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Portugal : faut-il s'enflammer pour Renato Sanches (Benfica) ?

Blindé au Benfica par une clause libératoire record, annoncé à Manchester United, comparé à Eusebio, lancé en équipe A du Portugal... À seulement 18 ans, Renato Sanches grille les étapes. Mais la nouvelle star des Aigles ne risque-t-elle pas de se brûler les ailes ?

Avril 2016. 84e minute de ce Bulgarie - Portugal. La Seleção, menée à Leiria (0-1), n’y arrive toujours pas. Stoyanov stoppe et stoppera tout. Les stewards, eux, se laissent surprendre par un jeune «envahisseur». Diogo Caleiro, treize piges, s’invite sur le gazon du Dr Magalhães Pessoa et part embrasser Renato Sanches. Le milieu de 18 ans, entré dix minutes plus tôt sous les vivas du public, célèbre sa première cape en A. Et tous les regards sont braqués sur lui. Les Cristiano, Nani, Quaresma sont là mais c’est le maillot de Renato que Diogo est venu chercher. Le joueur du Benfica tiendra sa promesse. Mais saura-t-il assumer les prochaines ?
Hugo Leal : «Ce n'est pas facile d'atteindre l'équipe première, surtout pour un club de la dimension du Benfica»
Il y a un an, Renato luttait pour une place sur le gazon du Seixal. Avec la réserve du Benfica, il a bouclé la saison 2014/15 avec 24 rencontres en D2 et même pas la moitié comme titulaire (11). Un an plus tard, avec 26 matches en équipe première (24 dans le onze de départ), le milieu s’est imposé comme un taulier du SLB. En novembre, il est devenu à dix-huit ans, trois mois et sept jours le plus jeune benfiquiste à débuter en Ligue des champions, battant ainsi le record de précocité d’Hugo Leal (1998). «C’est un gamin très talentueux, il a une capacité physique hors norme alliée à un talent hors norme, juge l’ancien parisien. Ce n’est pas facile d’atteindre l’équipe première, surtout pour un club de la dimension du Benfica.» Leal fait partie de ces grands espoirs, partis très (trop ?) vite à l’étranger et qui ont peiné à confirmer. Mais pour lui, l’âge ne doit être ni une excuse, ni un prétexte : «Rien ne va jamais trop vite. Les choses n’arrivent que parce qu’on fait en sorte qu’elles se produisent.»

L'incarnation des fantasmes des Portugais

L’effet que suscite Renato va bien au-delà du terrain. Hugo Leal : «Il est le symbole d’un Benfica auxquels les supporters s’identifient, qu’ils idéalisent, composé de joueurs maison.» L’incarnation du fameux Benfica «made in Benfica» promis par Luis Filipe Vieira prend forme. Un fantasme partagé par l’ensemble des socios des clubs portugais. Comme le Sporting avec William, João Mário ou Adrien, le FC Porto avec Ruben Neves ou André Silva, les Aigles rêvent haut pour et avec leur Gonçalo Guedes, Nélson Semedo ou autre Renato Sanches. Ils représentent les grands clubs et leur exposition est à la hauteur. Hugo Leal reprend : «La médiatisation de Renato s’explique par celle du Benfica.»

Un agent nommé Jorge Mendes et une clause à 80 M€

«Renato Sanches me rappelle Eusebio. Ils jouent tous les deux vers l’avant, les yeux rivés sur le but et chaque mouvement cherche une frappe, le but. » José Augusto, gloire du Benfica et de la Seleção (qui terminera troisième du Mondial 1966) a carrément propulsé le gamin du SLB au niveau du «King.» Ces dernières semaines, Renato croule sous les comparaisons flatteuses. «L’un des meilleurs jeunes d’Europe», selon Pep Guardiola. Pour Paulo Futre, le Glorioso est carrément devenue une équation résumée à : «Le gamin + dix.»
Bild, L’Équipe, la Gazzetta dello Sport, l’ensemble des médias d’Europe sont sous le charme du flamboyant Renato. Le voilà comparé à Davids, Karembeu, Seedorf - l’une de ses «références» -. Une forme de «campagne de marketing», comme l’a qualifié récemment João Vieira Pinto, accompagne l’éclosion de ce gamin qui, depuis l’hiver dernier, est blindé par une clause libératoire record dans l’histoire du SLB : 80 millions d’euros. Le téléphone de son agent, Jorge Mendes, sonne déjà sans cesse. Son poulain serait promis au Man United version Mourinho. Les plus pessimistes ressortiront le dossier Bebé (parti à MU à l'âge de 20 ans) . Il faut dire que, là aussi, l’histoire était belle.

