Ligue 1 - 30e journée

Lindsay Rose : «Pas aussi facile de s'intégrer à Lyon qu'ailleurs»

Placardisé à l'Olympique lyonnais, Lindsay Rose retrouve du temps de jeu chez les Merlus. Pour Francefootball.fr, il revient sur son intégration à Lorient et ses soucis dans le Rhône.

«Comment vous sentez-vous physiquement (NDLR : Rose n’avait joué qu’une seule rencontre en L1 avec l’OL lors de la première partie de saison) ?
Je me sens bien. J’ai retrouvé du temps de jeu ici et ça fait du bien physiquement. Ça aide à se remettre dans le rythme. Et puis la gestion de mon corps par le staff est bonne. Ils me font couper au bon moment pour pouvoir récupérer pleinement et être performant le week-end en match.
 
Etiez-vous inquiet de revenir après aussi peu de temps de jeu avec Lyon ?
Non. Franchement, je n’étais pas inquiet du tout car j’ai énormément travaillé à Lyon en amont. Quand je ne jouais pas, je bossais beaucoup pendant les séances. Je restais un peu plus, juste après l'entraînement aussi. Donc non, je n’avais pas d’interrogations me concernant physiquement. Le plus important, c’était de retrouver du temps de jeu. Le reste…
 
Pour vous le natif de Rennes, ç'a fait du bien de revenir en Bretagne ?
Ah oui ! Énormément de bien ! Je suis Breton, ma femme aussi est Bretonne. On est à la maison. On retourne sur nos terres. On connaît le climat, les habitants, la mentalité des gens... Aucune surprise pour nous. Ça fait du bien.
 
Lors de votre arrivée à Lorient, vous avez dû vous adapter pour le synthétique ?
(Il hésite) C’est sûr que c’est une surface qui est différente de ce que j’ai pu côtoyer auparavant. Après, ça n’a pas non plus été un gros problème. Le fait d’avoir joué auparavant avec mes anciens clubs sur synthétique m’a permis de me faire une vision de cette surface. Ce n’est pas trop dérangeant. Par contre, au quotidien, c’est vraiment très important de récupérer après les rencontres, les entraînements car c’est beaucoup plus contraignant, c’est sûr.

«J'ai été professionnel jusqu'au bout à l'OL»

Vous arrivez au bon moment chez les Merlus avec la demi-finale de Coupe de France à venir face au Paris-SG !
Dans la carrière d’un joueur, une demi-finale, ce n’est jamais rien. Dans l’effectif de Lorient et dans beaucoup d’autres, on n’est pas beaucoup à avoir eu cette chance. C’est une vraie cerise sur le gâteau de la saison. Mais il ne faut pas s’enflammer. Paris est le grand favori. Ils ont un effectif pléthorique qui leur permet de jouer toutes les compétitions à fond. Eux aussi, autant que nous, voudrons aller au Stade de France et remporter cette coupe. C’est un bel objectif pour nous de passer les demies. Mais avant tout ça, il y a un maintien à assurer.
 
Ça fait quoi de retrouver la confiance totale d’un staff, de ses coéquipiers ? Ce n’était pas la même histoire à Lyon…
Ça fait énormément de bien de retrouver ce plaisir, cette confiance, de se sentir désiré et utile au groupe. Ce n’est pas une renaissance mais presque. Dans la tête et dans le quotidien d’un joueur, c’est essentiel.
 
Vous avez employé le mot utile. Au contraire, vous vous sentiez parfois inutile à l’OL ?
Non, c’est trop fort comme mot inutile. Disons qu’à Lyon, je ne jouais pas et que j’avais beaucoup d’autres personnes qui passaient avant moi. Sur la fin, je me sentais moins utile, c’est sûr. Malgré tout, même si on se sent inutile parce qu’on ne joue pas le week-end, on se sent tout de même utile à l’entraînement parce qu’on permet aux titulaires de bien s’entraîner et de bien se préparer pour les matches. C’est un rôle ingrat, c’est sûr. Mais c’est très important pour la vie d’un groupe...
 
