FIFA

Michel Platini, les mots de la fin

Ce vendredi, dans le quotidien L'Equipe, Michel Platini explique les raisons qui l'ont poussé à renoncer à l'élection présidentielle de la FIFA. De la commission d'éthique (qui l'a suspendu huit ans) à Sepp Blatter, en passant par l'Euro 2016, voici ce qu'il faut retenir de son interview.

Son renoncement

«Je ne me présenterai pas à la présidence de la FIFA. Je retire ma candidature. Je ne peux plus, je n’ai plus le temps ni les moyens d’aller voir les électeurs, de rencontrer les gens, de me battre avec les autres. En me retirant, je fais le choix de me consacrer à ma défense par rapport à un dossier où on ne parle plus de corruption, de falsification, où il n’y a plus rien. (...) C’est une question de calendrier, mais pas seulement. Comment remporter une élection quand on est empêché de faire campagne ?»

Le rôle de Blatter

«Tout est parti de Blatter, qui voulait ma peau, qui ne voulait pas que j’aille à la FIFA. Il disait souvent que je serais son dernier scalp, mais il est tombé en même temps que moi. De toute façon, ils cherchaient absolument quelque chose contre moi. (...) Je ne sais pas pourquoi il dit que je suis une vedette. C’est vrai que j’en suis une. Quand on se promenait ensemble, c’est vrai que les gens me regardaient et pas lui. Il a toujours eu un problème avec Platini, Beckenbauer. Il aime les joueurs, mais il ne faut pas qu’ils lui fassent de l’ombre…»

Le versement de 2 millions de francs suisses en 2011

«Un, Blatter me doit de l’argent. Deux, ils se demandent avec la FIFA comment ils vont me payer l’argent qu’ils me doivent. Trois, M. Kattner (directeur financier) m’explique comment me faire payer. Quatre, j’envoie une facture. Dix jours après avoir envoyé la facture, ils me paient. Je le déclare dans mes impôts et, aujourd’hui, ce sont les mêmes qui m’ont payé ce travail qui m’envoient devant la commission d’éthique. (...) Alors, maintenant, vous allez me dire pourquoi neuf ans après ? Ils n’avaient qu’à me payer avant.»

La commission d'éthique

«Je ne lui accorde aucun crédit. Parce que ce sont cinq personnes qui ont droit de vie et de mort sur des individus, qui décident si quelqu’un ne peut plus travailler pendant huit ans ou à vie. De quel droit un organisme privé peut-il empêcher un homme de travailler ? Qu’on m’interdise d‘aller à la FIFA, je peux le comprendre, mais quel rapport avec l’UEFA, avec l’Euro ? (...) L’Euro, c’est moi qui l’ai voulu et qui ai tout fait. Maintenant, on m’empêche d’aller au tirage au sort et, bientôt, on me demandera de ne pas y aller du tout. Mais j’irai quand même.»

La FIFA, une nécessité plus qu'un plaisir ?

«Il n’a jamais été très clair pour moi de savoir si j’avais envie d’aller à la FIFA. Le retrait de Blatter m’a poussé à y aller. Mais le vrai plaisir, c’était d’être à l’UEFA. Ce n’était pas mon destin d’aller à la FIFA. C’était plus une nécessité. Il fallait que je ramène le football à la FIFA. Aujourd’hui, aucun des candidats ne parle de football. De toute façon, ils ne connaissent pas. J’étais indécis sur mon envie de me présenter. Au final, la commission d’éthique a décidé pour moi et je l’en remercie.»
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