Prétendant à l'Euro

C’est à Musgueira, dans la banlieue de Lisbonne, que Renato a grandi. Le «Bulo» - ainsi surnommé par sa grand-mère maternelle (capverdienne) - y découvre le ballon. Il signe sa première licence aux Águias da Musgueira. Premiers dribbles, premiers buts et premières conneries. Il s’amusait avec son copain Xibinha à taguer son nom sur les murs et portes du petit stade. Un côté rebelle que sa maman, Dona Maria, a su dompter. Sans le papa de Renato, qui n’a que cinq mois lorsque ses parents se séparent. Renato Sanches «Senior» (originaire de São-Tomé e Príncipe) part bosser en France. Il reviendra cinq ans plus tard avec l’intention de baptiser son fils. Seul hic, il n’est pas encore inscrit à l’état civil. Bien que régularisée, sa situation continue d’alimenter les suspicions. Le genre d’allusions qui ne fait pas rire du tout les dirigeants du SLB. Ces derniers menacent d’envoyer leurs homologues du Sporting devant les tribunaux pour avoir émis des doutes sur l’âge réel du joueur.
Le Bulo a neuf ans lorsque le Benfica le repère. Il rechigne, d’abord. Trop attaché à ses potes. Le transfert finit pas être conclu. Musgueira doit toucher vingt-cinq ballons et une compensation financière si le gamin devient pro. Une compensation que le président Quadros dit toujours attendre. Au SLB et bientôt en Seleção, Renato évolue tout le temps avec les plus grands. Élu Révélation de l’année 2015 par les benfiquistes, il figure maintenant dans la liste des prétendants à l’Euro 2016.

Déjà prêt pour l'Euro ?

Outre la sensibilité "clubistique" qui justifie la prise de position des dirigeants du Benfica et du Sporting, la question divise : Renato Sanches sera-t-il à l’Euro ? Est-il déjà prêt ? «Il y a beaucoup d’éléments de qualité capables de jouer au milieu en Seleção», constate Hugo Leal. Il est vrai qu’au milieu, Fernando Santos a «de bons problèmes», dixit Rui Costa. João Mário, Moutinho, William Carvalho, Veloso, Pizzi, Danilo, André André… L’Ingénieur va devoir se plier en «8» pour parvenir à trancher. «Tout dépendra des choix de notre sélectionneur, mais à partir du moment où il l’a déjà convoqué en équipe première c’est que tout est possible», glisse Leal. Renato a été le vingtième (et dernier) joueur lancé par Santos. Un baptême remarqué, donc. Les photos de Cristiano et Quaresma tripotant sur sa chevelure ont fait le tour des rédacs. Une chose est sure, les Portugais sont déjà «dreads» dingues de Renato.
Nicolas Vilas (MCS)
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andresbg1 9 juin à 11:28

Faire une comparaison entre le cas Bébé et Renato Sanches, c'est juste médiocre.

andresbg1 9 juin à 11:21

Cristiano n'était pas là contre la Bulgarie...

helder2807 16 avr. à 20:41

Désolé de vous contredire, Nicolas mais Hugo Leal avait 16 quand il a joué son premier match avec Benfica.

el nino007 14 avr. à 9:16

un petit qui va devenir grand !!!!! seulement 18 ans et une grande maturite !!!! une grosse marge de progression , futur grand joueur portugais !!!!! forca renato !!!!!!!! forca benfica !!!!!!!!!!!

guechtoo 14 avr. à 0:13

joueur moyen comme tous ceux qui sortent de ce championnat! l'exemple de mangala veut tout dire. dans ce championnat il y a 6 ou 7 match durs dans l'année et lorsqu'il arrive en angleterre il en a 25 ou 30 et physiquement ils explosent! david luiz, di maria, hulk, witsel, javi garcia, ramires, markovic, coentrao, jackson martinez, falcao (et pourtant...) quaresma, ... beaucoup d'argent pour des joueurs moyens! je me dit que les agents portugais eux, ils sont bons !!

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