sarr (bouna) germain (valere) abdennour (aymen) (F.Faugere/L'Equipe)
Ligue Europa

Marseille : mais pourquoi Valère Germain peine-t-il autant à débloquer son compteur ?

En difficulté depuis son arrivée à l'Olympique de Marseille, Valère Germain traverse une longue période de disette. Pourtant, le début de l'histoire avec son club de coeur avait démarré de la meilleure des manières.

D'un Germain à un autre. La passerelle relevait à tous les égards de l'évidence tandis que l'histoire, elle, laissait croire à une idylle enfin entamée. Sans doute que les débuts de Valère Germain à Marseille sont partis trop vite, trop tôt et semblaien trop beaux pour ne pas battre de l'aile. Fin juillet, pour sa première sortie au Vélodrome, l'ancien Monégasque avait gratifié son nouveau public d'un triplé contre Ostende (4-2). Le premier de sa carrière, comme dans un rêve pour ce minot né à Marseille au début des nineties, pendant que le père, Bruno, portait haut les couleurs du club phare de cette époque. Un petit Germain à tête blonde qui taquinait ses premiers ballons avec les coéquipiers du paternel et en profitait pour tisser les premières attaches d'une passion pour le club olympien. «J'ai toujours supporté cette équipe, je regardais toutes ses rencontres à la télé, j'avais tous les posters des joueurs dans ma chambre... Jouer à l'OM, c'est mon rêve d'enfant», confiait-il à FF, cet été. Sauf que depuis cet été de retrouvailles, le mariage d'amour semble perdre raison.

Joueur reconnu mais peu attendu

Si l'on excepte ses cinq buts en deux tours préliminaires de Ligue Europa, Valère Germain, 27 ans, n'a pas inscrit le moindre but en Championnat. Avec des débuts marqués par la perte d'un statut de titulaire au détriment des coups d'éclats éphémères de Clinton Njié dans un premier temps, puis de Kostas Mitroglou, arrivé blessé en toute fin de mercato, et à qui la pointe était "réservée". Valère Germain, lui, doit se contenter de bouts de matches avec trop peu l'occasion de se montrer. Ses deux dernières titularisations en Ligue 1 ? À Monaco (1-6) et face à Rennes (1-3), deux rencontres cauchemardesques où le navire marseillais était miné par une défense absente. Depuis, l'OM s'est reconstruit... sans Germain.
Première recrue estivale de l'OM, son arrivée sur la Canebière s'est faite loin du faste que l'on réserve aux buteurs providentiels. Pour la simple raison qu'il n'était pas attendu comme la figure de proue du projet McCourt. Loin du classique tube de l'été autour de la venue d'un «grand attaquant», Valère Germain a débarqué avec la discrétion qu'on lui connait. Un «joueur de complément de haut niveau», un «garçon qui bonifie ses partenaires offensifs» pouvaient-on lire ou entendre. Un excellent élément qui vient apporter de la profondeur à l'édifice en construction de Rudi Garcia. D'autant plus que l'on sait le technicien phocéen peu enclin à modifier son système de jeu composé d'une colonne vertébrale forte et solide. Avec, à son sommet, un attaquant qui pèse sur les défenses, capable de concrétiser les occasions. Pas vraiment le profil de Germain, qui en somme reste un joueur reconnu, mais peu attendu.

Un discret avec du caractère

Le joueur doit s'accommoder de ce statut depuis ses débuts dans le monde professionnel. Ni le plus grand, ni le plus puissant, ni le plus rapide, ni le plus technique, beaucoup ont douté d'installer le natif de Marseille à un poste de numéro 9. Claudio Ranieri l'avait propulsé capitaine lors des années en Ligue 2 avant de le rétrograder sur le banc une fois l'élite retrouvée. Leonardo Jardim lui a longtemps préféré Dimitar Berbatov, Wagner Love voire les erreurs de casting Helder Costa ou Matheus Carvalho. Avant un prêt salvateur à Nice et la réussite que l'on connait. Des qualités qui ont fini par en faire un joueur reconnu : «Ce que fait Valère Germain est incroyable, expliquait Dante, le défenseur niçois à FF. Il pique dans ton dos, il bouge, se déplace, fait des appels... Franchement, c'est un joueur qui fait chier les défenses. Il est tellement intelligent... Parfois, il ne marque pas, ne fait pas de passes dans un match, mais, grâce à ses déplacements, il fait du bien à son équipe. Il bouge des blocs entiers et ouvre des espaces. Il est très fort.»
Jusque-là, c'est dans un système avec deux pointes que le joueur a le plus fait étalage de ses capacités. «C'est un très bon profil, qu'il faudrait peut-être associer avec un autre joueur avec de la puissance comme on avait essayé de le faire à Nice», avait d'ailleurs confirmé Claude Puel, son coach chez les Aiglons. Rudi Garcia, après avoir pérennisé sa base de jeu, pourrait être tenté d'associer Kostas Mitroglou avec l'ancien Monégasque. Les deux joueurs ont, du moins sur le papier, des jeux complémentaires malgré une disette commune.
Valère Germain n'est pas le genre de joueur à faire part haut et fort de ses états d'âme. Depuis le début de saison, le joueur s'applique, ne rechigne pas à la tâche lors de ses entrées en jeu (il a d'ailleurs été à l'origine de l'égalisation marseillaise à Bordeaux dimanche dernier) ou de ses titularisations en C3. En attendant d'inscrire le fameux but qui lui manque et qui pourrait débloquer sa saison. Et quoi de mieux qu'une rencontre européenne pour renouer une histoire par là où elle avait commencé.
Mehdi Mahmoud
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