Mais quand vous êtes arrivés à Lyon, ce n’était pas ça votre objectif quand même…
Non, non, absolument pas. D’autant plus que la première saison, j’ai pas mal joué, j’ai participé à la conquête de la deuxième place. Mais pour concernant ma deuxième saison... (Il coupe) J’ai été professionnel jusqu’au bout pour que les titulaires soient dans les meilleures conditions mais je n’aspirais pas à ça.

«Il faut du temps pour s'intégrer à Lyon...»

«S'il faut retourner à Lyon, je retournerai à Lyon avec l'état d'esprit de m'imposer»
Vous en voulez à Hubert Fournier ?
(Grave) Non. Il a fait ses choix. Maintenant, c’est comme ça, c’est la vie… Il va retrouver un autre club et la vie continue. Je ne m’attarde pas sur des choix.
 
Vous pensez qu’à Lyon c’est plus difficile de s’intégrer qu’ailleurs ?
En fait, c’est spécial. C’est pas pareil. On va dire que c’est pas aussi facile de s’intégrer à Lyon qu’ailleurs. Il faut comprendre certaines choses. Il faut du temps à Lyon, voilà… Ça ne se fait pas comme ça. C’est pas comme à Lorient. Il faut du temps à Lyon. Y’a pas de mauvais gars, pas de mauvaises personnes. C’est un groupe qui vit bien ensemble. Maintenant, comme ils sont ensemble, il faut bien s’intégrer, ça met du temps.
 
On peut parler d’un «Clan des Lyonnais» ?
(Du tac-au-tac) Non, non. Après, c’est sûr qu’il y a une forte identité lyonnaise. Voilà, on ne va pas se voiler la face, tout le monde en est conscient et c’est aussi la politique du club je pense. Il y a une très forte identité lyonnaise. C’est là-dessus qu’ils se basent et qu’ils se mettent en valeur.

On imagine bien que vous n’avez pas encore la tête à ça, mais vous êtes simplement prêté par l’Olympique lyonnais. Vous voyez-vous y retourner ou c’est barré dans votre tête ?
Je m’y vois... Enfin je m’y vois, vous comprenez, là je suis concentré sur Lorient donc je n’y pense pas. Mais je me vois retourner à Lyon au cas où oui. Après il reste encore plein des matches ici, mais je suis encore sous contrat à l’OL. Donc oui, s’il faut retourner à Lyon, je retournerai à Lyon avec l’état d’esprit de m’imposer et que ce prêt soit bénéfique pour le reste de ma saison et de ma carrière.
Lindsay Rose se régale dans le Morbihan ! (MICHEL VINCENT/L'Equipe)
Lindsay Rose se régale dans le Morbihan ! (MICHEL VINCENT/L'Equipe)

«Je ne me plais pas à Lorient. Je me régale !»

«Tactiquement, on travaille beaucoup plus qu'avec Fournier par exemple»
Vous remplacez Lamine Koné qui était un des leaders de la défense lorientaise. Comment ça se passe avec vous ? Quel rôle avez-vous ?
Je ne suis pas quelqu’un qui parle beaucoup, mais ici à Lorient, une fois qu’on est sur le terrain, y’a pas de nouveaux, pas d’anciens… Je suis là pour apporter mon expérience et un plus. Je ne suis pas timide non plus attention. Je ne suis pas là pour regarder tout le monde. On est un groupe sain qui se dit les choses et c’est important. On accepte chacun la remarque et la critique et c’est ce qui fait avancer…
 
Vous sentez des différences de management avec Sylvain Ripoll et sa culture de la tactique ?
Tactiquement, on travaille beaucoup plus qu’avec Fournier par exemple. C’est vrai qu’on bosse énormément. Le coach insiste bien sur le travail tactique et technique car c’est primordial sur le synthétique.
 
On parle souvent de Ripoll comme un entraîneur à part avec ses principes…
C’est un coach qui a beaucoup de valeurs humaines et ça se ressent sur le terrain parce qu’on voit sur la pelouse que l’effectif se donne pleinement pour lui. C’est un entraîneur qui a sa philosophie de jeu, son opinion sur ce qu’il veut mettre en place... Un plaisir de travailler avec lui.
 
Vous avez l’air de vraiment vous plaire à Lorient
Je ne me plais pas ici. Je me régale !»
Johan Tabau 
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