé à bloc l'été prochain. Sous pression, Claudio Bravo peut clairement déjouer. À Falcao et Germain de s'en charger.

Adrien Mathieu
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