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Samuel Umtiti : «Je joue toute ma vie sur le terrain»

A 22 ans, l'indispensable défenseur de l'Olympique Lyonnais compte déjà plus de 120 matches de Ligue 1. En attendant d'être appelé en Bleu, l'international Espoirs se force à se durcir un peu.

Sur les Bleus

«Peut-être que ce n’est pas mon heure, tout simplement. J’ai des potes appelés avec qui j’étais en équipe de France de jeunes. Cela me donne encore davantage envie d’y aller. Avec le temps, j’espère en être. Au cours d’une carrière, certains débutent plus rapidement que d’autres, passent un cap plus vite. Il faut continuer à travailler. Etre appelé en équipe de France arrivera tôt ou tard, du moins je le souhaite. Pas question de revendiquer quoi que ce soit par voie de presse. Ce n’est pas en affirmant que je mérite les Bleus que je vais être appelé, mais à travers les performances.»

Sur sa passion du football

«Je le regarde, y compris en congés. Le football est mon métier. Je considère que ça fait partie du job d’observer les équipes, les grands joueurs. De quoi me permettre de toujours progresser. Je vis le football tout le temps, je regarde les matches, presque tous ceux de Ligue 1, quelques-uns de Ligue 2, beaucoup les Championnats étrangers. Disons que c’est comme un entraînement, mais à la maison ! Je suis tout. Je regarde les défenseurs, je dissèque le déplacement des attaquants. Mais j’ai aussi une vue globale. L’organisation collective m’intéresse. Même à la maison, je ne coupe pas et je prends plaisir à m’en nourrir.»

Sur le Cameroun

«J’ai encore de la famille à Yaoundé que j’ai souvent au téléphone, mais je n’ai pas de souvenirs de mes deux années au Cameroun. J’y suis allé deux fois, c'est une partie de mes racines. La Fédération m’a demandé à plusieurs reprises de jouer pour le Cameroun, mes conseillers ont rencontré à sa demande Roger Milla, par politesse. Ils ont écouté ses arguments, mais rien n’y a fait. Mon choix était déjà fait, bien réfléchi. Depuis le début, je voulais les Bleus. Je ne sais pas si le Cameroun a pu être vexé par ma décision, mais j’ai fait mon choix et il faut le respecter, que ça plaise ou non.»

Sur son caractère

«Je pense avoir deux personnalités. Quand je suis sur le terrain, c’est toute ma vie. Je joue toute ma vie sur le terrain. Je me bats pour ça, c’est mon travail. Je suis une personne ambitieuse, avec pas mal d’objectifs. Je donne tout pour y arriver. Je suis conscient d’avoir cette rage parfois sur la pelouse que je n’ai peut-être pas en dehors. Je suis plus réservé quand je rencontre les gens, surtout la première fois, quand je ne les connais pas.»

Sur ce qu'il doit améliorer

«J’ai eu à Lyon une éducation sportive joueuse. J’ai évolué et progressé dans les duels. Je suis plus costaud. On me l’a répété et répété, que j’étais un peu tendre. Quand je faisais deux passes et que j’arrivais à ressortir le ballon proprement, j’étais content. Mais un défenseur, ce n’est pas ça. Le boulot est d’empêcher l’adversaire de marquer, de tacler s’il le faut, de dégager en tribune si besoin. Il faut se mettre minable et ne pas hésiter à ne pas faire "joli".»

Sur Lyon et l'OL

«J’ai grandi dans le Ve arrondissement. Cette ville, c’est vraiment tout pour moi. Je la connais par cœur. Je ne m’en lasse pas. J’y ai mes amis, ma famille. Il y a tout ici pour que je sois heureux. Quant au club, je l’ai vu évoluer. J’y ai gagné des titres, j’ai connu des tas d’internationaux, puis le projet a changé, le club a fait confiance aux jeunes du centre de formation, s’est installé dans un nouveau stade. Moi aussi, à l’OL, je suis passé par tous les stades ! Je suis fier d’avoir connu tout ça. Faire toute sa carrière dans le même club est devenu très rare. Je n’exclus rien. Mais si, au bout d’un moment, je constate avoir besoin de connaître autre chose, je me poserai la question.»

Le Making Off de l'entretien

Le lieu : Dans la salle de presse vide – c’était jour de huis-clos - du centre Tola-Vologe, le stade où s’entraîne l’Olympique Lyonnais.
La tenue : Décontracté chic, avec veste matelassée noire.
La durée : Un peu moins d’une heure
Le niveau de connivence : 8/10. Calme, déterminé, le ton posé et le débit fluide, sans jamais hausser la voix, Umtiti se livre en confiance et détermination, sans tomber dans la connivence.
Note de disponibilité : 8/10. Avant de passer devant le studio photo d’Alex Martin, installé pour l’occasion à l’étage de la salle de presse, Umtiti a joué le jeu en toute simplicité pendant près d’une heure, puis est reparti avec le dernier France Football sous le bras.
 
Arnaud Ramsay
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jbfleuroux 9 mars à 0:34

Futur cadre de l'Equipe de France.