Maurizio Sarri et les Napolitains défient le Feyenoord en Ligue des champions mardi. (Reuters)
Italie - 28e journée

Serie A : le Napoli a trouvé son maestro avec Sarri

Débarqué sur le banc du Napoli à l'été 2015, et leader de Serie A cette saison, Maurizio Sarri poursuit son extraordinaire parcours. Pas le plus connu des entraîneurs italiens, ses méthodes et son management atypiques le différencient des autres. Portrait d'un passionné, qui a coaché à tous les niveaux de l'autre côté des Alpes.

Elu meilleur entraîneur du Championnat d'Italie la saison passée, Maurizio Sarri poursuit son excellent travail à la tête du Napoli. Depuis sa prise de fonction en juin 2015, le technicien a enchaîné les exercices en qualifiant systématiquement le club du président De Laurentiis en Ligue des champions. Cette année, les Napolitains sont même leaders de Serie A - un point devant la Juventus Turin qui compte un match en retard - au point d'envisager de soulever le Scudetto en mai prochain, une première depuis 28 ans et la consécration d'une équipe guidée par un certain Diego Maradona. Moins connu en Europe mais adulé en Italie, le coach transalpin plait beaucoup ; comme ses méthodes, forgées par son caractère de converti. Voici cinq choses à savoir sur El Maestro.

Ancien cadre bancaire

Sarri est un homme de passion et de dévotion. Fils d'un grutier travaillant dans la sidérurgie, le Transalpin ne fait pas tout de suite son entrée dans le monde du football, et connaît une trajectoire assez originale. N'ayant jamais été joueur professionnel, il découvre le métier d'entraîneur sur le tard. Alors cadre dans la très réputée Monte dei Paschi di Siena, établissement bancaire le plus ancien au monde, il prend la décision de démissionner à 42 ans pour mieux assouvir sa passion. «J'ai compris que je ne pouvais passer le cap si entraîner était mon activité principale. Surtout, je n'en pouvais plus d'aller au bureau et d'attendre qu'il soit 17h pour pouvoir me barrer et aller sur le terrain», se souvient Sarri à l'époque, coachant en sixième division italienne. Après avoir entraîné une douzaine de clubs dans toutes les strates italiennes et aider Empoli à retrouver la Serie A en 2014, Sarri affirme qu'il ne s'est pas trompé de voie. Une reconversion réussie, au grand bonheur des supporters napolitains.

Un dingue de la vidéo

A l'instar de Marcelo Bielsa, le technicien de 59 ans est un fou des séances vidéo. Analyser des séquences de jeu de l'adversaire, améliorer les systèmes tactiques mises en place, élaborer de nouvelles combinaisons sur coups de pied arrêtés, El Maestro aime travailler minutieusement. Un malade du jeu, au point d'utiliser des méthodes révolutionnaires, comme l'apport d'un drone aux séances d'entraînement. Il essaie d'appliquer sur le terrain les méthodes de ses mentors : Arrigo Sacchi, célèbre coach du Milan, Luigi Del Neri, ancien entraîneur notamment de la Juve, ou encore Zdenek Zeman, qui officie en Italie depuis les années 80. Adepte du jeu offensif, la manière compte davantage que le résultat en lui-même, tout comme le collectif qui prime sur les individualités. Une philosophie payante. «Naples et Sarri sont des exemples pour toute l'Italie et on ne peut que leur dire merci. Avec ces gamins, ils font quelque chose d'extraordinaire, car la façon dont ils jouent est aussi appréciée par leurs adversaires», ajoutait même Sacchi en février dernier.

Un superstitieux affirmé

Toujours vêtu du survêtement du club là où il est passé, comme Guy Roux ou Marcelo Bielsa, le technicien peut parfois pousser le vice. A Sangiovannese, où il officiait entre 2003 et 2005, il garda le même survêt toute une saison, par superstition. Il réitérera cette manie à Pescara où il demandera à ses joueurs de peindre leurs chaussures en noir, soi-disant pour multiplier leurs chances de victoires. Depuis qu'il coache en Serie A, Sarri a perdu ses vieilles habitudes, sauf pour les cigarettes. Il fume environ quatre paquets par jour, et sa consommation n'est pas proche de baisser. Au point de demander aux dirigeants du RB Leipzig en février dernier d'installer un box spécial de trois mètres sur trois dans les vestiaires de la Red Bull Arena où il sera autorisé à fumer. Demande aussitôt acceptée par le club allemand, Sarri pouvant mieux maîtriser son stress. Lunettes vissées et clope au bec, il n'est pas sans rappeler un certain Marcelo Lippi à l'époque, mais sans le survêt bien sûr...

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Habitué des dérapages

L'entraîneur napolitain est connu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche. Mais un domaine où il retombe fréquemment, c'est celui de l'insulte gratuite. A l'issue d'un match contre l'Inter Milan, en janvier 2016, Sarri avait choqué le football italien en insultant son homologue Roberto Mancini de «pédale». Ce dernier accusa par la suite Sarri d'«homophobe», qui réfutera ces accusations en déclarant : «Ce qui se passe sur le terrain reste sur le terrain». Résultat : le coach napolitain sera condamné à une amende de 20 000€ et suspendu deux matches. Déjà deux ans plus tôt, il s'était déjà fait remarquer lors d'une sortie médiatique «Le foot est devenu un sport de pédales. C'est un sport de contact, en Italie on siffle beaucoup plus qu'en Angleterre, c'est une interprétation d'homosexuel.» Rebelote : amende et suspension pour le Transalpin. Des épisodes qui renforcent son côté très macho italien.

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Il a reçu les excuses de Maradona

A sa nomination à la tête du Napoli, son profil atypique était loin de faire l'unanimité du côté des supporters, et surtout des anciennes légendes. Ainsi, Diego Maradona s'était exprimé au sujet du nouvel entraîneur en émettant quelques réserves sur sa réussite sur le banc napolitain. «Sont-ils tombés sur la tête ? Nous n'allons rien gagner avec lui. C'est une bonne personne mais pas celle qu'il faut pour le Napoli. Le club a besoin de quelqu'un qui comprenne son prestige», déclarait la légende argentine en septembre 2015, seulement trois mois après l'intronisation de Sarri. Un avis tranché depuis révisé, faisant face aux bons résultats obtenus de l'ex-coach de Pescara. «J'ai eu tort et lui présente mes excuses», ajouta l'ancienne idole napolitaine au Corriere del Mezzogiorno quelques mois plus tard, signe de l'excellent travail réalisé par El Maestro.
Joffrey Pointlane
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oskare68 11 mars à 15:01

Au PSG c'est la famille Neymar qui commande.Toute la différence est là.

matt7808 11 mars à 8:47

Ceux qui juge sarri comme extraordinaire ne comprennent rien au foot ?? ! Rappelons qu’il est entraîneur... avec un seul 11 en tête, il seul module de jeux, tous ces recrutement on fait perdre de l’argent maksimovic pavoletti a eux 2 ..40...million!Il a snobé là champions ligue, europa league,La coupe d’Italie, espérant gagne le scudetto impossible vu la gestion de l’équipe! Et la presse ose nous faire croire qu’il est formidable... ????