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Sofiane Boufal : «J'ai un jeu qui énerve»

C'est un des plus grands talents de L1. Un des plus secrets, aussi. L'attaquant lillois se confie pour la première fois, cette semaine, dans France Football. Une interview rare et touchante.

Comme sur un terrain, Sofiane Boufal ne se cache pas dans cet entretien, et laisse apparaître une personnalité attachante, loin de l’image qu’il véhicule. Il s’y dévoile sans fard, parle de son jeu «qui énerve» et de sa passion du dribble, de ses galères pour en arriver là, de sa mère, surtout, pour qui il s’était juré de réussir. Et, pour Francefootball.fr, il revient sur trois ou quatre autres choses, comme ses rêves bleus, sa maladresse avec les Lions de l’Atlas, son avenir…

Les rumeurs de transfert

«Pour l'instant, je suis très bien à Lille»
«Dans mon programme de carrière, j’ai prévu d’aller plus tard dans un grand club européen qui jouera je l’espère la Ligue des champions, pour continuer ma progression. Aujourd’hui, il y a des rumeurs, des noms, mais pour le moment, je ne m’en occupe pas. Pour l’instant, je suis très bien à Lille, c’est le club idéal pour moi. C’est toujours la même chose. Quand tu commences à faire de bons matches, les gens parlent beaucoup, il y a des rumeurs. C’est comme ça. On fera le bilan en temps et en heure. Je fais mes matches, j’essaie de progresser, de gagner en efficacité, d’avoir des statistiques les meilleures possibles, après on verra.»

L'équipe de France

«La route est encore longue»
«Clairefontaine, j’en suis encore très très loin. Je m’en suis rapproché ces dernières semaines, je sais qu’on commençait à parler de moi en équipe de France, mais la route est encore longue. A moi d’être bon avec Lille, le reste viendra tout seul. Je ne vais pas mentir, les Bleus, c’est un de mes objectifs mais pour l’instant, on avance étape par étape. Je ne préfère pas trop en parler, le garder pour moi, sinon on va encore dire que je suis arrogant. Je ne veux pas qu’on croit que je pense à l’équipe de France plutôt que de penser à Lille, parce que ce n’est pas vrai. Les Bleus, je les mets dans un coin de ma tête et il arrivera ce qui arrivera.»

Le malentendu avec le Maroc

«J'ai fait une grosse erreur»
«J’ai très mal géré cet épisode-là (NDLR : en contact avec le sélectionneur marocain Badou Zaki, il a finalement dit qu’il ne voulait pas encore trancher, ce qui a été très mal vécu là-bas). Je suis encore jeune, je viens de commencer dans ce milieu, j’ai fait une grosse erreur. Après, c’était trop tard. Je ne voulais pas faire de choix entre l’équipe de France et l’équipe du Maroc, j’ai été trop gentil, et je n’ai pas dit ce que je pensais vraiment. Le problème, c’est qu’au Maroc, ça s’est alimenté, alimenté.

Au bout d’un mois, j’étais pris dans un tourbillon médiatique, je ne savais plus quoi faire. Maintenant, ça va, j’ai réussi à gérer tout ça, mais au début, beaucoup de gens m’ont insulté et souhaité du mal. Ce n’est pas comme si j’avais dix ou quinze ans de carrière. Je suis jeune, j’essaie de faire de mon mieux, mais, parfois, on peut se tromper. On peut faire n’importe quoi au niveau de la communication, et c’est ce que j’ai fait, malheureusement.»

Son caractère

«Il faut que je me blinde»
«C’est vrai qu’il faut savoir me prendre. A Angers, le coach (Stéphane) Moulin me connaissait par cœur. Mais je ne vais plus jamais avoir un entraîneur qui me connaît par cœur comme à Angers. Au haut-niveau, le coach a autre chose à penser qu’à bien gérer Sofiane, il pense à bien gérer son groupe. Les entraîneurs n’ont pas le temps pour les cas individuels. Donc, il faut que je me blinde vis à vis de ça.»

Le making-of de l'entretien

_ Lieu : Domaine de Luchin, Camphin-en-Pévèle.
 
_ Durée : 55 minutes (plus 20 minutes pour les photos)
 
_ Boisson consommée : il est reparti en laissant sa mini bouteille d’eau, sans y avoir touchée.
 
_ Tenue : baskets blanches, jean bleu foncé, tee-shirt avec un motif de lion.
 
_ Niveau de connivence avec l’intervieweur : 9/10
 
_ Autre personne présente sur les lieux : Laurent Argueyrolles, le photographe, qui a multiplié les clichés pendant l’interview.
 
_ La question qu’on n’a pas pu lui poser : ça vous fait quoi, le limogeage de votre entraîneur Hervé Renard ? (le coach a été écarté quelques jours plus tard)
 
_ Nombre de fois où il a regardé sa montre durant l’entretien : aucune. A son arrivée, il avait prévu de rester vingt à trente minutes. Il est finalement reparti une heure et quart plus tard…
 
_ Note sur sa disponibilité : 9/10
 
Arnaud Tulipier
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